LIVRE HUITIÈME
du Pérou et du Chili1 , et l'on employa une escadre espagnole à chasser des mers du Sud ces intrus dont le secours n'était plus nécessaire.
Cependant l'Espagne, à la fin de la guerre ter- Ils s'oppo-
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minee par le traite d Utrecht 7 avait ete en vain délivrée d'un des obstacles qui gênaient son commerce ; elle en éprouvait encore un autre qui ne lui paraissait guère moins dangereux. Philippe V, pour pariiculièreengager la reine Anne à conclure une paix égale- ment à celle ment désirée par la France et par l'Espagne , accorda . C01TJPa"
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à la Grande-Bretagne non-seulement Vassiento , ou de l'Assien le droit de porter des nègres aux colonies espagnoles ? droit dont la France avait précédemment joui ; il lui donna encore le privilège plus extraordinaire d'envoyer tous les ans à la foire de Porto-Bello un vaisseau de cinq cents tonneaux chargé de marchandises d'Europe. En conséquence , des commissionnaires anglais s'établirent à Carthagène, à Panama , à la Yera-Cruz , à Buénos-Ayres , et dans d'autres établissements espagnols. Le voile dont l'Espagne avait couvert jusque là la situation et les affaires de ses colonies fut levé. Les agents d'une nation rivale , admis dans les principales villes de commerce, ne manquèrent pas de moyens de s'instruire de la position intérieure de ses provinces , d'observer leurs besoins constants ou accidentels ,
(1) Voyage cfeFrezier, 2^6. B. Ulloa , Rélabliss, II, 104, etc. Aîcedo y Herrera. Aviso, etc., 12 Î6.
f)Q HISTOIRE DE l/ AMERIQUE.
et de connaître quelle était l'espèce de marchandises dont l'importation serait la plus avantageuse. Bientôt , sur ces informations authentiques et promptes, les négociants de la Jamaïque et des autres colonies anglaises, en liaisons de commerce avec le continent espagnol , furent en état d'assortir et de proportionner exactement leurs cargaisons aux besoins du marché; de manière que le commerce de contrebande devint plus facile et plus étendu qu'il ne l'avait jamais été. Ce n'était cependant pas encore là la conséquence de Yassiento la plus fatale au commerce de l'Espagne. Les agents de la compagnie anglaise de la mer du Sud , à l'abri de l'importation qu'elle était autorisée à faire par le vaisseau qu'elle envoyait tous les ans à Porto-Bello , répandaient leurs marchandises dans le continent espagnol sans limites et sans obstacles. Au lieu d'un vaisseau de cinq cents tonneaux, tel qu'il était stipulé par le traité , ils en employaient un de plus de neuf cents , et celui-ci était accompagné de deux ou trois bâtiments plus petits , qui , amarrés dans quelque crique voisine , fournissaient clandestinement de nouvelles marchandises pour remplacer celles qui étaient vendues. Les inspecteurs de la foire et les officiers de la douane, gagnés par des présents considérables, facilitaient la fraude '.Ainsi, d'un coté les opérations de la compagnie , de l'autre
(i) Voyez la noie 40.