LIVRE NEUVIÈME. ^OJ
opposer son veto. Mais aucune loi , quoique approuvée par les trois membres de la législature , ne devait avoir de force et être mise a exécution avant d'avoir été ratifiée en Angleterre par un conseil général de la compagnie , et renvoyée scellée de son sceau ■ ; c'est ainsi que la constitution de la colonie fut fixée, et que les colons purent désormais se regarder non comme de simples serviteurs d'une compagnie de commerce, et dépendants de la volonté et des ordres de leurs supérieurs , mais comme des hommes libres et des citoyens.
L'effet naturel de ce changement heureux dans Aecroisseleur condition fut l'accroissement de leur industrie. , t .
dustrie.
Le produit des plantations de tabac en Virginie fournissait non-seulement à la consommation de la Grande-Bretagne ? mais même à quelques exportations à l'étranger 2. Pour le débit de cette denrée, la compagnie ouvrit un commerce direct avec la
(i) Slith., Appendix, p. 32, etc.
(2) C'est un objet digne de quelque curiosité que l'histoire des progrès de la consommation de cette denrée , qu'on ne peut regarder que comme un superflu. L'usage du tabac semble avoir été introduit en Angleterre vers l'an i586. Quelques gens de mer , même avant ce temps , pouvaient avoir pris ce goû' des Espagnols ; mais un usage qu'on puisse appeler national ne s'est pas établi avant l'époque que je viens d'assigner. Sur un taux moyen, pris sur les sept années antérieures à 1622, toute l'importation du tabac en Angleterre se montait , par an , à cent quaranle-deux mille quatre-vingt-cinq livres pesant. Stitli., p. 246. On voit par là avec quelle rapidité le goût s'en était répandu. Mais qu'est-ce que cette quantité , comparée avec ce qu'on en consomme aujourd'hui dans la Grande-Bretagne ?
Commerce Hollande , et forma des magasins à Middelbourg et
direct de la co- x , . -i • / î /
lonie avec la a rlessingue. Jacques et son conseil prive, alarmes
Hollande. de voir le commerce d'une marchandise, dont la
Le roi ac c|cmanc|e allait sans cesse croissant, se porter dans
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fense. un canal qui la détournait de la métropole où elle
aurait payé les droits considérables imposés à son importation, et augmenté d'autant le revenu public, firent les plus grands efforts pour arrêter cette innovation. On prit d'abord quelques moyens de conciliation qui apaisèrent la querelle pour le moment * ; mais c'est une chose remarquable que ce premier exemple d'opposition de sentiments entre la métropole et la colonie sur leurs droits respectifs. Celle-là prétendait que le commerce de la colonie devait être borné à la seule Angleterre, et que toutes ses productions devaient y être portées; et celle-ci alléguait au contraire, en faveur de la liberté de son commerce, non-seulement le droit général qu'a tout Anglais de porter ses marchandises au marché le plus avantageux pour lui, mais les concessions particulières contenues dans sa charte qui semblait lui accorder une liberté de commerce illimitée2; le temps d'une discussion plus entière de cette importante question n'était pas encore venu.
La colonie Mais , tandis que la colonie continuait de pren-
né^li^e les
(i) Le 19 juin 1620 , une proclamation mit des restrictions au commerce étendu du tabac, 17. Rymer 2 3'>. (D. L. R.) (2) Stith. , p. 200 , etc.