‹ Histoire de l'AmériqueChapitre 31 sur 43 · SI · texte numérisé non relu

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secours dont il pouvait a?oir besoin pour continuer sa route. L*air de cêslodiens et les intentions exprimées dans leur message frappèrent Cortez. U les assura, eu termes respectueux , qu'il abordait cbez eux avec des sentiments d*amitié, qu*il venait faire des propositions d'une grande importance au bien du princect de son royaume^ et qu'il les exposerait en personne au gouverneur et au général. Le lendemain au matin, sans attendre de réponse , il.débarqua ses troupes; ses cbevaux et son ariillene, et ayant cboisi un terrain convenable, il commença à y élever des baraques et à en faire un camp fortifié. Les lùdiens, au lieu de s'opposer à l'entrée de ces hôtes , qui devaient être un jour les destructeurs de leur pays, aidèrent à leur débarquement avec un empressement dont ils ont eu depuis tant de raison de se repentir.

Le jour suivant, Pilpatoê et Teutilé vinrent au camp avec une nombreuse suite ; et Cortez , lies regardant comme les ministres (Tun grand roi , les reçut avec beaucoup plus d'égards que les Espagnols n'avaient coutume d'en marquer aux petits caciques av3C lesquels ils traitaient. Il leur apprit qu'il venait en qualité d'ambassadeur de don Charles d'Auti'iche , roi de Castille.et le plus. puissant monarque de l'est, et qu'il était chargé de propositions d'irne telle importance, qu'il rie pouvait les communiquer qu'à Montézuma lui-même; et il leur demanda de le conduire cA sa présence sans^rdre de temps. Les officiers mexicains ne purent cacher la peine que leur faisait une demande qu'ils prévoyaient devoir être fort mal reçue de leur souverain , dont l'esprit était déjà rempli' d'inquiétudes et de crai(ites depuis les premières nouvelles qu'il avait apprises de l'ap^iarition des Espagnols sur les côtes de son empire. Mais, arant d'entreprendre de dissuader Cortez de son projet, ils s'efforcèrent de gagner sa bienveillance , en le pressant d'accepter des ^présents qu'ils voulaient mettre à ses pieds en qualité d'humbles esclaves de Montézuma. On les lui offrit avec beaucoup d'appareil. Ils consistaient en étoffes de coton fort belles , • en plumes de différentes couleurs et en ornements d'or et rf'argent d^une valeur considérable et d'un travail curieux. La vue de ces présents produisit un effet bien différent de celui que §ft proposaient les Mexicains. Elle accrut l'avidité des Espagnols ,

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loin de la satisfaire, et leur inspira une si vive impatience de devenir maîtres d*un .pays qui produisait ces richesses, que Cortez se donnant à peine le temps d'écouter les raisons par lesquelles Pi IpAtoë et Teutilé cherchaient à le détourner d'aller à la capitale * , et prenant un ton fier et décidé, leur répéta qu'il voulait avoir une audience du roi lui-même.^ Pendant celte entrevue, quelques peintres à la suite des chefs des Mexicains avaient été occupés à dessiner sur des étoffes de coton hlanches les, vaisseaux , les chevaux , l'artillerie , . les- soldats espagnols et tout ce qu.'ils trouvaient de plus singuHer. Cortez, qui s'en aperçut et qui apprit que ces dessins devaient être envoyés à Montézuma, voulut donner à ce prince une idée plus vraie et plus imposailte des objets étonnants qui se présentaient pour la première fois à la vue des Indiens, et qu'aucun mot de leur langue ne pouvait rendre; poiir cet effet, il résolut de les rendre témoins d'un spectacle qui pût leur mieux faire connaître là bravoure de ses soldats et la force irrésistible de leurs armes. Il fit sonner l'alarme par les'trompette^. En un instant liss troupes se mirent.en bataille. L'infanterie exécuta plusieurs mouvements dans lesquels elle fit usage de ses différentes ar- ' mes , et la cavalerie fit différentes évolutions pour monti^ersa Ibrce et son agilité. L'artillerie enfin , dirigée sur les bois épais voisins du camp, fit un grand dégât dans les arbres. Les Mexicains virent d'abord les exercices militaires en silence et avec .un étonnement qui est naturel lorsque l'esprit est frappé d'objets aussi nouveaux que redoutables ; mais au bruit du* canon plusieurs s'enfuirent-, d'autres tombèrent de frayeur , et tous furent si épouvantés en voyant des hommes dont le pouvpir leur parut ressembler à celui des dieux , que Cortez eut beau- . coup de peine à les ramener et à les rassurer. Leurs peintres employèrent tout leur art à représenter ces nouveaux objets, et leur imagination à inventer des figures et des caractères qui pussent rendre les choses extraordinaires dont ils venaient d'ôtre les témoins.

