‹ Histoire de l'Amérique (volume 5)Chapitre 18 sur 175 · LIVRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME

leurs nouveaux domaines; mais, à compter de l'époque où j'ai conduit l'histoire de l'Amérique jusqu'au moment présent , les connaissances et l'expérience acquises pendant deux siècles ont mis la cour d'Espagne en état de faire des changements avantageux dans cette partie de son plan d'administration américaine ; et j'ai cru qu'une vue générale et rapide de la condition actuelle des Indiens pouvait être curieuse et intéressante.

Charles V, parla célèbre ordonnance de i5/J2? Leur élat dont nous avons fait si souvent mention, avait enfin '' anéanti les prétentions exorbitantes des conquérants du Nouveau - Monde , qui en regardaient les habitants comme des esclaves dont le travail leur appartenait en propriété. Depuis cette époque , les Indiens ont été réputés libres et autorisés à revendiquer les privilèges de sujets de la couronne. Lorsqu'ils furent admis au rang de citoyens, on jugea qu'il était juste de les faire contribuer aux dépenses communes de la société dont ils devenaient membres. Mais comme on ne pouvait attendre aucun produit considérable des travaux volontaires de ce peuple, étranger à toute industrie régulière, et détestant le travail, la cour d'Espagne crut nécessaire de fixer par des règlements la taxe qu'on pouvait exiger d'eux. Dans cette vue, on a imposé sur tout Taxe qu'ils Indien mâle, depuis l'âge de dix-huit ans jusqu'à rayentcinquante, une taxe annuelle, et l'on à déterminé

en même temps, d'une manière précise, la nature et l'étendue des services qu'on pouvait exiger d'eux. Ce tribut varie dans les différentes provinces; mais en prenant ce qu'on paye dans la Nouvelle-Espagne comme le taux moyen , la taxe est d'environ cent sous de France par tête , somme modique dans des pays où le prix de l'argent est extrêmement bas \ Le droit de lever l'impôt varie également. Tout Indien, en Amérique, est ou vassal immédiat de la couronne , ou dépendant de quelque autre vassal à qui le district dans lequel il demeure a été accordé pour un temps limité sous la dénomination d'e/zcomienda. Les premiers payent environ les trois quarts de la taxe au fisc; les autres payent cette même partie du tribut au vassal immédiat dont ils sont les tenanciers. Après la conquête de l'Amérique, les conquérants se partagèrent la plus grande partie des terres et n'en laissèrent que très peu à la couronne. Comme ces premières concessions n'avaient été faites qu'à deux générations seulement*, et qu'elles revenaient successivement en propriété à la couronne après ce temps expiré, le souverain pouvait ou répandre ses faveurs sur de nouveaux propriétaires, en leur accordant ces possessions vacantes, ou augmenter ses propres revenus en se

(i)Voyezles notes 17 et 18. Recop. lib. VI, tit. 5,7. 42. Hackluyt, vol. III, p. 461.

(2) Recop. lib. VI , tit. 8, /. 48. Soîorz. de Ind. Jure, lib. II, cap. 16.

qu on en

exige.

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