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ci faisaient des Indiens , qu'ils regardaient comme des êtres d'une espèce inférieure'.
Pendant que la colonie jouissait de la tranquillité Les terres , que lui avait procurée le traite avec rowha tan, un . . s '
. deviennent
changement important y eut lieu. Jusque là aucun une propriété des colons n'avait eu la propriété individuelle d'une ,,ullvldueUe, portion de terrain. Les terrains , nettoyés des bois qui les couvraient, avaient été cultivés parles travaux réunis de tous les colons , et les récoltes portées dans des magasins communs, d'où l'on distribuait à chaque famille ce qu'il lui fallait pour sa subsistance , selon le nombre de personnes et leurs divers besoins. Une société ainsi privée du premier avantage résultant de l'union sociale , la propriété individuelle du sol, ne pouvait prospérer. L'industrie que ne stimule pas l'intérêt de la propriété acquise par ses propres efforts ne déploie aucune vigueur; l'esprit destitué de ce mobile ne se porte à aucun projet, ni la main à aucun travail. Le paresseux et l'imprévoyant comptent uniquement sur ce que fournira le fonds commun , et l'homme raisonnable et laborieux lui-même se relâche dans un travail dont il voit que d'autres recueilleront le fruit. On a calculé que le travail commun de toute la colonie n'exécutait pas autant d'ouvrage en une semaine qu'il en eût résulté en un jour du travail des mêmes individus occupés cha-
(i) Beverley's Hist. of Virg. , p. 25.
ic/) HISTOIRE DE l' AMÉRIQUE.
cun pour leur propre compte. Pour faire cesser ce mal, sir Thomas Dale partagea une grande étendue de terres en portions qui furent données à chaque individu en pleine et entière propriété. De ce moment , l'industrie , ayant la perspective d'une récompense sûre de son travail , prit une grande activité et fit de rapides progrès. Les productions de première nécessité furent cultivées avec tant d'ardeur, que la subsistance de la colonie fut dès lors assurée , et qu'on y forma des projets d'amélioration ultérieure, qui ont amené depuis son opulence et sa prospérité1.
Culture du L'industrie , qui commençait à s'animer parmi tabac intro- \es planteurs , se porta bientôt vers une route nouvelle, dans laquelle ils marchèrent quelque temps avec une ardeur si inconsidérée qu'elle produisit de funestes conséquences. La culture du tabac, qui est devenue depuis le grand objet du commerce de la Virginie et la source de sa richesse , y fut introduite vers ce temps-là. Comme la passion pour l'usage de cette plante continuait de se répandre en Angleterre , malgré les déclamations violentes de Jacques Ier, le tabac importé de Virginie devint une marchandise d'un débit sûr, et donnant un grand profit , quoiqu'il fût assez inférieur en qualité à celui que les Espagnols tiraient de leurs îles des Indes occidentales, pour ne se vendre que trois shelings
(i) Smilh's Travels, p. r 1 4 . Stith.,p. x3r.
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la livre , tandis que le tabac espagnol se vendait dixhuit. Séduits par la perspective d'un profit prompt Conséquent et certain , les colons négligèrent bientôt tous les ces fôcneuses
. vi a de ce chan-
autres genres d'industrie. La terre qu il eût fallu gement. réserver pour s'assurer des vivres j et jusqu'aux rues de James-Town , furent plantées en tabac. On fit quelques règlements contre cet abus ; mais les colons, entraînés par l'appât d'un profit présent, furent sourds à tous les conseils, et se jouèrent de toutes les défenses. Les subsistances commencèrent à leur manquer tellement qu'ils furent forcés de recourir de nouveau à celles des Indiens. Ceux-ci, voyant recommencer les exactions , reprirent leur première aversion pour les Anglais avec un surcroît d'animosité, et commencèrent à former des projets de vengeance avec le secret que les Américains savent si bien garder '.
Cependant la colonie , nonobstant cette faute dans la conduite de sa culture , et pendant qu'un orage se formait sur sa tête , continuait de présenter l'aspect le plus prospère : elle voyait augmenter le nombre de ses habitants par des émigrations nouvelles de la métropole. La quantité de tabac exportée devenait chaque année plus considérable, et plusieurs des colons se trouvaient non-seulement dans l'aisance, mais dans un état voisin de l'opu-
(1) Stith., p. 140, 147, 164, 168. Smith, p. 140. Purchas, VI,
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lence'. Deux événements arrivés presque dans le même temps contribuèrent à y accroître beaucoup la population et l'industrie. Comme un petit nombre de femmes s'étaient jusqu'à présent hasardées à braver les peines et les fatigues inévitables pour ceux qui s'établissent dans un pays encore sauvage et inconnu , la plupart des colons , vivant solitaires , ne se regardaient que comme passagers sur une terre à laquelle ils ne tenaient pas par les liens do famille, par une femme et des enfants. Pour les porter à s'y établir plus solidement, la compagnie pro- Jeunes fita de la tranquillité apparente de la colonie pour y tilles amenées enV0yer un nombre considérable déjeunes personnes
<i' Angleterre
en ViHnie. Prises dans les familles du peuple , mais de bonnes mœurs , et encouragea les planteurs, par des primes et d'autres avantages, à les épouser \ Ces nouvelles compagnes furent reçues avec tant de tendresse, et plusieurs d'entre elles si promptement et si bien établies, que d'autres furent excitées à suivre leur exemple, et que, par degrés, des aventuriers insouciants devenus des citoyens vertueux et des pères de famille prévoyants, prirent un vif intérêt à la prospérité d'un pays qu'ils considéraient maintenant comme leur propre patrie.
Le second événement favorable au progrès de la colonie, et qui lui fournit des moyens d'étendre ses
(1) Smith, p. i3g.
(2) Stilh. , p. t66, 197.