‹ Histoire de l'Amérique (volume 5)Chapitre 28 sur 175 · LIVRE HUITIÈME. 6l · texte numérisé non relu

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colonies auraient été suivis des mêmes avantages que ceux des autres nations. Mais, en même temps qu'une cupidité inconsidérée lui a fait envahir en moins d'un siècle une contrée plus \aste que l'Europe entière, elle s'est trouvée dans l'impossibilité de peupler ces immenses régions d'un nombre d'habitants suffisant pour les cultiver : de là il est arrivé que les travaux des colons ont pris une fausse direction et ont été conduits d'après de mauvais plans. Ils n'ont point formé de ces établissements serrés et unis, où l'industrie circonscrite dans de justes limites , dirigée .dans ses vues et dans ses opérations avec modération et avec constance ? aurait pu employer ses moyens de la manière la plus convenable et la plus avantageuse. Les Espagnols , au contraire, séduits par la perspective immense qui s'offrait à leurs regards, divisèrent leurs possessions d'Amérique en vastes gouvernements. Comme ils étaient trop peu nombreux pour parvenir «à cultiver régulièrement les grandes provinces qu'ils occupaient sans les peupler , ils s'attachèrent à un petit nombre d'objets qui leur donnaient l'espoir d'un gain prompt et exorbitant , et ils dédaignèrent ces modestes ressources de l'industrie qui conduisent les nations à la richesse et à la puissance par une route moins prompte , mais beaucoup plus sûre.

De toutes les voies d'acquérir des richesses , l'ex- De leurs ploitation des mines est la plus séduisante pour des

mines.

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hommes peu accoutumés aux travaux assidus et réguliers qu'exigent la culture de la terre et les opérations du commerce, ou trop entreprenants et trop avides pour attendre patiemment les retours lents et périodiques que donnent ces deux genres d'entreprises. Aussi dès que les différentes provinces de l'Amérique furent soumises à la domination de l'Espagne , ce moyen de s'enrichir fut presque le seul qui se présenta aux aventuriers qui venaient de les conquérir. Ils négligèrent absolument toutes les provinces du continent ou ils n'étaient pas déterminés à s'établir par l'espoir de trouver des mines d'or ou d'argent. Ils abandonnèrent celles où leur espoir à cet égard fut trompé. L'importance des îles , qui étaient le premier fruit de leur découverte, diminua tellement dans leur esprit, quand les mines y furent épuisées , que la plupart des planteurs les abandonnèrent et les laissèrent à la merci de pro- . priétaires plus industrieux. Tous se jetèrent dans le Mexique et dans le Pérou , oii l'énorme quantité d'or et d'argent qui s'y trouvait , malgré l'ignorance des Indiens dans l'art de fouiller les mines ' , devait les récompenser de la supériorité de leur intelligence et de la persévérance de leurs efforts par une source inépuisable de richesses.

Découverte pendant plusieurs années, l'ardeur de leurs re-

Je celles de

Poiosi et de cherches fut plutôt animée et soutenue par l'espé-

Sacotecas. (() Voyez la note lv.

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