‹ Histoire de l'Amérique (volume 5)Chapitre 139 sur 175 · LIVRE DIXIÈME. J^C · texte numérisé non relu

LIVRE DIXIÈME. J^C

le nombre s'était fort augmenté , se remirent en possession de leurs droits.

En même temps qu'ils défendaient leur liberté 4632

politique, ils se hasardèrent à s'écarter de leur

charte en un point de plus grande importance, membresde déviation qui a fortement influé depuis sur toutes ^semblée

, . ., , v r politique que

les opérations de la colonie , et contribue a former ceux de r^ ce caractère particulier qui distingue les habitants glise établie. de la Nouvelle-Angleterre. On rendit une loi , qui déclara que personne ne serait désormais regardé comme bourgeois (freeman), n'aurait le droit de participer en aucune manière au gouvernement du pays , ne serait éligible à aucune magistrature , ou apte à remplir même la fonction de juré, s'il n'avait été admis dans l'Eglise comme membre de la communion '.

Par cette résolution , toute personne qui n'adoptait pas les opinions favorites concernant les dogmes et la discipline de l'Eglise et les formes du culte était tout à la fois exclue de la société religieuse et civile, et dépouillée de tous les droits de citoyen. Un pouvoir absolu d'admettre dans le sein de leur Eglise ou d'en repousser ceux qui demandaient à y entrer, se trouvant dans les mains des ministres et des principaux chefs de chaque congrégation , le plus précieux de tous les droits civils fut rendu dépendant , pour chaque habitant

(0 Hutchinson, p. 26. Chalmers, p. i53.

a80 HISTOIRE DE l' AMÉRIQUE.

de leur décision arbitraire sur une qualification Suites fu- purement ecclésiastique. Comme, en examinant le nestes de ce candidat , ils ne procédaient d'après aucune loi connue et établie, et qu'ils exerçaient un pouvoir sans contrôle, le clergé s'éleva bientôt par ce moyen à un degré d'influence et d'autorité dont l'esprit niveleur d'rne Eglise indépendante devait naturellement le tenir éloigné. L'état politique ■de tout citoyen dépendant ainsi de leur décision, tout le monde fit sa cour à des hommes dépositaires d'un si grand pouvoir, en affectant les mœurs et les manières austères qu'on regardait comme une recommandation puissante auprès d'eux. Le résultat de cet ascendant obtenu par les membres du clergé les plus enthousiastes , fit que chacun s'étudia à imiter servilement leur manière d'être et leurs actions, et que les bizarreries, signe distinctif des puritains de cette époque, prirent un plus grand développement. Nous en verrons des exemples remarquables dans le cours de cette histoire. Ravages de Quoiqu'un nombre considérable de colons eut

la petite ve- ^ emp0rté par les maladies qui régnent nécessairole parmi les l L .

Torons. rement dans un pays assez mal cultive par ses habitants originaires, pour n'être presqu'alors qu'une forêt continue , et que plusieurs , découragés par les fatigues et les tribulations auxquelles ils étaient exposés , fussent retournés en Angleterre , il arrivait toujours d'Europe des recrues suffisantes pour

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