‹ Histoire de l'Amérique (volume 5)Chapitre 3 sur 175 · LIVRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME

s'étant jointe à ces fléaux, la population de la Nouvelle-Espagne et du Pérou fut réduite au point que, peu d'années après la conquête, ce qu'on racontait de son étatancien paraissait absolument incroyable ' .

Telles ont été les principales causes qui, par Elle n'a pas leurs résultats combinés , ont contribué à la dépo- ,n . ouya»e

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pulation de l'Amérique. Beaucoup d'écrivains , ne politique des faisant pas assez d'attention à ces circonstances, etEsPa§nolsfrappés de la rapidité avec laquelle le mal s'était étendu, ont regardé cet événement, dont l'histoire ne nous fournit aucun autre exemple , comme la suite d'un plan non moins réfléchi qu'atroce. Les Espagnols , disent-ils , convaincus qu'il leur serait impossible d'occuper les vastes régions qu'ils avaient découvertes et de maintenir leur autorité sur des nations infiniment plus nombreuses que leurs conquérants , résolurent , pour se conserver l'Amérique , d'en exterminer les habitants et de convertir en désert une grande partie du pays , afin d'y affermir leur puissance a. Mais les nations étendent rarement leurs vues sur des objets si éloignés et ne font guère de plans si profonds. Pour l'honneur de l'humanité , nous pouvons faire observer que jamais aucun gouvernement n'a formé un si exécrable projet. Les rois d'Espagne, loin d'adopter un tel système de destruction, furent continuellement occupés

(1) Torquemada, 642, 643. Voyez la note 2.

(2) Voyez la note 3.

iO HISTOIRE DE L AMÉRIQUE.

de la conservation de leurs nouveaux sujets. Le désir d'étendre la foi chrétienne et de porter la connaissance de la vérité et les consolations de la religion à des peuples privés de ses lumières , fut le principal motif des encouragements qu'Isabelle donna à l'expédition de Colomb. Après la découverte, elle s'occupa de l'exécution de ce pieux dessein et montra le plus grand zèle non-seulement pour faire donner une instruction religieuse aux Indiens, mais encore pour assurer un traitement doux à cette race d'hommes paisibles devenus ses sujets \ Ses successeurs adoptèrent les mêmes idées , et mes lecteurs les ont vus en plusieurs occasions employer toute leur autorité pour protéger les Américains contre l'oppression des Espagnols. Ils firent à ce sujet de nombreux règlements conçus avec sagesse et dictés par l'humanité. Quand leurs possessions dans le Nouveau- Monde devinrent assez étendues pour leur faire craindre de ne pouvoir y maintenir leur autorité , l'esprit de leurs lois fut aussi doux qu'il l'avait été lorsqu'ils ne possédaient que les îles. Leur sollicitude pour protéger les Indiens semble même s'être augmentée à mesure que leurs conquêtes se sont étendues : elle alla jusqu'à leur faire promulguer et maintenir des lois qui excitèrent une révolte dangereuse dans une de leurs colonies , et répandirent le mécontentement dans les autres. Mais l'avidité

(c) Voyez la noie 4<

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