‹ Histoire de l'Amérique (volume 5)Chapitre 125 sur 175 · LIVRE DIXIEME. l/\Ç · texte numérisé non relu

LIVRE DIXIEME. l/\Ç

clination de tête au nom de Jésus, l'agenouillement pour recevoir l'eucharistie , le signe de la croix dans l'administration du baptême , l'usage de l'anneau dans la cérémonie du mariage , et divers autres rites religieux, auxquels un long usage avait accoutumé le peuple, et que le temps avait rendus respectables, furent conservés; mais quoique le parlement en enjoignît l'observation sous des peines très sévères l, plusieurs des membres les plus zélés du clergé conservèrent des scrupules sur leur complaisance à se soumettre à ces injonctions, et ce fut avec beaucoup de peine que la vigilance et l'autorité de Cranmer et de Ridley parvinrent à écarter de leur Eglise naissante un schisme à cette occasion.

Le zèle furieux avec lequel Marie, montée sur le Persécutions trône, persécuta tous ceux qui avaient adopté la ar8iareine. doctrine des réformateurs, força beaucoup de per- Marie. sonnes distinguées , laïques et ecclésiastiques , à chercher un asile sur le continent. Ils furent reçus

à Francfort, à Genève , à Baie , à Strasbourg, avee une hospitalité bienveillante , comme souffrant pour la cause de la vérité, et les magistrats leur permirent de s'assembler pour exercer leur culte religieux. Ceux de ces fugitifs qui s'étaient retirés dans les deux premières de ces villes , organisèrent leurs petites congrégations selon les idées de Calvin, et

(i) 2 et 3 Edouard VI, c. i.

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clans un esprit d'opposition naturel à des hommes placés dans une pareille situation, ils adoptèrent les institutions qui paraissaient s'éloigner le plus des superstitions de l'Eglise de Rome. Au rétablissement de la religion protestante par Elisabeth, ils retournèrent en Angleterre, non-seulement avec une plus violente antipathie pour les opinions et les pratiques de l'Eglise par laquelle ils avaient été persécutés , mais avec un attachement plus fort à la forme de culte à laquelle ils s'étaient accoutumés depuis plusieurs années. Reçus par leurs compatriotes avec la vénération due à des confesseurs, ils employèrent tout le crédit que leur donnait cette opinion pour obtenir une réforme dans le rituel anglais,qui le rapprochât davantage de celui des Eglises étrangères. Quelques-uns des ministres d'Elisabeth, et ceux en qui elle avait le plus de confiance , étaient disposés à seconder fortement ce projet; mais Elisabeth faisait assez peu de compte des sentiments et des idées des uns et des autres. Aimant la pompe des cérémonies , et familiarisée , selon l'esprit de ce siècle, avec l'étude des controverses théologiques , ayant, comme son père, une confiance en ses propres lumières telle qu'elle se croyait en état de juger et de décider toutes les questions qui pouvaient s'élever entre des sectes opposées ', elle prit le parti

'i) Il reste un monument curieux de celte haute idée qu'avait Elisabeth de la supériorité de se? lumières en matière de théologie, ainsi

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