LIVRE NEUVIÈME. lt
stipulée de maïs \ Un événement que les premiers historiens de la Virginie rapportent avee une grande satisfaction avait préparé la voie à cette union des deux nations. Pocahuntas, cette fille bien aimée du grand chef Powhatan , à l'intercession de laquelle le capitaine Smith avait dû la vie , avait conservé son attachement pour les Anglais; et, comme elle les allait visiter souvent, et qu'elle en était toujours reçue avec une tendre et respectueuse hospitalité, son admiration pour leurs arts et leurs mœurs continuait de s'accroître. Pendant ce commerce, sa beauté, qu'on nous donne comme fort supérieure à celle de ses compagnes, fit une telle impression sur le cœur d'un jeune Anglais appelé M. Rolfe, et considéré dans la colonie , qu'il sollicita sa main avec beaucoup de chaleur. Avec des mœurs simples, un homme épris n'est pas obligé de faire sa cour long-temps; et des formes cérémonieuses n'empêchent pas le cœur de déclarer ses sentiments. Pocahuntas donna son consentement tout de suite; Rolfe épouse Dale encouragea cette union, et Powhatan ne la . .. ,.
° cher indien,
désapprouva pas. Le mariage fut célébré avec une pompe extraordinaire ; et depuis cette époque une liaison étroite et amicale subsista entre la colonie et toutes les tribus soumises à Powhatan, ou qui redoutaient son pouvoir2. Rolfe et sa princesse, car
(i)HamerSolidanarratio, apud deBry. parsX,p. 33. Stith., p. i3o. (2) Voyez la note 59.
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c'est le nom que les historiens du dernier siècle lui donnent toujours, se rendirent en Angleterre, où Pocaliuntas fut reçue par Jacques et par la reine avec les égards dus à sa naissance. Après avoir été instruite avec soin dans la religion chrétienne, elle fut baptisée publiquement; et, retournée en Amérique, elle y mourut peu d'années après, laissant un fils, auquel beaucoup de familles respectables de Virginie reportent leur origine, en se glorifiant de descendre de la race des anciens chefs du pays '. Mais, quoique les heureux effets de cette alliance pour la colonie fussent sensibles , aucun des compatriotes de Rolfe n'imita son exemple en se mariant avec des femmes indiennes. De tous les Européens établis en Amérique , les Anglais sont ceux qui ont le moins employé ce moyen facile et naturel de se concilier les habitants; et, soit par cette réserve si marquée dans leur caractère national , soit défaut de cette facilité pliante de mœurs qui s'accommode à chaque situation , ils ont eu plus d'éloignement que les Français , les Portugais , et même que les Espagnols , pour s'allier et s'incorporer avec les nations américaines. Les naturels, désirant de telles unions, offraient inutilement leurs filles en mariage à leurs nouveaux hôtes, et imputaient le refus à l'orgueil des Anglais et au mépris que ceux-
(i) Hamer Solida narratio , apud de Bry , pars X, p. 2 3. Stilh. , p. 129, 146. Smith 's Travels, p. 11 3, tai.