‹ Histoire de l'AmériqueChapitre 30 sur 43 · LIVRE CINQDIËME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQDIËME

prévit toutes les conséquences. Il commonça à craindre, pour, ie grand projet qu'il méditait, les lenteurs et rincértitUde que causerait nécessairement l'impossibilité de communiquer 'ses idées autrenjent que par le.secoufô imparfait des signes et des gestes; mais il ne demeura pas longtemps dans cette inquiétude. Un heureux hasard suppléa à ce que toute Sa sagacité n'aurait pu faire. Une des femmes esclaves qu'il avait eues du cacique de Tabasco, se trouvant présente à l'entrevue de Cortez et de ses nouveaux hôtes , aperçut son embarras et là confusion d^Aguilar ; et, comme elle entendait parlaitement la langue mexicaine, elle expliqua dans la langue yucata, qu'Aguilar entendait, ce que disaient Içs Indiens. Cette femme, connue dans la suite sous le nom de dona Marina, et qui joue tiïi rôle important dans l'histoire du Nouveau-Monde, où les plus grands événements. sont presque toujours l'effet de très-petites causes, était née dans une des provinces de l'empire du Mexique. Après avoir été faite esclave dans une guerre et avoir éprouvé diverses aventures , elle était tombée entre les mains dest)euples de Tabasco, et avait vécu assez longtemps parmi eux pour apprendre leur langue sans oublier la sienne. Quoique cette manière de converser par l'entremise de deux interprètes fût très-fatigante et tfès-ennuyeuse, Cortez fut ravi d'avoir découvert ce moyen de communiquer avec les habitants d'un pays 6ù il voulait pénétrer; et, dans les transports dé sa joie, il regarda cet événement comme une marque éclatante de la protection- de la Providence *.

• Il apprit alors que les deux picfsonnes qu'il avait reçues à son bord étaient députées de Pilpatoë et de Teutilé *, Kun gouverneur de la province à laquelle il abordait, et qui était soumise à un grand monarque appelé Montézuma; l'autre cx)mmandant de ses troupes,'. Ces députés étaient chargés de s'informer des intentions de Cortez en visitant leur côte, et de .lui offrir les

' B. Diaz, chap. 37, 33, 39. — Comara , Cron., cap. 2 S, aG. — Herrera, j^ecad. H, Il &.V, cap. 4,

• Û. Diaz écrit Tendila et Pilalpitoqtie; Hcrrera, Teiithlille et Pitalpitoe; SoUs, Pilpatoë; et Clavigero, Tetihilile cl Gnitlalpitoc. (D. L. U.) . *

' Suivant Clavigero, qui cite à l'appui de son opinion U. Diaz, Gomara et d'autres «nciens historiens, Teuhtlile était aussi (jouvet-neur des côtes de Tempire; Uobejr tson » suivi le récit de Solis. (D. !.. {t.)

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