‹ Histoire de l'Amérique (volume 5)Chapitre 98 sur 175 · LIVRE NEUVIÈME. 2o · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIÈME. 2o

dre un accroissement si rapide, que les colons se dispersaient non-seulement en se répandant sur les bords de la rivière James et de la rivière d'York , mais commençaient à se porter jusqu'au Rappahannoc, et même jusqu'au Potowmack, les Anglais , se reposant sur leur nombre , et trompés par l'apparence de leur prospérité , s'abandonnaient à une entière et imprudente sécurité. Ils ne faisaient aucune attention aux mouvements des Indiens , et ne soupçonnaient pas leurs machinations ; et , quoique environnés d'une espèce d'hommes que l'expérience devait leur avoir fait connaître comme également dissimulés et vindicatifs, ils négligeaient toutes les précautions nécessaires à leur sûreté , dans une pareille situation , comme auraient pu faire les paisibles citoyens d'une société parfaitement établie. Ils avaient cessé d'être soldats, et n'étaient plus que citoyens, et si occupés de jouir de toutes les commodités et de tous les agréments de la vie, que tout exercice militaire était négligé comme inutile. Les Indiens, que les Anglais eux-mêmes employaient pour eux comme chasseurs , étaient munis d'armes a feu , et instruits à les manier avec beaucoup d'adresse. On leur permettait de fréquenter les habitations des anglais à toute heure, et ils y étaient reçus comme des hôtes bienveillants qu'on n'avait aucune raison de craindre. Cette imprudente sécurité mit les sauvages en état de préparer

précautions nécessaires à sa défense contre lea Indiens.

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l'exécution d'un plan de vengeance médité depuis long- temps avec la maturité et la réflexion qui leur sont propres. Ils avaient un chef capable de conduire leur entreprise avec habileté. A la mort de Massacre Powhatan , en 1 6 1 8 , Opechancanough lui succéda gênera es non seuiemenj- dans }es fonctions de wirowanée ,

Anglais concerté par les OU chef de sa propre tribu, mais dans son crédit

Indiens. étendu sur toutes les nations sauvages de la Virginie , qui a fait donner à l'un et à l'autre le nom d'empereur par quelques écrivains anglais. Selon la tradition des Indiens, il n'était pas natif de Virginie, mais de quelque pays éloigné vers le sudouest, et peut-être de quelque province de l'empire du Mexique ' ; mais il était remarquable par toutes les qualités que les sauvages estiment le plus. Un courage intrépide, une grande force et une grande agilité de corps, avec un esprit fin et rusé, le conduisirent bientôt au commandement et au pouvoir. Il paraît que c'est peu de temps après son élévation à la qualité de chef que fut résolu entre les Indiens un massacre général des Anglais; et, durant quatre ans entiers, les moyens de l'exécuter sûrement et avec facilité furent concertés avec un secret incroyable. Toutes les tribus voisines des établissements anglais furent successivement gagnées par les conspirateurs, excepté celles de la cote de l'est de la baie, à qui on cacha soigneusement tout ce qui pouvait trahir le

(r) Beverley, p. 5i.

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