LIVRE PREMIËK
entreprises de quelques négociants pour leur commerce particulier, lesquelles attiraient si peu Tattention publique , qu*à peine en trouve-t-on quelques traces dans les écrivains de ce temps-là. Il si^it, pour une esquisse générale des progrès des découvertes, d'indiquer cet événement ; en le laissant au rang de ceux dont Texistence est douteuse ou Tinfluence peu importante, nous pouvons conclure que, quoique les voyageui*s qui ont visité p.ir terre les parties de l'Orient les plus éloignées aient rapporté beaucoup dé lumières àur ces pays, la navigation, au commencement du 'quinzième siècle, n'était pas plus avancée qu'avant la chute de remjsre romain.
Enfin arriva Tépoque fiaée par la Providence où les liommes devaient franchir les limites dans lesquelles ils avaient été si longtemps renfermés, et s'ouvrir un champ plus vaste pour y déployer leurs talents, leur courage et leur activité. Les pre* mières tentatives hnportantes qui se firent poer cet objet ne furent pas l'ouvrage des États les plus puissants de l'Europe ni de ceux qui avaient cultivé la navigation avec; le plus de constance et de succès. Là gloire de frayer la route dans cette nouvelle carrière, était réservée au Portugal, l'un des royaumes les moins étendus et les moins considérables de l'Europe. Comme les entreprises tentées par les Portugais pour acquérir la connaissance des parties du globe aloi*s inconnues au genre humain *, ont non-séulement étendu et perfectionné l'art de la navigation, maig ont encore excité un esprit de curiosité et de recherche qui a^^ncTuit à la découverte du Nouveau-Monde, dont je me propose d'écrire l'histoire, il ^st nécessaire de jeter un coup d'oeil mr Iq. naissance, les progrès et le succès dos différentes opérations navales de ce peuple. Ce fut à cette école que se forma l'homme qui découvrit l'Amérique; et, à moins ' qu'on ne suive tous les degrés pdr lesquels passèrent ses maîtres et ses guides, il sera impossible de comprendre les circonstances qui ont suggéré l'idée^u facilité l'exécution de ce grand dessein.
Différents motifs déterminèrent les Portugais à diriger leur activité vers cette nouvelle route, et leur fournirent les moyens
• n nou$ semble qtic Hobartion .lurait dû employer «lc« .expressions moin» ijcnëralc», Cl dire SculcuiciU: alvrs invonmtes à l'Earo/jf. (f). L. II.)
46 HISTOIRE DS t'ÀUÉRIQUE.
d'exécuter d6§ entreprises supériem^s en appf^rence à te farce naturelle de leur état poUtique, Les roi^ de Portugah ayant chassé les Maures de leurs domaines, avaient acquis du- pou-» vûir en même temps que de la gloire, par le succès 4e leurs armes contre les infidèles. Leurs victoires avaient ét^gidu Tau* torité royafe au di^là des bornes étroites -où elle était auparavant circonscrite en. Portugal, ainsi qqe dans les autres monar*clïijis féodales. Ils dispOsaimit de la force nationale qu'ils purent exercer avec autant d*ui^té dans les desseins que de vigueur dans l'exécution ; et, '^aî^)rès l'expnlsion des Maures, ils firent servir cette force à leurs vues, sans craindre d'être troublés par aucun ennemi ^lomestiquO. Les.hostilités continu^les dans lesquelles ils furent eng?igés pendant plusieurs siècles contre les Mahdmétaris exaltèreri-t et perfectfdnnèrent p^rmi les Portugais cet esprit militaire et aventurier qçi distinguait toutes les nations d'Europeà l'époque du moyen âge. Udc succession contestée alluma en Portugal, vers la fin du qUiatorzième siècle» une guerre civile des plus cruelles, qui augmenta l'ardeiir guerrière de la nation* et forma ou fit surgir des bommes d'un génie actif, audacieux, propre aux grandes entreprises. La situation de ce royaume,^ borné de tous côtés par les États d'un voisin pliis puissant, ne .laissait pas aux Portugais la liberté d'exercer leur activité par terre; car la force deleur monarchie ne pouvait pas balance*: celle du royaume de Castille; mais le Portugal étant un État maritime qui avait plusieurs ports très» commodes, les habite^Jgftvaient déjà fait quelques progrès dans la science et la pratiqua de la navigation, et la mer s'offrait à eux comme l'uniqueJcarrière où leur ambition pouvait se signaler. V. ' .
Telle était la stiuation du Portugal et. la disposition du peuple, lorsque Jean I, surnommé le Bâtard^,» se trouva paisible possesseur de la couronne par la paix concij3e avec le roi de Castille en 1411. C'était un prince d'un gr»(id mérite, qui par la supériorité de son courage et de ses tilénts s'était ouvert la route à un trône auquel sa naissance ne lui donnait aucun droit. |l s'aperçut bientôt q^'il lui serait impossible de maintenir l'ordre public et la tranquillité intérieure s'il ne trouvait pas un moyen d'oecuper au dehors l'activité inquiète de ses sujets.