LIVRE NEUVIÈME
laites dans une partie, aujourd'hui connue sous le nom de Caroline du nord , la province de l'Amérique la plus destituée de ports et de havres commodes. Ils touchèrent d'abord à une île qu'ils appelèrent Wokokon (probablement Ocakoke), située à l'entrée du détroit de Pamplicœ, et ensuite à Raonoke près de l'entrée du détroit d'Albemarle. Dans l'une et l'autre de ces îles, ils eurent quelques entrevues avec les naturels, qu'ils reconnurent pour un peuple sauvage ayant tous les caractères qui accompagnent le défaut de civilisation , la bravoure, l'horreur pour le travail, l'hospitalité, un extrême penchant à l'étonnement et à l'admiration? et le désir d'échanger leurs productions grossières contre les marchandises anglaises , et particulièrement contre du fer , et les autres métaux utiles dont ils étaient privés. Après avoir passé quelques semaines avec ces insulaires, et visité quelques parties du continent voisin, Amadas et Barlow retournèrent en Angleterre, emmenant avec eux deux Septemb. i5. de ces sauvages , et firent des descriptions si séduisantes de la beauté des pays qu'ils venaient de découvrir, de la fertilité du sol et de la douceur du climat , qu'Elisabeth , flattée de l'idée d'occuper un territoire si supérieur aux stériles régions du nord, les seules qu'eussent encore visitées ses sujets, donna à ce nouveau pays le nom de Virginie , comme pour rappeler à la postérité que cette heu-
I 54 HISTOIRE DE l' AMÉRIQUE.
reusc découverte avait été faite sous le règne et les
auspices d'une reine qui avait gardé sa virginité \
Colonie éta- Le rapport des deux capitaines encouragea Ra-
blie en Y îrgi- j n ^ hâtgr ses préparatifs pour prendre possession
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chard Green- d'une propriété si agréable. Il équipa une escadre ville. je sept pgtits navires, sous le commandement de
Richard Greenville , homme de naissance et d'une bravoure distinguée dans un temps où la bravoure était commune ; mais l'esprit de piraterie avec lequel les Anglais faisaient la guerre à l'Espagne vint se mêler au projet du nouvel établissement; et, déterminé par ce motif autant que par l'ignorance où il était d'une route plus directe et plus courte au continent de l'Amérique , Greenville se dirigea vers , les îles. Il perdit là beaucoup de temps à croiser et à faire quelques prises ; de sorte qu'il n'arriva à la côte qu'il cherchait qu'à la fin de juin. Il toucha d'abord aux îles où Amadas et Barlow étaient descendus ? et fît quelques excursions en différentes parties du continent, aux environs des détroits de Pamplicœ et d'Albemarle ; mais , comme malheureusement il n'avança pas assez dans le nord pour découvrir la belle baie de Chesapeak , il établit sa 25 août, colonie sur l'île de Raonoke, station incommode, dans un lieu presque inhabité, et sans un port où l'on pût être en sûreté 2.
(i) Hackluyt, III, 246.
(2) Ibid.,, III y s5i.