LIVRE NEUVIÈME. I
après avoir recueilli beaucoup de renseignements sur l'état de ces régions éloignées de l'est \
Les succès de la compagnie des marchands aven- Expédition
turiers excitèrent leurs compatriotes à porter leur * .
1 l in que
activité à de nouvelles entreprises. Uu commerce que les Anglais n'avaient pas tenté jusque là, s'ouvrit avec la cote de Barbarie; la connaissance qu'on acquit par ce premier essai des productions précieuses qu'on pouvait tirer de l'Afrique excita quelques navigateurs entreprenants à visiter les contrées les plus éloignées de cette partie du monde , ils naviguèrent tout le long de la cote occidentale , commercèrent avec plusieurs ports situés aux deux cotés de la ligne, et, après avoir acquis des renseignements étendus sur ces contrées , ils rapportèrent en Angleterre de la poudre d'or , de l'ivoire et d'autres marchandises précieuses peu connues des Anglais à cette époque. Ce commerce' avec l'Afrique semble avoir été suivi avec activité, et il était alors aussi innocent que lucratif; car les Anglais, n'ayant pas encore besoin d'esclaves , le firent pendant plusieurs années sans violer les droits de l'humanité : telle fut l'étendue de leurs progrès durant un temps où leur navigation et leur commerce peuvent être regardés comme encore dans l'enfance. Tout faibles que ces progrès peuvent nous paraître à présent, nous les décrivons avec un vif intérêt, et nous
(r) Hackluyt, I, 3io, etc.
à la côte d'A-
ll\1 HISTOIRE DE L'AMÉRIQUE.
jetons nos regards en arrière avec satisfaction sur les premiers essais de cette activité nationale que nous voyons se déployer aujourd'hui dans toute sa maturité et toute sa force. Jusque dans ces premiers efforts de la nation , un observateur intelligent peut voir le présage de ses futurs progrès ; cette activité ne fut pas plus tôt mise en mouvement qu'elle prit diverses directions , et se déploya dans chacune avec cette industrie persévérante qui est l'ame et le guide du commerce. Ne se laissant décourager ni par les peines et les dangers auxquels on était exposé dans ces mers septentrionales qu'ils essayaient d'explorer pour la première fois , ni par l'insalubrité des climats de la zone torride ; les Anglais, sous les règnes de Henri VIII 7 d'Edouard VI et de Marie , s'ouvrirent quelques-unes des sources les plus fécondes de leur opulence commerciale et commencèrent à entretenir des relations lucratives avec la Turquie , l'Afrique ? la Russie et Terre- Neuve.
Règne d'É- A l'avènement d'Elisabeth au trône, les progrès lisabeth favo- ,ayait dëja g^ i»Angieterre dans la navigation
rable aux de- 1 J • 1 •
couvertes. et le commerce lui en préparaient et lui en assuraient de nouveaux. A cette époque commence une période infiniment favorable à l'esprit qui s'élevait dans la nation. La tranquillité intérieure maintenue presque sans interruption durant le cours d'un règne long et prospère; la paix avec les nations étran-