‹ Histoire de l'Amérique (volume 5)Chapitre 63 sur 175 · LIVRE NEUVIÈME, l · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIÈME, l

voyage ne paraisse pas avoir été lucratif pour les armateurs, il étendit la sphère de la navigation anglaise, et ajouta au fonds des connaissances nautiques de la nation '. Trompés dans leurs espérances de profit, les négociants ne se découragèrent pas par ce premier essai ; ils envoyèrent successivement plusieurs vaisseaux de différents ports dans les mêmes parages, et semblent avoir établi dès lors, avec succès , un commerce interlope avec les colonies portugaises2; mais l'activité des Anglais ne se dirigea pas seulement vers les contrées de l'ouest; d'autres négociants portèrent leurs entreprises vers le Levant ; et , en établissant des relations avec différentes îles de l'Archipel et avec quelques-unes des villes de la côte de Syrie , ils trouvèrent un nouveau marché pour leurs étoffes de laine , seule industrie manufacturière que la nation eût jusque là commencé à exercer, et fournirent leurs compatriotes des productions variées de l'Orient, auparavant inconnues d'eux , ou qu'ils achetaient des Vénitiens à des prix exorbitants 3.

Mais la découverte d'un passage plus court aux Tentâmes

-. j • . i , ! , . infructueuses

Indes orientales, par le nord-ouest, était touiours ,.

~ * J pour decou

le projet favori de la nation , qui voyait avec envie vrir un pas les richesses immenses que le Portugal retirait de sase aux In~

1 f des orientales

son commerce avec ces régions; aussi ce plan fut-il par le nord-

repris deux fois sous le long règne de Henri VIII,

ouest.

(0 HacMuyt, in , 498. (2) Ibid. , ///, 700. (3) îbid. , II; 9G.

l36 HISTOIRE DE L'AMÉRIQUE.

1527 et 4 536 d'abord avec de légers secours du roi, et ensuite par des marchands particuliers. Les deux voyages furent sans succès et même eurent de funestes résultats. Dans le premier, un des vaisseaux se perdit; dans le second, la quantité de vivres avait été si mal proportionnée au nombre des hommes de l'équipage, qu'après six mois seulement de navigation , plusieurs périrent de faim , et que les survivants furent réduits à soutenir leur vie en se nourrissant des corps morts de leurs compagnons1. Sir Hugh L'activité de l'esprit de commerce ne se relâcha m ougi y g gous je r£ e ^'Edouard VI. La grande pêcherie

va a la recher- * D .

che d'un pas- sur les bancs de Terre-Neuve devint alors un objet sage par le d'attention, et nous voyons par quelques règlements

nord-est. , , ,, ,

de cette époque , pour 1 encouragement de cette branche de navigation et de commerce , qu'elle fut dès lors cultivée avec activité et avec succès 2 ; mais les Anglais s'attachaient de préférence au projet d'ouvrir une communication avec la Chine et les îles à épiceries par une autre route que celle dans laquelle il faut doubler le cap de Bonne-Espérance. Cabot, dont l'autorité était justement respectable en tout ce qui était relatif à une entreprise maritime, pressait vivement les Anglais de faire une nouvelle tentative pour trouver ce passage. Comme on avait échoué^ trois fois en le cherchant par le

(i) Hackluyt, I, 2i3, etc. ; III, 129, i3o. {i)Ibid., UT, i3î.

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