‹ Histoire de l'Amérique (volume 5)Chapitre 19 sur 175 · LIVRE HUITIÈME. 4l · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME. 4l

les réservant à lui-même ' . Les rois d'Espagne ont pris le plus souvent ee dernier parti : le nombre d'Indiens dépendant immédiatement delà couronne est aujourd'hui beaucoup plus grand que dans le siècle qui a suivi la conquête, et cette branche des revenus du roi continue de s'accroître.

Le bénéfice provenant des services des Indiens Services appartient à la couronne ou à celui qui possède Yencomienda , de la même manière et selon la même règle que nous venons de voir observée dans le paiement du tribut. Ces services , quoique exigibles encore aujourd'hui en vertu de la loi, sont très différents des travaux serviles imposés originairement aux Indiens. La nature des travaux qu'ils doivent exécuter est définie, et il leur est alloué un salaire équitable. Ils sont de deux sortes : les uns sont appliqués à la confection des ouvrages de première nécessité dont la société ne peut se passer sans de grands inconvénients , les autres à l'exploitation des mines d'où les colonies espagnoles tirent leur plus grande importance et leur plus grande utilité. Le premier genre de travaux qu'on exige d'eux comprend la culture du maïs et des autres grains nécessaires à la nourriture de l'homme , la garde des bestiaux , la construction des édifices publics , des ponts et des grands chemins 2; mais on ne peut pas

(i) Voyez la note ïq,

(2) Rccopil. lib, FI, tis. i3, /. iy = Solorz. de Ind Jure, II, lib, /, cap. 6, 7, 9.

les forcer de travailler à la culture des vignes , des oliviers , des cannes à sucre et des autres productions qui sont des objets de luxe ou de commerce \ Les travaux du second genre consistent à tirer les minéraux des entrailles de la terre et à les purifier par tous les procédés de l'art , travaux aussi pénibles que malsains 2.

Manière La manière dont ces deux sortes de services sont

dont cesser- • ' j t j* l ' i *. ' 1 ' j i •

, exiges des Indiens est également réglée par des lois

vices son Ire- ° o a *

glés. qui ont pour but de les rendre moins onéreux à

ceux qui y sont soumis. On les appelle alternativement au travail par divisions , qu'on appelle mitas \ et aucun d'eux ne peut être forcé de travailler qu'à son tour. Au Pérou le nombre de travailleurs désignés ne doit pas excéder la septième partie des habitants dans chaque district4. Dans la Nouvelle- Espagne, ou les Indiens sont en plus grand nombre, sur cent Indiens on ne prend que quatre travailleurs 5. Je n'ai pas pu savoir combien de temps chaque Indien employé à la culture est obligé de travailler 6 ; mais au Pérou chaque mita ou division destinée aux travaux des mines y passe six mois , et tant que dure ce travail , chaque Indien ne reçoit pas moins de cinquante sous de France par jour, et il en est qui gagnent le double de cette

(i) Recopil. lib. VI, lit. i3., I. 8. Solorz. lib. I, cap. 7,/i° 4r, etc. (2) Voyez la noie 2 o. (3) Voyez la note ai. (4) Recop. lib. VI, lit. 12, /. 21. (f>) lbid., l. 22. (G) Voyez la note 22,

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