LIVRE NEUVIÈME. l8l
une grande admiration de la bienfaisance ou de la valeur des Anglais. Après avoir ainsi parcouru environ trois mille milles dans un mauvais bateau très mal approprié à une si longue navigation ; après avoir supporté les fatigues et les dangers avec un courage et une patience qui égalent tout ce qu'on a dit des aventuriers espagnols dans leurs entreprises les plus hardies , il revint à James-Town , apportant avec lui une description de cette grande portion du continent américain comprise sous les deux noms de Virginie et de Maryland ■ , si exacte et si complète , qu'après les recherches d'un siècle et demi , sa carte ne diffère guère de celles que nous avons aujourd'hui de ces deux pays, et qu'elle a été l'original de toutes les descriptions qu'on en a faites depuis \
Mais , quelque agréable que fût la perspective des avantages que promettait un pays formé par la nature pour être le centre d'un immense commerce, il ne fournissait aucun secours aux besoins présents des colons; la colonie dépendait toujours en grande partie , pour sa subsistance , des naturels du pays , et les Européens , après tous les efforts de leur industrie, avaient à peine défriché et mis en état de culture trente acres de terrain 5. Cependant, par les soins de Smith, les magasins des An-
(i) Smith's Travels , p. 65. (2) Slith. , p. 85.