LIVRE NEUVIÈME. l
mettre leurs ordres a exécution '. En conséquence de ces concessions nouvelles, la compagnie ayant acquis un pouvoir plus étendu de régler et conduire ses propres affaires, le nombre des actionnaires s'accrut, et parmi eux se placèrent les noms les plus respectables de la nation.
Le premier acte du nouveau conseil fut de nom- Lord Deiamer lord Delaware gouverneur et capitaine général ware esl ait
#° * ° gouverneur.
de la colonie de Virginie. Ce titre, tout pompeux qu'il était , ne pouvait pas toucher beaucoup un homme de son rang. Il avait suivi les progrès de l'établissement , et il connaissait assez la difficulté qu'on trouve à élever une colonie , pour attendre autre chose que beaucoup de travaux et d'inquiétudes de l'emploi délicat dont il se chargeait , et dont il voulait remplir les devoirs ; mais , par zèle pour le succès d'une entreprise qu'il regardait comme infiniment avantageuse à son pays, il se détermina à quitter toutes les jouissances que lui donnaient dans sa patrie son rang et sa fortune, et à entreprendre un long voyage pour aller s'établir dans des contrées dépourvues de toutes les commodités de la vie auxquelles il était accoutumé, et ou il prévoyait bien que le trouble et les dangers l'attendaient. Mais , comme il ne pouvait pas quitter im~ Gates et médiatement l'Angleterre , le conseil envoya sir Summers Thomas Gates et sir Georges Summers , le pre- mandanls (i)Stith., App. S.
I 84 HISTOIRE DE l'aMERIQUE.
jusqu'à l'ar- mier en qualité de lieutenant - général ? et le semée e or con(j comme amiral, avec neuf vaisseaux et cincr
Delaware. ...
cents planteurs. Ces deux grands dignitaires partirent munis de commissions , par lesquelles ils furent autorisés à suspendre la juridiction du conseil établi, à proclamer gouverneur lord Delaware, et à prendre en main la conduite de toutes les affaires jusqu'à son arrivée.
Un de leurs Un ouragan sépara du reste de la flotte le vaisvaisseaux geau • pQrtait Gates etSummers, et le jeta sur la
échoue sur la l * m %
côte des Ber- côte des Bermudes , où il échoua; les autres arrimudes. vèrent heureusement à James-Town ? mais sans sa-
voir quel avait été le sort de leurs commandants. On supposa que leur commission 7 pour l'établissement d'un nouveau gouvernement, avait été perdue avec eux ? ainsi que les autres papiers et instructions donnés par le nouveau conseil de Londres. La forme du gouvernement actuel de la colonie fut cependant censée abolie , en même temps qu'on ne pouvait produire aucun acte authentique pour en établir une nouvelle. Smith n'était pas malheureusement en état , dans cette circonstance , de défendre ses propres droits, ni d'agir avec sa vigueur accoutumée. Il avait été tellement brûlé et mutilé par une explosion accidentelle de poudre à canon , qu'il était incapable de se mouvoir et dans la nécessité de se laisser conduire par ses amis. Ils le firent embarquer sur un des vaisseaux qui retournaient en