‹ Histoire de l'Amérique (volume 5)Chapitre 153 sur 175 · LIVRE DIXIÈME. 3c · texte numérisé non relu

LIVRE DIXIÈME. 3c

nés à une amende, comme perturbateurs du repos public ; et, lorsqu'ils déléguèrent quelques-uns d'entre eux pour aller mettre leurs griefs sous les yeux du parlement, la cour permanente, pour prévenir cet appel au pouvoir suprême , tenta d'abord de saisir leurs papiers, et ensuite de les empêcher de s'embarquer pour l'Angleterre. Elle ne réussit ni à l'un ni à l'autre; mais telles furent l'adresse et l'influence des agents des colonies en Angleterre, qu'il paraît qu'aucune suite ne fut donnée à cette affaire '.

On trouve peu de temps après un indice encore moins équivoque de cet esprit d'indépendance et d'empiétement des colons de Massachusets-Bay. Dans toutes les formes de gouvernement, le droit de frapper monnaie a été regardé comme une prérogative de la souveraineté, qu'aucun membre ou aucune portion de gouvernement ne peut s'arroger. Sans égard pour cette maxime établie, l'assemblée >i 652 générale ordonna une fabrication d'espèces d'ar- Droit debat-

v ! , . , . , tre monnaie

gent a Boston , portant le nom de la colonie et la usurpé ar figure d'un arbre , symbole de son accroissement les colons. progressif2 et de sa vigueur. Cette usurpation ne fut pas même remarquée.

(i) NeaPsHist. of N. Engl.,I, si3. Hutclunson's Hist., 145, elc. Collect., 188, etc. Chalmers's Ann., 179. Malher, Magnalia, b. III, ch. r, p. 3o.

(2) Hutchinson, 177, 178. Chalmers's Aimais, p. 181.

3o8 HISTOIRE DE I.' AMÉRIQUE.

Ayant alors en Angleterre abattu toutes les sectes rivales , et étant devenus maîtres de tout le gouvernement , accoutumés dès long-temps à admirer les institutions de la Nouvelle-Angleterre, qui se trouvaient conformes à celles qu'ils avaient adoptées comme les plus parfaites , en matière de gouvernement tant civil qu'ecclésiastique, les indépendants n'étaient pas disposés à censurer la conduite de la colonie, ni à donner aucune atteinte à sa bonne réputation.

Oomwell Lorsque Cromwell eut usurpé le pouvoir suprême, pro cge es ^ continua de montrer une grande estime pour les

colonies de .

la Nouvelle- colonies de la Nouvelle-Angleterre. Il était profon- Angleterre. dément imbu de toutes les maximes des indépendants, et sans cesse environné des plus habiles et des plus artificieux ministres de cette secte. Il entretint une correspondance suivie avec les hommes principaux de chaque établissement de l'Amérique , qui, de leur coté, le regardaient comme un protecteur zélé ' . De son coté, il les considérait comme ses partisans les plus dévoués et comme lui étant attachés non moins par affection que par principe ; il leur donna bientôt une preuve frappante de ses il propose dispositions. Après avoir pris la Jamaïque sur les de transpor- ESpagnols ? il voulut s'assurer sa conquête et faire

ter les colons , „ ... -, ^ i

de la Nou- prospérer sa nouvelle acquisition ; il torma pour cela vdle-Anglc- un plan où se retrouve toute l'ardeur d'un esprit

terre à la Jamaïque. (0 Hutchinson, App., 5îo, etc. Collect., p. 233.

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