‹ Histoire de l'Amérique (volume 5)Chapitre 41 sur 175 · LIVRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME

de sentiments plus généreux que ceux qui avaient dirigé les conseils de la monarchie pendant le cours d'un siècle, l'Espagne tira d'une source inattendue les moyens de faire valoir leurs talents. Les différentes puissances qui favorisaient les prétentions des maisons d'Autriche ou de Bourhon au trône d'Espagne envoyèrent à leur secours des flottes et des armées considérables. La France, l'Angleterre et la Hollande firent passer en Espagne des sommes immenses. Elles furent répandues dans les provinces qui étaient devenues le théâtre de la guerre ; ainsi une partie des trésors de l'Amérique, dont ces puissances avaient épuisé le royaume , retourna à sa source. L'un des plus habiles écrivains de l'Espagne date de cette époque la renaissance de la monarchie ; et , quelque humiliante que puisse être cette vérité , il reconnaît que c'est à ses ennemis que sa patrie doit l'acquisition d'un fonds d'espèces en circulation, proportionné à peu près aux besoins publics1.

Aussitôt que les Bourbons furent en possession Premiers paisible du trône, ils remarquèrent cette révolution fa^*'™Wil dans l'esprit des peuples et dans l'état de la nation , Bourbon vers

et ils en profitèrent: en effet, quoique cette maison

ment de Fê-

le rétablisseme

n'ait pas donné à l'Espagne des monarques remar- tal quables par la supériorité de leur génie , ils ont tous été bienfaisants, attentifs au bonheur de leurs su-

(1) Campomanes, /, 420.

jets et occupés de l'augmenter. En conséquence, le premier objet de Philippe V fut de supprimer une innovation qui s'était glissée dans l'état pendant la guerre , et qui bouleversait tout le système du commerce espagnol avec l'Amérique, lis excluent L'Angleterre et la Hollande , par la supériorité

les étrangers j 1 • • • 15 •

, de leur marine , avaient acquis assez a empire sur

au commer- 7-1 r

ce du Pérou, la mer pour couper toute communication entre l'Espagne et ses colonies. Afin de leur fournir les commodités de la vie sans lesquelles elles ne pouvaient exister et en échange desquelles elles devaient faire part de leurs trésors, l'Espagne fut obligée de se départir de la rigueur ordinaire de ses maximes au point d'ouvrir le commerce du Pérou aux Français ses alliés. Les marchands de Saint-Malo , à qui Louis XIV accorda le privilège de ce commerce lucratif, s'y livrèrent avec vigueur et le conduisirent par des principes bien différents de ceux des Espagnols. Ils fournirent le Pérou des marchandises d'Europe à un prix plus modéré et en plus grande quantité; ces objets d'importation arrivaient dans toutes les provinces de l'Amérique espagnole avec une abondance jusqu'alors inconnue. Pour peu que la communication eût duré encore, c'en était fait des exportations de l'Espagne , et les colonies cessaient de dépendre de leur métropole. On se hâta de défendre de la manière la plus forte et la plus positive l'admission des vaisseaux étrangers dans les ports

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