LIVRE DIXIÈME. !l8 I
réparer ces pertes. En même temps la petite vérole, 4 632 cette maladie si fatale aux habitants du Nouveau- Monde, enleva un si grand nombre d'Indiens, que des tribus entières disparurent, comme si le ciel, en dépeuplant ainsi le pays, eût manifesté l'intention de le faire ocGuper par les seuls Anglais sans qu'ils pussent rencontrer aucun obstacle.
Plusieurs des stations vacantes des Indiens se Les coiofiS
. . . étendenl leurs
trouvant bien situées, les Anglais furent si em- habitatioas
pressés de les occuper, que leurs établissements plus avant commencèrent à être plus nombreux, à s'éloigner anfvePa' les uns des autres, et à se disperser sur le territoire plus qu'il ne convenait aux intérêts et à la sûreté d'une colonie naissante. Cette dispersion amena à sa suite une innovation qui altéra complètement la nature et la forme de son gouvernement. A l'ouverture d'une assemblée générale, dans l'année i634? \o&freemen ou habitants jouis- \$î>]\ sant des droits politiques, au lieu d'y assister en Les kàMpersonne], comme la charte le prescrivait, élurent santJe \ itg dans leurs différents districts des représentants politiques , autorisés à paraître au nom de leurs commet- envo*ent es
1 m m représentants
tants , et à délibérer et décider sur toutes les ques- au conseil gâtions du ressort de l'assemblée générale. On ne sait nèra*pas si cette mesure fut suggérée et adoptée par les intrigues de quelques chefs de parti, ou si l'assemblée s'y prêta par prudence pour se concilier le peuple en cédant a son désir ; mais les représentants
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furent admis , et se considérèrent, eux-mêmes, conjointement avec le gouverneur et les conseillers, comme l'assemblée législative suprême de la colonie. Pour constater leurs droits, ils décrétèrent qu'aucune loi ne passerait, aucune taxe ne serait imposée, aucun office public ne serait donné, que dans une assemblée générale.
L'assemblée Les prétextes pour ces nouvelles dispositions étend sa ii- étaient plausibles. Le nombre des habitants iouis-
berlé polili- * f J
que sant des droits politiques était fort accru , beaucoup
d'entre eux faisaient leur résidence à une grande distance du lieu où se tenaient les assemblées générales. Ils ne pouvaient s'y transporter sans inconvénients pour eux-mêmes. La forme du gouvernement de leur ancienne patrie leur avait rendu familière l'idée de déléguer leurs droits , et de confier la garde de leurs libertés à des représentants de leur choix, que l'expérience de plusieurs siècles leur montrait comme pouvant en être des dépositaires sûrs et fidèles.
C'est ainsi que la compagnie de la baie de Massachusets, en moins de six ans, à compter de l'époque de sa formation en corporation par le roi, conduisit à sa maturité et à sa perfection un plan qui, comme je l'ai déjà observé , semble avoir été conçu par quelques chefs de parti aussi adroits qu'ambitieux, dès le temps où l'on avait conçu le projet de peupler la Nouvelle-Angleterre. A dater de cette épo-