, On dépêcha sur-le-champ des courriers à Montézuma , chal?gés de lui remettre ces tableaux , et de lui faire le récit de ce

' Suivant CU^vigera et d'autres Ubtorteas espagnols, Teutilé ne s opposa aux 4e^ seins de Cortez que lorsqu'il en eut reçu l'ordre positif de la coimt. ^D. L* R.)

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qui s'était passé depuis l'arrivée des Espaguols. Cortez envoyait en même temps au monarque quelques cirriosités d'Europe de peu de valeur, mais qu'il crut pouvoir lui être agréables par leur nouveauté. . Les rois du Mexique, pour être instruits promptement de tout ce qui se passait dans les parties les plus éloignées de leur vaste empire, avaient -établi une police recherchée -que l'Europe jnême ne connaissait pas encore, lis avaient en différents endroits, sur les principales routes, des courriers qui, formés, par l'éducation à une grande agilité, et se'relevant les uns les autres à de médiocres distances , por* taient les avis avec une célérité étonnante. Quoique la capitale où le monarque faisait sa résidence fût distante de cent quatrevingts milles de Saint- Jean de U)ua, les présents de Cortez furent portés à l'empereur et sa réponse fut rapportée en peu de jours. Les mêmes officiers qui avaient jusque-là traité avec les Espagnols furent chargés de la réponse du monarque * ; maiscomme ils savaient combien les projets et les désirs du'général étaient opposés aux résolutions que venait de prendre Monlézuma, ils ne crurent pas d:evoir les notifier à Cortez saris avoir auparavant fait de nouveaux efforts pour l'adoucir. Afin de renouer la négociation, ils offrirent donc les présents qu'envoyait Montézuma, et qui étaient portés par cent Indiens. La magnir ficence de ces dons répondait à la grandeur du monarque , et passait de beaucoup toutes les idées que les Espagnols s'étaient faites jusqu'alors des richesses du Mexique. On les plaça sur des nattes étendues à terre dahs un ordre qui les faisait paraître avec plus d'avantage. Cortez et ses gens virent avec admiration les différentes productions de l'industrie dn pays : c'étaient des étoffes de cotpn si belles et d'un tissu si fin, qu'elles égalaient les soieries ; des tableaux représentant des animaux, des arbres et d'autres objets qui n'étaient formés que dé plumes de diffé- , rentes couleurs , employées avec une adresse et une .élégance qui le disputaient aux ouvrages du pinceau pour la vérité et la beauté de l'imitation. Mais ce qui attira surtout leurs Regards , ce. furent deux grands plats de forme circulaire , Tun d'or mas-

* Bern. Diaz, témoin oculaire, et d'autres historiens parmi lesquels nous citerons Claviçero, prëteudcnt que ce ne fut^iit pas les mêmes officiers qui rapportèrent \y réponse de Moniézumn , mais un nmhiif «ndeur extraordinaire que ce monarque crut devoir envoyer a Coriez. Uob?riJ'ou a suivi encore ici Ip r^r't '\r So'îh

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