‹ Histoire de l'Amérique (volume 5)Chapitre 133 sur 175 · LIVRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DIXIÈME

des puritains, pour conduire et établir une colonie dans cette partie de l'Amérique. Ils achetèrent du conseil de Plymouth tout le territoire qui s'étend en longueur, depuis trois milles au nord de la rivière Merrimack jusqu'à trois milles au sud de la rivière Charles, et en profondeur de l'Atlantique à l'Océan Pacifique. Malgré l'ardeur qui animait r9 mars, ces nouveaux propriétaires a exécuter leurs plans, ils reconnurent bientôt leur propre impuissance à peupler une région d'une si grande étendue; et ils crurent nécessaire d'appeler à leur secours des associés plus opulents '.

On trouva sans peine un nombre suffisant d'associés de cette espèce , particulièrement dans la capitale et parmi les commerçants et autres personnes livrées aux entreprises utiles et industrieuses , qui étaient partisans déclarés ou secrets des sentiments des puritains. Ges nouveaux intéressés, avec la précaution que donne l'habitude des affaires, eurent quelques craintes des dangers et des inconvéniens auxquels on pouvait s'exposer en fondant une colonie sur la base d'une concession faite par une compagnie particulière, patentée par le roi, qui * pouvait bien transmettre un droit de propriété sur le sol, mais qui ne pouvait pas conférer la juridiction ou le privilège de gouverner la société qu'ils voulaient établir. Comme ils ne pouvaient avoir

(0 Neal's Hist. of Now-Engl., I, p. t»a.

ces pouvoirs que du roi , ils s'adressèrent à Charles Ier qui leur accorda leur demande avec une facilité qui étonne , lorsque l'on considère les principes et les vues de ceux qui sollicitaient de lui cette faveur. Charte pour On croit que le temps éclaire les hommes en malanouve eco- t^re ^e gouvernement ; mais ses instructions sont

Jonie de la °

baie de Mas- bien lentes. Quoique une expérience de plus de vingt sachusets. années eût pu enseigner aux Anglais qu'il était déraisonnable de confier le gouvernement d'un établissement en Amérique à une corporation jouissant d'un privilège exclusif, et résidant en Europe, ni le roi ni ses sujets n'avaient profité de l'expérience qu'ils avaient eue sous leurs yeux. Ils en étaient encore aux idées de Jacques Ier dans ses premiers efforts pour établir des colonies. La charte de Charles Ier , accordée aux individus associés pour coloniser la province de la baie de Massachusets , était calquée sur celle que son père avait donnée aux deux compagnies de Virginie et au conseil de Plymouth. Les nouveaux aventuriers furent réunis pour former une corporation politique; et, la propriété du territoire qu'ils avaient achetée du conseil de Plymouth ayant été confirmée par le roi , ils furent autorisés à disposer des terres et à gouverner les colons qui voudraient s'y établir. Le premier gouverneur de la compagnie et les membres du conseil furent nommes par le roi , et le droit de choisir leurs succès -

Page 1