L*VRE DIXIÈME
et d'oppression '. Il inspira ces principes humains à ses disciples; et tous ceux qui éprouvaient ou craignaient la persécution religieuse dans les autres établissements se réfugièrent au sein d'une société où la tolérance universelle était reconnue comme un principe fondamental. Dans les colonies de la Providence et de Rhode-Island , l'union politique fut établie par une association volontaire, ainsi que l'égalité des membres et la liberté des opinions religieuses. Leur forme de gouvernement fut purement démocratique , le pouvoir suprême étant placé dans l'assemblée de tous les bourgeois présents en personne. Ils demeurèrent dans cet état jusqu'à l'époque où ils furent incorporés par une charte2.
La colonie de Connecticut a dû son origine à des Colonie de causes de même espèce. Deux ministres accrédités Connecticut, dans la colonie de la baie de Massachusets, M. Cotton et M. Hookcr, étaient rivaux. Ce dernier, qui avait le dessous dans ce combat pour la réputation et la considération publique, se détermina à chercher quelque établissement où il pût vivre éloigné d'un compétiteur qui l'éclipsait. Un nombre assez considérable d'individus qui avaient adopté les opinions de mistriss Hutchinson et qui étaient irrités contre ceux qui les combattaient, lui offrirent de
(t) Neal. Hist. of N. Engl., p. .141.
(2) Hutchinson, p. 38, Neal, II, 142. Douglas, Sum. II, p. 76, etc. Clialmers, c. ^.
l'accompagner. Après avoir fait explorer le pays par des personnes capables, ils fixèrent leur établissement sur la rive occidentale de la grande rivière de Connecticut , dont la situation leur parut la plus avantageuse, et en i636 environ cent personnes, femmes et enfants , après une marche fatigante de plusieurs jours, au travers des bois et des marais, arrivèrent à l'endroit qui avait été choisi, et posèrent les fondements des villes de Hartford, de Springfield et de Weatherfield. Cet établissement ne se fit pas d'abord dans une forme bien régulière. Une partie du territoire qu'ils occupaient en ce moment était au-delà des limites de la concession faite à la colonie de la baie de Massachusets, et cependant les émigrants prirent une commission du gouverneur et du conseil, qui les autorisait à y exercer la juridiction. Les Hollandais de Manhados ou New- York ayant découvert la rivière de Connecticut, et ayant établi sur ses bords quelques maisons de commerce, avaient acquis tous les droits que donne la première occupation. Lord Say et Sele et lord Brook, chefs de deux illustres familles, alarmés des mesures arbitraires de Charles Ier dans le gouvernement tant civil qu'ecclésiastique, avaient pris une résolution digne de jeunes gens de naissance noble et de sentiments généreux , en se réfugiant dans le Nouveau- Monde pour y pratiquer la religion qu'ils préféraient et y jouir de la liberté, qu'ils regardaient comme