‹ Histoire de l'Amérique (volume 5)Chapitre 151 sur 175 · LIVRE DIXIÈME. 3oi · texte numérisé non relu

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son trône, et à lui faire terminer sa vie sur un échafaud'.

Mais, en dépit de tous les efforts du gouvernement pour arrêter l'émigration, les mesures du roi et de ses ministres furent regardées par une grande partie de la nation comme si contraires aux droits les plus précieux des citoyens, que, dans l'année i638, plus de trois mille personnes s'embarquèrent pour la Nouvelle-Angleterre, s'exposant à toutes les suites que pourrait avoir pour elles la contravention à la proclamation royale , plutôt que de rester plus long-temps sous l'oppression. Furieux de ce mépris de son autorité , Charles eut recours à un moyen violent, mais efficace, de se faire obéir. Il La t émit , contre la corporation de Massachusets-Bay, de Massachu-

un ordre en vertu duquel elle était mise en cause sets mise en

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pour usurpation des droits du roi. Les colons s e- ciare qu'elle a

taient si fort écartés de leur charte,qu'ils ne pouvaient violé les droits

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eviter d être condamnes, et qu ils le turent sans dit- naitsac]iarte> ficulté. On jugea qu'ils avaient mérité de perdre tous leurs droits comme corporation. Par là ces droits retournaient à la couronne , et Charles commença à méditer un nouveau plan d'organisation de la colonie, selon lequel son administration serait placée en d'autres mains; mais ce plan n'eut jamais d'exécution. L'orage commençait à grossir dans

(i) Malher, Magnaîia, b. I, ch. 5, p. *3. Neal's Hist. of N. Engl,, I, i5i. Chalmers's Annals, I, x55, iGo, etc.

le

5o'À HISTOIRE DE L'AMÉRIQUE.

toutes les parties de ses états, et il éclata bientôt avec une telle violence, que Charles, durant le reste de son malheureux règne , occupé de soins domestiques et plus importants, ne put donner aucune attention aux affaires d'une province éloignée et peu considérable '.

La convocation du long parlement fut accompagnée, en Angleterre , d'une révolution qui fit cesser tous les motifs d'émigration pour le Nouveau-Monde. Les maximes des puritains , en matières tant civiles que religieuses , devinrent dominantes dans la nation , et furent soutenues par le gouvernement; leurs oppresseurs furent opprimés à leur tour; ce système parfait de réforme , qui avait été long-temps l'objet de leur admiration et de leurs désirs , fut établi par la loi; et, au milieu des intrigues et des combats d'une guerre civile obstinée, les esprits turbulents et ambitieux trouvèrent tant d'occupation, qu'ils ne furent pas tentés de quitter un théâtre où ils étaient parvenus à jouer les premiers rôles. Depuis l'année 1620, époque de l'arrivée des Brownistes Étai de la a1 ans la Nou velle- Angleterre , jusqu'en 1640, on a colonie à cet- calculé qu'il y était passé vingt-un mille deux cents e époque colons : l'argent dépensé durant ce temps par les différents entrepreneurs à équiper des vaisseaux, à rassembler des fonds, à transporter des émigrants, est monté, d'après un calcul modéré, à près de

(1) Hutchinson, p. 86, 5o2. Chalmers's Annals, I, itîi.

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deux cent mille livres sterling l : somme considérable pour le temps , et qu'aucun motif, moins puissant que ceux dont les puritains étaient animés , n'eût pu persuader à personne d'avancer sur l'espoir incertain d'un établissement dans une contrée éloignée et inculte ; surtout quand , par sa situation et son climat, cette contrée ne pouvait offrir d'autre attrait que l'avantage d'v trouver la subsistance et d'y jouir de la liberté. Pendant quelques années il fut même difficile d'y subsister, et ce n'est que vers l'époque où notre narration vient d'arriver, que les produits du sol rendirent aux planteurs quelques profits. C'est vers ce temps qu'ils commencèrent à exporter du blé en petite quantité aux îles des Indes occidentales, à étendre leur pêcherie, et à ouvrir un débouché à leur merrain, qui est depuis devenu un des bons articles du commerce de la colonie 2. Depuis l'an 1640, le nombre des hommes dont la Nouvelle-Angleterre a recruté la population de la métropole , est supposé au moins égal à ce qu'elle en avait tiré par les émigrations à l'aide desquelles elle s'est établie.

Mais, quoique le changement soudain du gouvernement dans la Grande-Bretagne arrêtât entièrement l'émigration qui y avait fait affluer de nou-

(i) Mallier, b. I, ch. 4, p. 17, ch. 5, p. a3. Hutchinson, p. iy3. Chalmers,s Annals, p. i65.

(2) Hutchinson, p. gr, 92.

3û4 HISTOIRE DE L'AMÉRIQUE.

veaux planteurs, les colons,ayant les mêmes principes que les chefs du parti populaire dans le parlement, reçurent bientôt de ceux-ci des preuves marquées de leur affection fraternelle. Par un vote de lacham- Exemption bre des communes, en 16^1 , les habitants de toutes e certains j colonies de la Nouvelle- Angleterre furent exemp-

droits accor- D L

dée aux colo- tés de tous droits , tant sur les marchandises expormes* tées pour eux de la métropole , que sur celles qu'ils

importeraient en Angleterre, jusqu'à ce que la chambre en ordonnât autrement. Cette disposition fut confirmée dans la suite par l'autorité des deux chambres. \ 6ijc Encouragée par cette exemption extraordinaire, l'industrie fit des progrès rapides dans toutes les parties de la Nouvelle- Angleterre, et avec elle s'accrut la population. En reconnaissance de ces faveurs, les colons applaudirent à toutes les mesures du parlement; célébrèrent ses généreux efforts pour assurer les droits et la liberté de la nation ; prièrent pour le succès de ses armes, et prirent des mesures pour empêcher qu'il ne se fît aucune tentative en faveur du roi de l'autre coté de l'Atlantique'.

Comptant sur la bienveillance avec laquelle toutes leurs démarches étaient vues par des hommes étroitement unis à eux par les mêmes idées et les mêmes sentiments, les colons de la Nouvelle - Angleterre hasardèrent une mesure qui non-seulement accrut leur sécurité et leur pouvoir, mais qui peut être

(t)Hutchinson, p. n4,App., 5i7.Chalmors's Annals,!, 174, 176.

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