‹ Histoire de l'Amérique (volume 5)Chapitre 68 sur 175 · LIVRE NEUVIÈME. I · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIÈME. I

sage par le nord-est ayant échoué, il se forma an taiives pour nouveau plan sous la protection du comte de War- uvnr r ^ wick, le chef de la famille entreprenante desDudley. nord-ouest. On résolut de prendre une route toute différente, celle du nord-ouest. La conduite de l'entreprise 4576, 4577 fut confiée à Martin Frobisher, officier expérimenté et y|578et de réputation. Dans trois voyages successifs, il visita la cote inhospitalière du Labrador et celle du Groenland (auquel Elisabeth donna le nom de Meta incognito), sans trouver rien qui pût lui faire croire à la possibilité du passage qu'il cherchait1. Ce mauvais succès fut très vivement ressenti par la nation , et aurait amorti l'esprit d'entreprise parmi les Anglais, s'il n'eût pris une nouvelle vigueur à la suite de l'heureuse expédition de François Drake , qui causa une satisfaction universelle. Ce hardi navi- Sir François gateur , émule de Magellan , voulant obtenir la Drake fait Ie

D tour du mon-

même gloire en faisant comme lui le tour du globe, de. entreprit ce même voyage que toute l'Europe admirait depuis soixante ans , sans que personne se fût hasardé à suivre les traces du navigateur portugais2. Drake l'osa avec une flottille dont le plus grand navire n'était pas de plus de cent tonneaux ,

(1) Voyez la noie 56.

(2) Magellan, né en Portugal, était au service d'Espagne lorsqu'il fît le premier voyage autour du monde. Il montait le vaisseau la Trinidad, appartenant à celte puissance , et dont tous les matelots étaient Espagnols ; c'est donc avec raison que l'Espagne le compte au nombre de ses navigateurs. (D. L. R.)

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et l'exécuta aussi glorieusement pour lui que pour son pays; mais, même dans ce voyage entrepris avec d'autres vues. Drake ne négligea pas l'objet favori de ses compatriotes, la découverte d'une nouvelle route aux Indes orientales. Avant de quitter l'Océan Pacifique pour revenir par les Philippines, il rangea toute la cote de la Californie, remontant jusqu'à la latitude nord de quarante-deux degrés, dans l'espérance de découvrir par ce coté une communication entre les deux mers qu'on avait cherchée si souvent en vain par l'autre. Ce fut la seule tentative de Drake qui n'eut point de succès. La rigueur excessive du froid, intolérable pour des hommes qui venaient d'éprouver les chaleurs des climats voisins des tropiques , l'arrêta dans sa route vers le nord ; et c'est un problème de géographie encore indécis , que de savoir s'il existe un passage de la mer Pacifique à l'Océan Atlantique par ce côté '.

Enthousias- Depuis cette époque , il n'y eut plus d'entreprise me de la na- maritime que les Anglais ne crussent possible à leur

tion anglaise .. , , , , . ,

pour les dé- courage et a leur habileté. Ils s étaient portes des couvertes. ]ors dans toutes les mers connues par les navigateurs de ce siècle, et ils étaient devenus les rivaux des Portugais, la nation la plus célèbre alors par ses brillants succès et la plus renommée dans l'art de la navigation. Mais, après avoir acquis la con-

(i) Hackluyt, III , <Uo. Camd. Ann. 3oi , etc. Voyez la noie 57.

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