LIVRE DIXIÈME. 2G
raît les yeux, et les laisserait tranquilles tant qu'euxmêmes continueraient de se tenir en repos. Ils étaient si empressés d'exécuter leur projet que , se contentant de cette sécurité précaire, ils commencèrent à traiter avec la compagnie de Virginie pour une étendue de terres dans les limites de sa concession. Leur négociation n'éprouva point de difficulté de la part d'une compagnie qui ne desirait autre chose que d'encourager l'émigration dans un pays si vaste dont elle n'avait occupé jusque là que de très petites parties.
Après les plus grands efforts de leur part, leurs 6 septembre préparatifs demeurèrent bien au-dessous de ce qu'il , 620'
Première ten-
leur fallait pour 1 établissement d'une nouvelle co- tative pour lonie. Cent vingt personnes dans un seul vaisseau un établissepartirent d'Angleterre pour cette difficile entre- baie de , M prise. Le lieu de leur destination était la rivière sachusets. d'Hudson où ils comptaient s'établir; mais leur capitaine , ayant été, dit-on, gagné par les Hollandais qui avaient déjà formé le projet, exécuté dans la suite, de fonder là une colonie, les mena si avan t dans le nord que la première cote d'Amérique à laquelle ils touchèrent fut le cap Cod. Ils se trouvèrent ainsi n noyemb. non-seulement hors des limites du territoire qui leur avait été assigné, mais même hors des terres de la concession de la compagnie de laquelle ils tiraient tous les droits qu'ils avaient à faire valoir. La saison cependant était si avancée et la maladie iv. 17
faisait de tels ravages parmi des hommes qui n'étaient pas accoutumés aux fatigues d'un long voyage qu'ils furent obligés de rester là. Après avoir visité la cote, ils fixèrent leur résidence en un lieu qui fait aujourd'hui partie de la province de Massachusets, et qu'ils appelèrent la Nouvelle-Plymouth, probablement en l'honneur de la compagnie sur la concession de laquelle ils formaient leur établissement '.
Ils s'établis- L'établissement de la colonie ne pouvait se faire
sent à la Nou- 1 • 1 j t 1 1 t 'i •
H pi dans une saison plus défavorable. L hiver qui, en mouth. Amérique, est d'une rigueur inconnue dans notre
hémisphère, sous les mêmes latitudes, était déjà commencé , et les nouveaux colons étaient fort mal pourvus de tout ce qui est nécessaire sous un climat beaucoup plus froid que celui pour lequel ils avaient fait leurs préparatifs. Plus d'une moitié d'entre eux périt avant le retour du printemps par la maladie ou la famine. Les survivants, au lieu d'avoir le temps de pourvoir à leurs besoins, furent obligés de prendre les armes pour repousser les Indiens de leur voisinage. Heureusement pour les Anglais, dans l'année précédente, une peste qui avait ravagé l'Amérique avait emporté un si grand . . nombre des naturels du pays qu'on vint à bout de
vernement. repousser et de contenir ce qui en restait. La liberté
(1) Hubard's Près. Stale, p. 3. Cotton's Magnalia, p. 7. Hulchinson's Hisîory, p. 3, etc.