LIVRE DIXIÈME. 27 I
mistes, des plus distingues parmi eux, les accompagnèrent comme leurs instituteurs spirituels.
A leur arrivée dans la Nouvelle- Angleterre, ils 29 juin. trouvèrent les misérables restes d'un petit corps d'émigrants qui avaient quitté l'Angleterre l'année précédente sous la conduite d'Endicott, ardent enthousiaste que les associés avaient nommé vice-gouverneur avant qu'ils eussent eu leur dernière charte ; ceux-ci étaient établis dans un lieu appelé par les Indiens Naunekeag , et auquel Endicott , par l'affectation des fanatiques de ce temps à employer partout le langage et les noms de la bible , avait donné le nom de Salem.
Les émigrants venus avec Endicott et les nou- On œmveaux arrivants étaient parfaitement d'accord entre «*ence Par eux sur les principes religieux. Ils étaient puritains „ouverne rigoureux; et, pour des hommes de ce caractère, mentecclél'établissement religieux était d'une telle impor- siasîlfIuetance qu'il avait la préférence sur tout autre objet. Dans leur première opération, ils firent connaître toute l'étendue de la réforme qu'ils se proposaient. Sans égard pour les sentiments du monarque par l'autorité duquel ils s'établissaient en Amérique , et de qui ils tenaient leur existence comme corps politique, et en opposition avec les lois d'Angleterre, que la teneur de leur charte leur imposait l'obligation de ne pas contrarier, ils adoptèrent pour leur Eglise naissante le système qui depuis a été distingué
6 août. par le nom (je système des indépendants. Ils s'unirent en une société religieuse par un acte solennel d'alliance avec Dieu et les uns avec les autres , en se conformant rigoureusement, ainsi qu'ils l'imaginaient, aux règles delà sainte écriture. Ils élurent un pasteur, un instituteur ou catéchiste et un ancien, qu'ils consacrèrent chacun à leurs fonctions respectives par une imposition des mains de tous les frères. Tous ceux qui furent reconnus ce jour-là pour membres de l'Eglise signifièrent leur assentiment à une profession de foi rédigée par leur instituteur ou catéchiste , et exposèrent les fondements de leur croyance et de leur espérance comme chrétiens; et il fut décidé que désormais personne ne serait admis dans leur communion qu'il n'eût ainsi satisfait l'Eglise sur sa foi et sur sa sainteté. La forme de leur culte public fut débarrassée de toutes cérémonies superflues, sans liturgie, et réduite à la plus grande simplicité, en imitation même exagérée de la nudité de celle de Calvin2.
Intolérance Ce futavecune extrême satisfaction que des hommes
de la nouvelle • t î ' ^ 1 • j • j t ..
, ,. passionnément attaches a leurs idées de reforme , et
qui avaient été si long-temps forcés de les dissimuler , s'occupèrent de former ce modèle d'une Eglise qu'ils regardaient comme pure et exempte de toute superstition; mais, dès le premier moment où ils commen-
(i)Maih. Magnai, p. 18. Neal's Hist. of N. England, I, 126. Chaimers, p. i43.