‹ Histoire de l'Amérique (volume 5)Chapitre 40 sur 175 · LIVRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME

neaux '. Un si faible chargement devait être bien loin de pouvoir suppléer aux demandes de ces vastes et nombreuses colonies qui en attendaient toutes les commodités et la plupart des nécessités de la vie. Bientôt l'Espagne sentit combien elle était dé-

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chue de sa prospérité précédente; et des citoyens respectables et vertueux employèrent toute leur sagacité à imaginer des moyens de ranimer l'industrie et le commerce chancelants de leur patrie. On peut juger à quel point le mal était dangereux et désespéré par la violence des remèdes qui furent proposés. Les uns, confondant la violation des règlements avec les crimes d'état , prétendaient que , pour arrêter les suites du commerce illicite, on devait punir de mort et de la confiscation de tous ses biens quiconque en serait convaincu 2. D'autres, ne distinguant point les fautes civiles des actes d'impiété , soutinrent que le commerce de contrebande devait être mis au rang des crimes réservés à la connaissance de l'inquisition; que les coupables devaient être jugés et punis selon la forme secrète et sommaire dont ce terrible tribunal exerce sa juridiction3. D'autres enfin proposèrent de donner le commerce d'Amérique à une compagnie exclusive, faute d'avoir observé les dangereux effets

(r) Campomanes , Educ. popul., I, 435; //, ito.

(2) M. de Santa-Craz , Comercio suelto, p. 142.

(3) Moncada , Bestauvacion politica de Espana , p. 4.1.

iv. G

du monopole de ces compagnies dans tous les pays où elles étaient établies , et sous le prétexte que pour son propre intérêt elle mettrait toute la vigilance possible à garantir le commerce d'Espagne contre les usurpations des interlopes1.

Outre ces projets extravagants, on imagina quelques plans mieux digérés et plus avantageux, quoique d'abord ils fussent sans effet; mais, sous les faibles monarques par qui finit le règne de la maison d'Autriche en Espagne, on ne vit dans toutes les parties du gouvernement qu'incapacité et indécision. Au lieu de prendre pour modèle l'administration active de Charles Y, ils affectèrent d'imiter la politique lente et soupçonneuse de Philippe II, et, privés de ses talents , ils délibéraient sans cesse et ne résolvaient rien. On ne remédia à aucun des maux qui faisaient languir le commerce national tant au dedans qu'au dehors. Ges maux allèrent en augmentant, et l'Espagne, avec des domaines plus vastes et plus opulents qu'aucun état européen , n'avait ni force, ni argent, ni industrie2. Enfin une violente convulsion , en agitant la nation , réveilla son génie assoupi, et la guerre civile, allumée par les deux partis qui se disputaient la couronne, lui rendit jusqu'à un certain point son ancienne vigueur. Tandis qu'il se formait des hommes capables

(i) Zavalla,/ Augnon Représentation , etc.,^. 190. (•?.) Voyez la note 3o.

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