LIVRE NEUVIÈME. I
L'abondance fut aussitôt rétablie; une centaine Secours ar-
, ... , rives à propos
de nouveaux planteurs se joignirent aux restes des j» Angleterre premiers , et ils eurent un fonds très ample de toutes les provisions nécessaires pour défricher et cultiver le terrain qu'on leur avait donné; mais un malheureux incident vint détourner leur attention et leurs travaux de la seule occupation qui pût améliorer leur situation. Dans un ruisseau coulant d'un banc de sable au voisinage de Jaines-Town ils trouvèrent un sédiment d'une substance minérale brillante qui avait quelque ressemblance avec de l'or. Dans un Les co]ons siècle où l'on regardait les métaux précieux comme sont trompés la seule richesse parmi les productions du Nouveau- r s fppa.
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Monde, où l'on supposait que chaque montagne nés d'or, contenait un trésor, et où l'on cherchait un sable d'or dans chaque rivière , cette indication fut regardée comme une preuve certaine de la présence d'une mine d'or. Tous les bras furent occupés à fouiller, et l'on amassa une grande quantité de cette poudre brillante. Un prétendu artiste de la troupe aussi ignorant que ses compagnons étaient crédules, prononça d'après quelques essais que la mine était très riche. Il n'y eut plus alors, dit Smith, dans toute la troupe, d'autre discours, d'autre espoir, d'autre travail, que de tirer l'or de la mine, de laver la mine d'or, d'affiner l'or. Le vaisseau qui retournait en Angleterre fut chargé de cette richesse imaginaire, tandis que la culture de la terre
l8o HISTOIRE DE l'aMÉRTQUE.
et toute occupation utile furent entièrement négligées.
Smith entre- Les effets de cette funeste illusion se firent pr?° e pe~ promptement sentir. Malgré l'activité prévoyante avant dans le de Smith , qui avait tiré des sauvages quelques pays. grains , soit par force , soit par la voie de l'échange,
la colonie commença à souffrir comme auparavant de la disette , et fut attaquée des mêmes maladies. Dans l'espoir de trouver quelques ressources , Smith propo'sa d'étendre les recherches et les excursions au-delà des pays voisins de la rivière James , d'ouvrir un commerce avec les tribus plus éloignées, et de reconnaître l'état de leur culture et de leur population. Il se chargea de conduire lui-même cette expédition hasardeuse dansun petit bateau découvert, avec une troupe peu nombreuse et une très faible quantité de provisions. Il commença par le cap Charles , et , en deux différentes excursions qui l'occupèrent environ quatre mois , il s'avança jusqu'à la rivière Susquehannah , qui a son embouchure dans le fond de la baie. Il visita tous les pays situés sur les rivages de l'est et de l'ouest ; il entra dans les anses les plus considérables ; il remonta plusieurs grandes rivières jusqu'à leurs cataractes; il commerça avec quelques tribus , et en combattit d'autres; il observa la nature du sol qu'elles occupaient, leur manière de subsister , les singularités de leurs mœurs et de leurs usages , et laissa parmi toutes