LIVRE NEUVIÈME l
Angleterre, où il espérait se faire traiter mieux qu'il ne pouvait l'être en Virginie ' .
Après son départ , tout tendit rapidement à la Anarchie plus horrible anarchie. L'esprit de faction et de .
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mécontentement s'était si bien établi parmi les premiers colons qu'ils pouvaient difficilement être contenus. Les nouveaux venus n'étaient pas plus faciles à gouverner. Plusieurs d'entre eux étaient des enfants de famille dérangés, que leurs parents avaient été bien aises d'envoyer chercher fortune en une terre étrangère et éloignée. Ceux d'un état inférieur étaient pour la plupart de mauvais sujets, que leur patrie était heureuse de rejeter de son sein comme une peste de la société; de telles gens étaient peu capables de la subordination, de l'économie sévère , de l'industrie persévérante que demandait leur situation. Les Indiens, observant leur mauvaise conduite et leur négligence à pourvoir à leur sûreté et à leur subsistance pour l'avenir , non-seulement cessèrent de leur porter les provisions- qu'ils étaient accoutumés à leur fournir, mais commencèrent à les harasser par des hostilités continuelles. Les colons n'avaient de subsistances que celles La colonie qui avaient été apportées d'Angleterre dans les est forl ré~
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derniers vaisseaux , et qui furent bientôt consom- famine> mées ; alors ils se nourrirent des animaux utiles et
(i)Purchas, IV, r734 , etc. Smilh's Travels , p, 89. Slith. , p. 102 , etc.
l86 HISTOIRE DE L'AMÉRIQUE.
domestiques qu'on leur avait envoyés pour faire race dans le pays; et, par cette consommation irréfléchie, ils furent bientôt réduits à un tel état de détresse, qu'ils se virent contraints de manger, nonseulement les racines et les baies les plus nauséabondes et les plus malsaines , mais à se nourrir de la chair des Indiens qu'ils tuaient, et même des corps de leurs compagnons qui succombaient à tant de misère. En moins de six mois, de cinq cents personnes que Smith avait laissées en Virginie, il n'en resta que soixante, si faibles et si exténuées qu'elles n'eussent pas vécu dix jours s'il ne leur était pas arrivé un secours d'un côté d'où elles étaient bien éloignées d'en attendre aucun \ Gates et Quand Gates et Summers furent jetés sur la cote Summers ar- jes Bermudes, il ne périt pas heureusement un
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Be mudes s homme de leur vaisseau échoue. Ils sauvèrent même une grande quantité d'effets et de provisions de bouche; et, dans cette contrée délicieuse où la nature bienfaisante prodigue à l'homme ses dons les plus variés, ces cent cinquante naufragés purent subsister dans l'abondance dix mois entiers sur une île inhabitée. Impatients pourtant de sortir d'un lieu où ils étaient privés de toute communication avec le reste du genre humain , ils se mirent à construire deux barques avec les outils et les matériaux qu'ils avaient; et, par des efforts étonnants d'adresse
(i)StUh.,p. nG. Purchas,IV, 1748.