‹ Histoire de l'Amérique (volume 5)Chapitre 31 sur 175 · LIVRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME

aurait employé tout son pouvoir à réprimer le goût des colons pour cette branche dangereuse d'industrie , avec autant d'ardeur qu'elle en met à l'encourager. «Les projets relatifs aux mines, » (dit un bon juge de la conduite politique des nations), «au « lieu de rendre le capital qu'on y emploie et l'in- « térêt ordinaire de l'argent, absorbent communé- « ment l'un et l'autre. Ce sont par conséquent de « tous les projets ceux auxquels un prudent législa- « teur, qui désire l'augmentation de la richesse na- « tionale, doit le moins accorder d'encouragement « extraordinaire ; il ne doit pas non plus engager à « y employer une plus grande portion de capital « que celle qu'on y aurait volontairement destinée; « telle est en effet l'extravagante confiance del'hom- « me dans sa bonne fortune que , partout où il aper- « cevra la moindre probabilité de succès, il ne sera « que trop porté lui-même à y employer son caff pital avec un excès de confiance \ » Cependant dans les colonies espagnoles le gouvernement travaille à nourrir cet esprit qu'il devrait s'efforcer d'éteindre , et, par son approbation, il augmente cette crédulité inconsidérée , qui a si malheureusement égaré l'activité et l'industrie du Mexique et du Pérou. C'est à cette faute qu'on peut attribuer le peu de progrès que ces deux colonies ont faits pendant deux siècles et demi, soit dans les manufactures

(1) Smith's Incjuiry, etc. Il , i55.

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utiles, soit dans ces branches de culture qui procurent aux colonies des autres nations les marchandises qu'elles consomment. Tous les dons de la nature y sont si peu estimés en comparaison des métaux précieux , que l'idiome de la langue en Amérique porte l'empreinte de cette opinion extravagante, et que les Espagnols qui y sont établis donnent le nom de riche à une province, non pour la fertilité de son sol , l'abondance de ses grains ou la bonté de ses pâturages, mais pour l'abondance des minéraux que renferment ses montagnes. C'est pour les aller chercher qu'ils abandonnent les plaines délicieuses du Mexique et du Pérou, et qu'ils se confinent dans des régions arides et malsaines où ils ont bâti quelques-unes des villes les plus considérables du Nouveau-Monde. Comme les entreprises et l'activité des Espagnols se sont originairement tournées de ce coté, il est si difficile aujourd'hui de les ramener vers un autre but , que , quoique par différentes causes , le bénéfice de l'exploitation des mines soit considérablement diminué, le prestige dure encore; et la plupart de ceux qui prennent part au commerce de la Nouvelle-Espagne et du Pérou sont toujours égarés dans quelque entreprise de cette espèce \ Autres mar- Cependant , quoique les mines soient le principal chandiscs des ob-t de pattention des Espagnols, et que les mé-

colonies espa- J i o ? i

gnôles. (1) Voyez la note 35.

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