LIVRE DIXIÈME. 2C)I
un des éléments nécessaires du bonheur social. Ils avaient choisi aussi les bords de la rivière de Connecticut comme le lieu de leur établissement, et en avaient pris possession en bâtissant, à l'entrée de la rivière, un fort qu'ils appelèrent de leurs noms unis Say-Brook. Les émigrants de Massachusets , sans être arrêtés ni par le défaut de droit de leur part, ni par les prétentions de leurs compétiteurs, se mirent en possession du pays , et commencèrent à le nettoyer et à le cultiver. Par degrés ils écartèrent tous leurs concurrents. Les Hollandais , récemment établis en Amérique et trop faibles pour engager une querelle, se retirèrent du Connecticut. Lord Say et lord Brook abandonnèrent à la colonie tous les droits qu'ils pouvaient avoir aux terres de ce pays. La société s'établit par un contrat volontaire de tous les hommes libres de la troupe. Ils méconnurent bientôt toute autorité de la colonie de la baie de Massachusets sur eux; mais ils conservèrent une si grande vénération pour sa sagesse en matière de législation, qu'ils adoptèrent une forme de gouvernement très ressemblante à la sienne, et, à peu de chose près, toute sa police tant civile qu'ecclésiastique. Dans la suite , la colonie de Connecticut fut aussi formée en corps politique par une charte royale '.
(i) Hutchinson, 44, etc. Neal, I, 147. Douglas, II, i58, clc, Ghalmers, Annals, c. t2.
1Q1 HISTOIRE DE i/ AMERIQUE.
Ncw-Hamp- L'histoire des premières tentatives pour peupler sbireetMain. les provinces de INew-Hampshire et de Main, qui forment la quatrième division et la plus étendue de la Nouvelle-Angleterre , est confuse et embarrassée par les prétentions opposées de différents propriétaires. La compagnie de Plymouth avait inconsidérément morcelé la partie septentrionale du territoire dont elle avait obtenu la concession entre différents acquéreurs , parmi lesquels les seuls qui paraissent avoir eu des intentions sérieuses de s'y établir furent sir Ferdinando Gorges et le capitaine Mason. Leurs efforts pour exécuter ce projet furent persévérants et dignes d'éloges, mais sans succès. La dépense de l'établissement d'une colonie dans un pays inculte doit être considérable et faite surle-champ; la perspective d'un produit est souvent incertaine et toujours éloignée. Les fonds de deux particuliers n'étaient pas proportionnés à la grandeur de l'entreprise. Les colons qu'ils y envoyèrent n'étaient pas animés du même enthousiasme qui avait soutenu le courage de leurs voisins de la baie de Massachusets pour combattre les difficultés et les dangers auxquels une colonie naissante est exposée dans un pays sauvage. Gorges etMason auraient vraisemblablement été forcés d'abandonner leur projet, si les mêmes causes qui avaient favorisé l'établissement de Rhode-Island et de Gonnecticut n'avaient pas amené des colons à New-Hampshire et à Main.