‹ Histoire de l'Amérique (volume 5)Chapitre 120 sur 175 · LIVRE NEUVIÈME. 2/| I · texte numérisé non relu

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l'ordre et la tranquillité. Quoique cette assemblée fût formée peu de semaines seulement après la mort de Bacon, lorsque le souvenir des injures réciproques était encore récent, et que les passions excitées par de si vives contestations avaient eu trop peu de temps pour se calmer, les représentants se conduisirent avec une modération rarement exercée par le parti vainqueur dans une guerre civile. Personne ne fut puni de mort : un petit nombre fut condamné à des amendes ; d'autres furent déclarés incapables de remplir des fonctions publiques, et avec ce petit nombre d'exceptions l'amnistie générale fut confirmée par l'assemblée. Peu de temps après , Berkeley fut rappelé, et le colonel Jefferys nommé son successeur.

De cette époque à la révolution d'Angleterre en État de la 1688, l'histoire de la Virginie n'offre presque aucun °,?n,ie J,u

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événement bien remarquable. La paix fut faite avec lution de les Indiens. Sous différents gouverneurs, la colonie /,G88, fut administrée d'après les maximes d'autorité arbitraire qui caractérisèrent les dernières années de Charles II , et les conseils imprudents qui égarèrent Jacques II. Les Virginiens, avec une constitution à peu près semblable, dans la forme, à celle d'Angleterre, jouissaient à peine de la portion de liberté que cet admirable système de gouvernement est destiné à assurer. Ils furent privés même de la dernière consolation des opprimés, le pouvoir de se

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plaindre, par une loi qui défendit sous des peines très sévères de parler irrespectueusement du gouverneur, et d'avilir, soit par paroles, soit par écrit, l'administration de la colonie1. Cependant les lois gênantes et oppressives du commerce étaient un grief intolérable, et entretenaient dans les esprits un mécontentement qui prenait plus d'aigreur de la nécessité même de le cacher; mais, malgré cette circonstance défavorable, la colonie continuait à prendre de l'accroissement. L'usage du tabac était alors devenu général en Europe, et, quoique le prix en eût beaucoup baissé, l'étendue de la demande compensait cette diminution, et enrichissait les colons en donnant à leur industrie un objet constant d'occupation. A la révolution, le nombre des habitants de la colonie passait soixante mille2 ; et, dans l'espace de vingt-huit ans, sa population se trouvait plus que doublée3.

(i) Beverley, p. 81. Chalmers, p. 34 1.

(2) Chalmers's Aimais, p. 336.

(3) Jbid.f p. 125.

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