LIVRE HUITIÈME
être distingué de l'Européen et partage tous les privilèges de celui-ci '. C'est surtout la classe des habitants de sang mêlé, dont la constitution est très forte et très vigoureuse \ qui exerce tous les arts mécaniques et tous les emplois de la société qui demandent de l'activité ? mais que les citoyens des deux classes supérieures dédaignent de remplir par paresse ou par orgueil3.
Les nègres tiennent la quatrième place parmi les Quatrième habitants des colonies espagnoles. Nous parlerons ordre ,, hab!"
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ailleurs plus au long de l'introduction de cette mal-gres). heureuse partie de l'espèce humaine dans le continent de l'Amérique, des travaux auxquels ils sont employés et des traitements qu'ils y essuient. Nous n'en faisons mention ici que pour faire remarquer une singularité dans leur état sous la domination espagnole. Dans plusieurs de ses établissements, particulièrement dans la Nouvelle - Espagne , les nègres sont employés aux services domestiques. Ils forment une partie principale du luxe des riches , et sont chéris et caressés de leurs supérieurs, aux plaisirs et à la vanité desquels ils sont utiles. Leurs habillements sont presque aussi riches que ceux de leurs maîtres; ils en imitent les manières et en prennent toutes les passions \ Enorgueillis par cette dis-
(i) Voyage de Ulloa , I, p. 2 7 .
(2) Ibid. ,/?. 29. Voyage de Bouguer, p. 104. Melendès, Tèsovos Venladeros , I, 354.
(3) Gag. , p. 56. Voyage de Ulloa, I, 45 1 .
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tinction, ils ont pris avec les Indiens un tel ton de supériorité, ils les traitent avec tant d'insolence et de mépris , que l'antipathie entre les deux races est devenue implacable. Au Pérou même, où les nègres sont en plus grand nombre et sont employés aux travaux des campagnes comme au service domestique , ils conservent le même ascendant sur les Américains naturels, et la haine des deux nations subsiste avec la même violence. Les lois fomentent à dessein cette aversion, qui n'a pas été d'abord l'ouvrage de la politique, et les plus rigoureuses défenses s'opposent à toute communication qui pourrait former quelque union entre les deux races» Par cette politique artificieuse les Espagnols tirent une partie de leur force de ce qui fait la faiblesse des colonies des autres nations; ils ont su se donner pour associés et pour défenseurs les mêmes hommes qui sont ailleurs des objets de jalousie et de crainte \ Les Indiens Les Indiens forment la dernière classe et la plus orment e 0pprj[m^e des habitants d'un pavs qui appartenait à
dernier or- l l i j i. i i
dre de ci- leurs ancêtres \ J'ai déjà fait observer à mes lectoyens. teurs les progrès de la conduite des Espagnols dans la manière dont ils ont traité ce malheureux peuple, et j'ai rapporté les principaux règlements faits dès les commencements de la conquête sur cet objet d'une si haute importance dans l'administration de
(i) Recop. lib. VU, ta. 5, /. 7. Herrera, Decad. VIII, lib. VII, cap. 12. Frezier, 2 44- (2) Voyez la note 16.