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doivent aujourd'hui leur richesse et leur puissance. Les vaisseaux italiens , espagnols et portugais , ainsi que ceux des villes anséatiques , visitaient les ports des parties de l'Europe les plus éloignées et entretenaient des relations actives avec les peuples qui les habitaient, lorsque les Anglais ne faisaient que se traîner, sur leurs propres côtes, dans de petites barques , pour porter les productions d'un comté à un autre comté. Leur commerce était absolument passif: ils recevaient du dehors tous les objets de leurs besoins que leur pays ne leur fournissait pas ; et les objets de luxe leur étaient apportés par des vaisseaux étrangers. Le pavillon de Saint-Georges flottait rarement au-delà des mers étroites qui environnent notre île. Avant le commencement du quinzième siècle, rarement voyait-on un vaisseau anglais dans les ports d'Espagne ou de Portugal; et ce ne fut qu'un demi-siècle après que nos navigateurs osèrent se hasarder dans la Méditerranée.
Dans cette enfance de la navigation anglaise, Expédition
y . partie de Bris-
Henri ne pouvait pas confier a ses propres sujets i0\ s0us ]es
la conduite d'un armement destiné à découvrir des ordres de Ca-
pays inconnus. Il en donna le commandement à Jean
Cabotto , aventurier vénitien établi à Bristol , et lui
fit délivrer une commission , l'autorisant , lui et ses
trois fils , à naviguer sous le pavillon d'Angleterre
vers l'est, le nord ou l'ouest, pour découvrir des
contrées non occupées par aucune puissance chré-
tienne; en prendre possession en son nom, et y établir un commerce exclusif avec les habitants, sous la condition de payer à la couronne un cinquième^ des profits nets de chaque voyage. Cette commission est datée du 5 mars 1 49 5 ? moins de deux ans après le retour de Christophe Colomb en Europe ' '5 mais Cabot ( c'est le nom qu'il prit en Angleterre, et sous lequel il est le plus connu ) ne partit M97 Mai. qu'environ deux ans après. Il s'embarqua à Bristol, avec son second fils Sébastien , à bord d'un vaisseau fourni par le roi, et fut accompagné de quatre petits bâtiments armés par les négociants de cette ville \ Cabot dé- Comme dans ce siècle les plus habiles navigateurs couvre Terre- formés à l'école de Colomb, ou encouragés par son
Neuve et na- . 7 1 • 1* 1 1
vigue le long exemple , se laissaient guider par les idées de leur des côtes de la maître et de leur modèle dont ils admiraient les
Virginie. , . ,, , . n ,
connaissances supérieures et 1 expérience , Cabot avait adopté le système de ce grand homme sur la possibilité de trouver un passage nouveau et plus court aux Indes orientales , en naviguant à l'ouest. Une autre opinion de Colomb, sur les îles qu'il venait de découvrir, était universellement reçue ; on
(i)Hackluyt,III, 4.
(2) Le cardinal Zurla (Di Marco Polo e degli altriviaggiatorivenezianî) prétend que Jean et Sébastien Cabotto (Cabot) découvrirent Terre-Neuve et le continent du Nouveau-Monde avant Colomb et Vespuce, et qu'ils coloyèrent le Labrador jusqu'à la Floride. Les savants ne partagent pas en général cette opinion, (D. L. R.)