‹ Histoire de l'Amérique (volume 5)Chapitre 74 sur 175 · LIVRE NEUVIÈME. I · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIÈME. I

La colonie consistait seulement en cent quatre- 8e voyant vingts personnes, sous les ordres du capitaine Lane, e? , a"8?r e

. périr de fami-

assisté de quelques hommes recommandablcs , dont ne, les colons le plus distingué était Hariot, bon mathématicien. relournenten

A. n n\ g le r ro

Leur principale occupation, durant neuf mois de séjour, fut d'acquérir une connaissance plus étendue du pays , et leurs recherches furent suivies avec un plus grand courage et poussées plus loin qu'on ne pouvait l'attendre d'une colonie si faible et si désavantageusement placée. Mais le désir impatient que nourrissent des aventuriers sans fortune de s'enrichir en peu de temps, qui avait donné déjà une fausse direction à la politique de l'Espagne dans ses établissements ? égarait aussi les Anglais , qui , pour la plupart, ne voyaient, comme digne de leur attention et de leurs recherches , que les mines d'or et d'argent. Ils les cherchaient partout où ils abordaient, avec une infatigable activité. Les sauvages reconnurent bientôt l'objet principal de l'ardeur de leurs nouveaux hôtes, et ils les amusèrent artificieusement de tant de contes sur les perles qu'on pouvait pêcher dans leurs mers , et sur les métaux précieux qu'on trouvait dans leurs mines, que Lane et ses compagnons perdirent tout leur temps et toute leur activité dans la poursuite de ces richesses chimériques, au lieu de cultiver le sol, pour en tirer des productions nécessaires à leur subsistance. Lorsqu'ils eurent reconnu la tromperie des Indiens , ils

en furent si irrités, que, des plaintes et des repro- 4 586 ches , ils en vinrent à des hostilités ouvertes. Dès lors les provisions qu'ils étaient accoutumés à recevoir des sauvages leur manquèrent; et comme ils n'avaient pris aucune précaution , ils se trouvèrent au dépourvu. Ralegh , engagé dans une entreprise trop coûteuse pour sa modique fortune, ne put pas envoyer le supplément de provisions que Greenville leur avait promis pour l'entrée du printemps. Réduits à la plus grande détresse et près de périr de faim, ils étaient sur le point de se disperser 1er juin, dans le pays, pour aller chacun chercher à vivre comme il pourrait, lorsque sir François Drake parut avec sa flotte, revenant d'une expédition heureuse contre les Espagnols dans les Indes occidentales. Au moment de délivrer à Lane et à ses compagnons les secours qui leur étaient nécessaires pour subsister , une tempête brisa un petit vaisseau qu'il avait chargé de ces provisions; et, comme il était dans l'impuissance de leur en fournir d'autres , et que les malheureux étaient excédés par la fatigue et par la M)Juin- faim, à leur sollicitation il les reçut et les ramena

en Angleterre '.

Connaissan- C'est sous ces malheureux auspices que commenquise par cette c^rent ^es établissements anglais dans le Nouveauexpédition. Monde. Cette dernière tentative, après avoir donné les plus flatteuses espérances, ne produisit d'autre

(i)Hackluyt, III, 255. Camb. Ann. 38 7.

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