‹ Histoire de l'Amérique (volume 5)Chapitre 47 sur 175 · LIVRE HUITIÈME. gr · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME. gr

route à quelque commerce illicite dans ses colonies, qu'elle s'interdit à elle-même presque toute communication avec elles , excepté celle qu'elle entretenait par ses flottes annuelles. Il n'y avait aucun moyen de correspondance pour les affaires publiques ou particulières entre la métropole et ses établissements en .Amérique. Faute de ce secours nécessaire , les opérations de l'état , ainsi que les négociations des particuliers , étaient languissantes ou mal dirigées , et l'Espagne recevait souvent des étrangers les premières nouvelles des événements les plus intéressants survenus dans ses propres colonies. Néanmoins , quelque sensible que fût ce défaut dans sa politique, quelque facile qu'en fût le remède, les monarques espagnols négligeaient de l'appliquer par une suite de leur soin jaloux à conserver un commerce exclusif. Enfin Charles III surmonta ces considérations , qui avaient retenu ses prédécesseurs, et établit, en 1764? des paquebots pour être expédiés tous les premiers jours de chaque mois de la Corogne à la Havane ou à Porto- Rico. Les lettres passent de là sur des bâtiments légers à la Vera-Cruz et à Porto-Bello , et ensuite elles circulent , par la poste , dans les royaumes de Terre-Ferme , de Grenade , du Pérou et de la Nouvelle-Espagne. D'autres paquebots font voile aussi régulièrement une fois tous les deux mois à Rio de la Plata, pour la commodité des provinces qui sont

ÏOO HISTOIRE DE l' AMÉRIQUE.

à Test des Andes. C'est ainsi qu'on est parvenu à établir une correspondance sûre et prompte à travers toutes les vastes possessions de l'Espagne , correspondance également avantageuse à l'intérêt de la politique et au commerce du royaume '.Ace nouvel arrangement s'est joint d'abord un nouveau moyen d'étendre le commerce. Chacun des paquebots , qui sont des bâtiments d'une charge assez considérable , peut faire une demi - cargaison des marchandises du cru de l'Espagne les plus recherchées dans les ports pour lesquels il est destiné , et en retour il lui est permis d'apporter à la Corogne une égale quantité de productions de l'Amérique 2. On peut regarder ces établissements comme le premier adoucissement à ces lois rigides qui bornaient à un seul port le commerce du Nouveau- Monde, et le premier pas vers l'admission du reste du royaume au partage de ce commerce.

Liberté du II fut bientôt suivi d'un autre plus décisif. Charcommerce ac- jes jjj ouvrit en 1765, à tOUS Ses SllietS en Escordée a di fie- a

rentes pro- Pagne? *e commerce des îles du Vent, Cuba, vinces. Saint-Domingue , Porto-Rico , la Marguerite et la

Trinité. Il leur permit de faire voile de certains ports pour les lieux spécifiés dans l'édit , dans telle saison et avec telle cargaison qu'ils jugeraient à propos, sans autre formalité qu'un simple acquit

(r) Pons, Via g. de Espana, VI , Prol., p. i5. (2) Jppend. II, à la Edite, pop. p. 3r.

Page 1