‹ Histoire de l'Amérique (volume 5)Chapitre 32 sur 175 · livre nurriKMK. (jq · texte numérisé non relu

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taux qu'ils en tirent forment l'article le plus important de leur commerce avec l'Amérique, les contrées fertiles qu'ils y possèdent leur fournissent d'autres marchandises assez rares et assez précieuses pour fixer les regards. La cochenille est une production presque particulière à la Nouvelle-Espagne, et tellement demandée dans le commerce , que la vente en est toujours certaine et qu'elle donne un profit suffisant pour dédommager amplement du soin et des peines qu'exigent la récolte et la préparation des insectes dont cette drogue précieuse est composée. On ne trouve qu'au Pérou le quinquina1, ce remède le plus salutaire peut-être et le plus efficace que la Providence ait fait connaître à l'homme par pitié pour ses infirmités ; c'est une branche de commerce importante et lucrative pour cette province. L'indigo de Guatimala est d'une qualité supérieure à celui de toutes les autres contrées de l'Amérique, et il s'y en cultive beaucoup. Le cacao n'est pas à la vérité un fruit particulier aux colonies espagnoles ; mais il y est d'une qualité si supérieure, et la consommation de chocolat qui se fait en Europe aussi bien qu'en Amérique est si grande , que cette marchandise est devenue un des objets de commerce les plus importants. Le tabac de Cuba l'emporte par son parfum exquis sur tous ceux du Nouveau-Monde. Le sucre qu'on fabrique dans cette île, (t) Voyez la note 36.

dans l'Espagnola et dans la Nouvelle -Espagne, et quelques autres denrées de différentes espèces, peuvent être mis au rang des productions naturelles de l'Amérique qui enrichissent le cominerce de l'Espagne. Aux articles précédents on peut en ajouter un autre de quelque importance , c'est l'exportation des cuirs. Ce commerce, aussi bien que celui de plusieurs des articles que j'ai énumérés, est plutôt le fruit de l'étonnante fertilité du pays que de la sagesse et de l'industrie des Espagnols. Les animaux domestiques de l'Europe , particulièrement les bêtes à cornes, ont multiplié dans le Nouveau-Monde avec une rapidité qui passe la vraisemblance. Peu de temps après l'établissement, les bestiaux étaient déjà si nombreux que les propriétaires les comptaient par milliers1. Comme on leur donnait peu desoins , à mesure qu'ils augmentèrent on les laissa errer à l'aventure , et bientôt , s'étendant dans une vaste contrée couverte de riches pâturages, sous un climat doux, leur nombre devint immense. Ils habitent , par troupeaux de trente ou quarante mille , les vastes plaines qui s'étendent depuis Buénos- Ayres jusqu'aux Andes; et le malheureux voyageur auquel il arrive de tomber au milieu d'eux est souvent plusieurs jours à se débarrasser de cette foule innombrable qui couvre la face de la terre. Ils ne sont guère moins nombreux dans la Nouvelle-Es-

(ï) Oviedo, ap. Ramus. III, 101, B. Hackluyt, III, 466, 5n.

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