‹ Histoire de l'Amérique (volume 5)Chapitre 128 sur 175 · LIVRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DIXIÈME

tiques, dont le pouvoir et la manière de procéder ne furent guère moins odieux ni moins ennemis des principes de la justice que ceux de l'inquisition d'Espagne. Plusieurs tentatives furent faites dans la Chambre des Communes pour arrêter ces procédés arbitraires et pour modérer la violence des persécutions. La reine imposa toujours silence à ceux qui osaient énoncer leur opinion sur une matière réservée à elle seule par sa prérogative, et elle s'en expliqua d'un ton aussi arrogant et aussi impérieux que celui que Henri VIIJ avait coutume de prendre avec ses parlements. De leur coté, les gardiens des droits du peuple montrèrent une si lâche soumission, que non-seulement ils obéirent à des ordres inconstitutionnels, mais qu'ils donnèrent leur consentement à un acte par lequel toute personne qui passerait un mois sans s'être présentée à l'église, serait punie d'une amende et de la prison. Si, après avoir été convaincue de s'en être éloignée par attachement aux principes des puritains, elle ne renonçait pas dans l'espace de trois mois à ses erreurs, elle devait, d'après le même acte, être bannie du royaume; et si elle refusait enfin d'obéir a son ban, ou si elle rentrait en Angleterre, elle devait être mise à mort comme coupable de félonie, sans pouvoir réclamer le privilège du clergé ' ( benefit of clergy) \

Par cette loi inique, incompatible avec les idées entière des

(t) 35. Elisabeth, c. r. (■?.) Voyez la note 62.

Séparation

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puritains d'à- de liberté tant civile que religieuse, on fît perdre vcc îbgise aux purî^îng toute espérance d'obtenir ni réfor-

anglicane. / ,

mation dans l'Eglise, ni indulgence pour eux-mêmes. Exaspérés par ce traitement rigoureux, leur antipathie s'accrut pour la religion établie; et, selon la marche naturelle des passions violentes, ils se laissèrent emporter au-delà de leur premier but. Les premiers puritains n'avaient pas contesté la légitimité du pouvoir et du gouvernement des évêques, et ne paraissent pas avoir montré jusque là aucun projet de se séparer de la communion de l'Eglise dont ils étaient membres; mais, lorsqu'ils se virent rejetés de son sein, et forcés de tenir des assemblées séparées pour exercer le culte religieux, leurs disciples n'eurent plus aucun respect ni aucune affection pour l'Eglise qui les opprimait. Son gouvernement, sa discipline, son rituel, furent examinés avec une attention scrupuleuse et malveillante. On en fit remarquer et on en exagéra même toutes les erreurs et tous les défauts. Plus les invectives du prêcheur contre la corruption de l'Eglise étaient âpres, plus elles étaient approuvées et admirées, et plus ses auditeurs étaient disposés à le suivre pour aller vivre loin d'une société corrompue. Par degrés aussi des idées d'un régime ecclésiastique absolument incompatible avec celui de l'Eglise établie se répandirent dans la nation. Les plus sages <At les plus savants des puritains étaient portés à

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