‹ Histoire de l'Amérique (volume 5)Chapitre 124 sur 175 · LIVRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DIXIÈME

l'Europe à secouer son joug et à se séparer de sa communion, il y eut des différences et des degrés dans cette séparation. Partout où la réforme fut soudaine et faite par le peuple non conduit par quelques chefs ou en opposition à leur autorité, la rupture fut violente et totale. Toutes les parties de l'ancien édifice furent jetées bas, et on établit un système tout différent , non-seulement relativement à la doctrine, mais en ce qui regardait les rites religieux et le gouvernement de l'Eglise. Calvin, qui, par ses talents, son savoir et l'austérité de ses mœurs, avait acquis* une haute réputation et une grande autorité parmi les réformateurs, fut le promoteur zélé d'un plan de réformation entière et universelle. Il fournit un modèle d'une forme simple de police ecclésiastique, dans la constitution de l'Eglise de Genève. Cette simplicité, et encore plus le désir de s'éloigner davantage de l'Eglise de Rome, séduisirent tellement les plus ardents des réformateurs, que les institutions de Calvin furent imitées, sauf quelques légères différences, en Ecosse, dans la république des Provinces-Unies, dans les domaines de la maison de Brandebourg, dans ceux de l'électeur Palatin, et dans les églises des huguenots , en France.

nal de la Luzerne, l'évêque d'Aire, elc, ont suffisamment repoussé les imputations hasardées et calomnieuses des proteslans : nous croyons devoir nous borner à renvoyer nos lecteurs aux ouvrages de ces théologiens illustres. (D. L. R.)

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Mais, dans les pays où cette séparation d'avec l'Église de Rome s'opéra avec plus de maturité, et fut réglée par la sagesse ou la politique du suprême magistrat, la scission n'a pas été aussi entière. De toutes les Eglises réformées , celle d'Angleterre est celle qui s'est éloignée le moins des anciennes institutions*, l'esprit violent, mais bizarre, de Henri VIII, qui, en refusant de reconnaître la suprématie du pape, était attaché aux dogmes de l'Eglise de Rome, empêcha , durant son règne , les innovations dans la doctrine et dans le culte. Quand son fils Edouard VI lui eut succédé, et que la religion protestante fut légalement établie , la prudence circonspecte de l'archevêque Cranmer modéra le zèle de ceux qui avaient épousé les nouvelles opinions. Quoique les articles qui devaient composer désormais le symbole de la nation fussent conformes à la doctrine de Calvin, on n'adopta point les maximes de ce réformateur sur le gouvernement de l'Eglise et les cérémonies du culte. La hiérarchie ecclésiastique, en Angleterre, était incorporée avec le gouvernement, entrait dans l'organisation de l'ordre civil, et faisait partie de la législation. D'après cet état de choses, les archevêques, les évêques et tout l'ordre ecclésiastique dans ses différents degrés , furent conservés sclou l'ancienne forme et avec leur dignité et leurs juridictions. Les habillements ecclésiastiques employés dans le service de l'Eglise , l'in-

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