LIVRE HUITIÈME. g
L'Espagne ne s'est pas bornée à régler son com- Projets pour nierce avec ses colonies les plus florissantes : elle rammer Ie
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a cherche aussi a ranimer celui de quelques-uns de ses établissements où il était ou négligé ou déchu. Parmi les nouveaux goûts et les nouveaux besoins que leur communication avec les habitants des provinces conquises en Amérique a fait naître chez les peuples de l'Europe, celui du chocolat est un des plus universellement répandus. Les Espagnols apprirent les premiers des Mexicains l'usage de ce breuvage fait avec la noix ou amande du cacaoyer réduite en pâte, et mélangé de divers ingrédients ; il leur parut, ainsi qu'aux autres nations de l'Europe, si agréable au goût, si nourrissant et si sain, qu'il est devenu un objet de commerce très important. Le cacaoyer croît sans culture dans plusieurs parties de la zone torride; mais les noix de la meilleure qualité, après celles de Guatimala, dans la mer du Sud, croissent dans les riches plaines de Caraccas , l'une des provinces de la Terre-Ferme. Cette supériorité reconnue du cacao de Caraccas, et la communication de cette province avec la mer Atlantique, qui en facilite le transport en Europe, y ont perfectionné et étendu la culture de ce fruit plus qu'en aucun autre endroit de l'Amérique. Mais la Hollande, par le voisinage de ses établissements dans les petites îles de Curaçao et de Buen-Ayre à la cote de Caraccas, s'était emparée par degrés
de la plus grande partie du commerce du cacao. Le trafic de cette marchandise avec la métropole était presque entièrement tombé, et telle était la négligence des Espagnols ou le vice de leurs arrangements commerciaux , qu'ils étaient obligés d'acheter des étrangers, à un prix exorbitant, cette production de leurs propres colonies. Pour remédier à un abus honteux tout à la fois et ruineux Etablisse- pour ses sujets , Philippe V accorda en 1 728, à un ment de la corps de marchands, le droit exclusif de faire le , r ° commerce de Caraccas et de Cumana , à condition
de Larac- *
cas. d'équiper à leurs frais un nombre suffisant de vais-
seaux pour purger la cote d'interlopes. Cette société , connue également sous le nom de compagnie de Guipuscoa , de la province d'Espagne ou elle est établie, ou sous celui de Caraccas, du district de l'Amérique qui lui était cédé par son privilège, a conduit son commerce avec tant de vigueur et de succès que l'Espagne a recouvré une branche importante de commerce dont elle s'était laissé dépouiller, et qu'elle est aujourd'hui pourvue abondamment, et à un prix modéré, d'un objet considérable de consommation. Cet établissement a procuré de grands avantages à la métropole et à la colonie de Caraccas ; en effet , quoique au premier aspect cette compagnie paraisse établir un monopole plus propre à retarder qu'à accélérer les efforts, et les progrès de l'industrie , elle est soumise à plu-