‹ Histoire de l'Amérique (volume 5)Chapitre 36 sur 175 · LIVRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME

rique qui vinssent du sol ou des fabriques de l'Espagne* .Toutie reste appartenait à des marchands étrangers, quoique introduit sous le nom de marchandises d'Espagne. Depuis cette époque, on peut dire que l'Espagne ne posséda plus les trésors du Nouveau- Monde. Les métaux précieux n'arrivèrent en Europe que pour payer la valeur des marchandises achetées des étrangers. Cette richesse, qui, par une circulation intérieure, aurait arrosé toutes les veines d'industrie, et porté la vie et l'activité dans toutes les branches des manufactures, traversait, pour ainsi dire, l'Espagne avec tant de rapidité qu'elle ne lui laissait aucun avantage. D'un autre coté, les fabricants des nations rivales, encouragés par le prompt débit de leurs marchandises , augmentèrent tellement en adresse et en industrie, et fournirent à si bas prix, que les manufactures d'Espagne, moins bonnes et plus chères, furent encore moins en état de soutenir cette concurrence. Ce commerce destructif opéra plus promp terrien t et plus complètement encore la ruine de la nation que les projets d'une ambition insensée, formés par ses monarques. L'Espagne vit avec tant de douleur et d'étonnement ses trésors d'Amérique s'évanouir presqu'au moment de leur arrivée , que Philippe III , incapable de suppléer au défaut de ce qui était nécessaire pour la circulation, rendit un édit par lequel ( 1 ) Campomanes , II , 08.

il s'efforça d'élever la monnaie de cuivre à une valeur courante presque égale à celle de l'argent ' ;, ainsi le maître des mines du Pérou et du Mexique était réduit à un misérable expédient , qui a été quelquefois la dernière ressource des plus pauvres états.

Les possessions de l'Espagne en Amérique ne sont donc point devenues pour elle ? comme celles des autres nations , une source de population et de richesses. Dans les contrées de l'Europe où l'esprit d'industrie subsiste dans toute sa vigueur, toute personne établie dans des colonies semblables pour leur situation à celles de l'Espagne 7 est supposée occuper dans la métropole trois ou quatre individus pour ses besoins a ; mais , quand la métropole n'est pas en état de fournir aux demandes de ses colons , chaque émigrant peut être considéré comme un citoyen perdu pour la communauté , et gagné pour la nation étrangère qui supplée à ses besoins. Elle est aug- Tel a été l'état intérieur de l'Espagne depuis la mentee par la £n jLl seizième siècle ; telle a été son impuissance

manière dont . . .

elle a ré^lé °-e fournir aux besoins croissants de ses colonies.

son commer- Les funestes effets de cette disproportion entre les demandes des colonies et les moyens d'y satisfaire se sont encore augmentés par la manière dont l'Espagne s'est efforcée de régler le commerce entre

(r) Uslariz, cap. 104.

(a) Child, On Trade and Colonies.

ce avec mérique

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