‹ Histoire de l'AmériqueChapitre 14 sur 43 · LIVRE PREMIER. i · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. i

ses expéditions mercantiles en Asie pendant plus de vingt-six ans ; et dans cet espace de temps il s*avança dans les parties de Test, fort au delà des lieux où les autres voyageurs européens avaient pénétré ^vant lui. Au lieu de suivre la route de Carpini et de Rubruquis , le long des vastes déserts de la Tartarie, il passa par les principales villes commerçantes des parties les plus cultivées de TAsie, et arriva à Cambalu ou Pékin, capitale du grand royaume du Cathay ou de 4a Chine, soumise alors à la domination des successeurs de Gengis. Il fit plusieurs voyages sur la mer des Indes ; il trafiqua dans plusieurs des lies d*où Içs Européens recevaient depuis longtemps les épiceries et d'autres denrées dont ils faisaient le plus grand cas, quoiqu'ils ne connussent pas les lieux particuliers où croissaient ces précieuses productions ; il sq procura des informations sur différents pays qu'il ne put pas visiter lui-même , particulièrement sur l'ile de , Zipangri, qui est probablement le Japon *. A son retour, il ex-, cita l'admiration de ses contemporains par la description de ces vastes contrées, dont le nom était ignoré en Europe, et par les récits pompeux qu'il ftt^de leur fertilité^ de leur population, de leur opulence , de leurs diverses manufactures et de l'étendue de leur^commerce : récits qui surpassaient toutes les idées d'un peuple ignorant et grossier.

Environ un demi-siècle après, le chevalier John Mahdevillc, Anglais, encouragé par l'exemple de Marco Polo, voyagea en Orient [i322], parcourut la plupart des pays que celui-ci avait décrits, et comme lui publia à son retour la relation de ses voyages*. Les récits de ces premiers voyageurs sont pleins de , contes absurdes de monstres, de géants et d'enchanteurs '; mais cela même ne les rendait que plus intéressants pour 'un siècle ignorant où tout ce qui était merveilleux ne pouvait manquer de plaire. Les choses extraordinaires qu'ils racontaient, vraisemblablement sur des oùï-dire, frappaient d'admiration le vul- , ' \

* Viaçgi di Marco Polo.— ^im., Il, a.— B€|rgeron, tom. U. U ne peut maintenant exister aucun doute à cet ë^^Hrd d'après les reiatioiis de Ksmpfer, Martini, etc. (D. L.R.)

■ Voyages and Travels; by sir John Mandcvîlte.

^ Robcrtson n'aurait pas dû confondre Carpini, Ascetin, Rubniquis et Marco Polo avec MandcviUe. Ce dernier a copié des pages entières de la relation d'Odoric de Portenau, moine italien; il a mis à contribution la géographie d'iiayton, «t a trans'

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gaira^ tandis qua las faits qu*ite rapportaient diaprés leai^ prop^^ observations fiipiieni TaUention des hommes plus éclaii^s. Im pr^miâres circooibtances doivent être regardées comme lesfabl^ et les traditions populaires des pay sou ils passaient, et eljes ont été rajetées à mesura que les lumières sa sont répandues en Europa; mais quelque incroyables qu'eussent pu paraître dans le tenipis plusieurs des faits qu['ilsont rapportés, leurs récits ont été confirmés par, TautcNfité des voyageurs modarnes. Ces deux relatior^ tournerait la curiosité das bommes ve^ la çonoais^sance dap parties lointaines du globe, étendirent leurs idées, et non«^u« lemant les disposèrent insensiblement à tenter de nouvellaa découvertes , mais encore leur donneront de$ lumières at da$ moyens propres à les diriger dans le choix des routes qu'ils avaient k suivre.

Tandis que cet esprit de rcdiercbe se développait en Europe, il se fit une découverte heureuse qui contribua. plus que les efforts de Tindustria des siècles précédents à parfeçtiphner et 4^ étendre 1^ navigation. On observa la mervaiileusa propriété qu*a raJmant da communiquer ^ une légère verge de fer pu aiguille la vertu de Sle diriger constamment vers les pôles da la terre, On ne tarda pas à sentir l'usage qu'on pouvait en faire -pour régler la navigation, et Ton construisit cet instrument si utile et devenu si commun qu'on a appelé compas de marine ou boussole. Cette invention donnant aux navigateurs un moyen aussi sOr que facile de reconnaître dans toutes les saisons et dans tous les lieux le nord et le sud, ils ne furent plus réduits à se guider par la lumière des étoiles ou par l!observation (|es côtes maritimes. Ils abandonnèrent par degrés la méthoda lente et t<mide de côtoyer |e rivage; ils se lancèrent hardiment en plejpe mer, et, sur la foi de leur iv)uveau guide, naviguèrent au milieu de la nuit la plus sombre et dans le temps le plus nébuleux, avec une sécurité et une précision dont on n'avait

çrit 4es roorcçauv entier» des romane de chevalerie et des vieille^ chroniques du temps. Ses récits offrent des îles liabitées par des géants qui ont cinquante pieds de haut, des diables qui du haut des montagnes vomissent des flammes sur lespaiyvrés voyageurs, des agneaux engendrés 'paf des muions, ete., etc. C^rpini^ Ascelin, aubruquis al Marco polo au contraire n'ont retrapé que ce qu'ils ont vu eux-mêmes, et qa ne peut leur reprocher l$s contes absurdes qui %ç trouvent dans l'ouvraçe d« Mandeville. (D, I,. R.)

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