LIVRE NEUVIÈME
et de persévérance , ils en vinrent à bout. Ils s'y embarquèrent, et se dirigèrent directement vers la Virginie , dans l'espoir d'y trouver d'amples consolations de toutes leurs peines , dans les embrassements de leurs compagnons, et au sein de l'abondance qu'ils se promettaient d'une colonie florissante.
Après une navigation plus beureuse qu'ils ne pouvaient l'espérer dans leurs mauvais bâtiments , ils débarquèrent à James-Town. Mais, au lieu de l'entrevue agréable qu'ils s'étaient promise, ils ne trouvèrent qu'un spectacle qui les frappa d'horreur , les misérables restes de leurs compatriotes lis trouvent exténués par la maladie et la faim, abattus par le lacolomedans
, , . . A ,y une extrême
désespoir , et ressemblant a des spectres plutôt qu a détresse. des hommes. Gates et Summers, dans la pleine confiance qu'ils trouveraient en Virginie des provisions de bouche en abondance , n'avaient apporté avec eux que ce qu'ils avaient jugé nécessaire pour leur trajet; leur impuissance à secourir leurs malheureux compatriotes ajoutait à l'angoisse avec laquelle ils voyaient cette triste scène. Il ne leur restait rien à faire que d'abandonner sur-le-champ un pays où il leur était impossible de subsister plus long-temps ; et , quoique tout ce qu'ils purent trouver dans les magasins de la colonie, joint à ce qu'ils avaient apporté des Bermudes, ne leur fournît de vivres que pour seize jours, en se réduisant à la
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plus faible ration, ils s'embarquèrent dans l'espérance de pouvoir atteindre Terre-Neuve , où ils se flattaient d'être secourus par leurs compatriotes employés à la pêche dans cette saison de l'année'. llsrepar- Mais ce n'était pas la volonté du ciel que tous tent pour jes efforts des Anglais pour établir cette colonie,
l'Angleterre . ,,*.''
lorsqu'ils sont ainsi que l'espoir des avantages qui en devaient retenus par revenir un jour , fussent perdus sans retour. Avant
l'arrivée de .
lord Delà- (îue Gates et les tristes compagnons de son înforware- tune eussent atteint l'embouchure de la rivière Ja-
mes, ils virent arriver à eux, dans la baie, trois vaisseaux amenant lord Delaware , et portant avec eux une grande quantité de provisions de toute espèce, avec un nombre considérable de nouveaux colons, et toutes les choses nécessaires pour la défense de la colonie et la culture du sol. Les exhortations et l'autorité de lord Delaware les ramenèrent à James-Town, où ils retrouvèrent leur fort, leurs magasins, leurs maisons, auxquels sir Thomas Gates , par un heureux mouvement , n'avait pas voulu qu'on mît le feu en partant. Une société si faible, si désorganisée, demandait, pour se conserver et se rétablir, les secours d'une main habile à la fois Sa«e admi- et délicate. Elle les trouva dans lord Delaware ; il
nistration de rechercha les causes des malheurs passés , et les délord Delawa-
re- (r) Il y a une relation détaillée et curieuse du naufrage de Smith et
de Summers , et de leur séjour dans les Bermudes , écrite par Slracliy y qui était de l'expédition , et publiée par Purchas , IV, 1734.