‹ Histoire de l'AmériqueChapitre 34 sur 43 · LIVRE CIN^IÈHE · texte numérisé non relu

LIVRE CIN^IÈHE

établissement sur la côte pour pénétrerensuite dans l'intérieur du pays ; qu'on Tavait trompé en lui persuadant que )éui^ vues étaient différentes des siennes; qu'il les voyait^ vec une gr-aAde satisfacliOn pleins de ce courage qui devait animer trtiut v^ri^ table Espagnol; que cette certitude allait lui fairereprendreson premier plan avec une ardeur nouvelle, et qu'il était très-assuré de les conduire par le chemin de la victoire à la forî^né que leur valeur méritait. A'cette déclaration de Corfez on ré- ' pondit par des applaudissements et des cris de joie. La résolution parut unanime et prise d'un consentement universel ; car ceux qui la condamnaient secrètenient furent obligés dé se réunir au plus grand nombre dans les acclamation», tant pour cacher leur opposition au général, que pour ne pas s'attirer de la part de leurs compagnon^ le reproche de lâcheté ' . '.

Sans laisser à ses gens le temps de se refroidir ou de réfléchir sur le parti qu'on venait de prendre, Cortez s'occu^wi sur-^ ie-champ de l'exécution. Pour commencer à constituer une colonie, il assembla les principaux de son armée, et, d'après leur suffrage, il nomma un coiiseil et des magistrats qui furent investis.de toute l'autorité. Comme les hommes transportent naturellement les institutions et les formes du gouvernement de la mère-patrie dans leurs nouveaux établissements, la colonie fut modelée sur l'administration espagnole. Les magistrats furent distingués par les mêmes noms et les mêmes marques de dignité, et eurent la même juijdjction. On ne choisit pour remplir les places que ceux des compagnons de Cortes qui lui étaient entièrerçent dévoués, et les actes de leur élection firent dressés au nom du roi, sans qu'il y fût mention d'aucune dépendance de Velasquez. Les deux, mobiles des JEspagnols dans foutes leurs entreprises au Nouveau-Monde, l'avidité et l'enthousiasme* religieux, semblent avoir suggéré à Cortez le nom qu'il donna à son établissement. Il l'appela la' riche ville de la Vràie-Croixr: Villaricade la Vera Cruz.

La première assemblée du nouveau conseil fut remarquable par un acte très-important. Dès qu'elle fut- formée, Cortez .fit demander la permission de s'y présenter, et s'approchant avec one contenance respectueuse, propre à relever la dignité du

• B. Diaz, chap. 49» 4»> 4^- — Herrora, decad. U, lîb, V, cap. 6, 7.

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tribunal el à donner un exemple de soumission à son auto* ri lé, il commença un long, discours dans lequel.il employa beaucoup d*-art, et dit les choses les plus flatteuses aux magistrats qui entraient dans leurs nouvelles fonctions. Il fit d'abord observer qu'étant l'çvêtus de l'autorilé suprême sur la colonie, il les considérait icomme exerçant toute celle du souverain et comme représentant sa personne; qu'il se croirait désormais . obligé de leur communiquer tout ce (ju'il regarderait comme intéressant le.bien public avec la même fidélité et le même 3èle que s'il s'adressait à son maître même ; que la sûreté d'une colonie qui s'établissait dans un grand empire dont le monarque montrait déjà des dispositions ennemies, dé|)endait des armes, et par conséquent de la subordination et de la bonne discipline parmi les troupes; qu'il avait .tenu d'abord du gou* verneur de Cuba son droit au commandement, ' mais que, comme Velasquez avait depuis longtemps révqqué sa commission, on pouvait contester la légitimité de son pouvoir, et qu'il craignait lui-même d'exercer une autorité, qui ne serait fondée que sur un titre vicieux ou du moins équivoque; que la colonie ne pouvait confier sa défense à des troupes autorisées à mettre en question le popvoir du général dans un moment critique où l'obéissance implicite à ses ordres était absolument, nécessaire : que toutes t^s considérations let déterminaient à se démettre entre leurs mains de toute l'autorité qu'il pouvait avoir, afiii qu'ayant le droit de iaconférer tout entière à celui qu'ils choisiraient, ils donnassent à l'armée, au nom du roi, un général qui pût désormais la commander; que, quant à lui, son dévouement à sa patrie était tel qu'il se réduirait, s'il était nécessaire, à n'être qu'un simple ofiBcier ; qu'il servirait avec le même zèle en cette, qualité qu'en celle de général, et prouverait à ses compagnons de guerre que, quoique accoutumé à commander, il savait aussi obéir. Son discours fini, il déposa sur l& table, du conseil la commission de Velasquez, et, après avoir baisé son bâton de commandement, il le remit entre les mains du président ejt se retira.

La délibération ne fut pas longue. Cprtez avait concerté toutes ces mesures avec ses partisans les plus fidèles, et il avait préparé avec bea;ucoup d'adresse les autres membres du conseil à

prendre la résolution gu*il désirait. On accepUk sa démission ; et, comme la prospérité continue qui avait jtrsque-là couronné son expéditiofi était une preuve incontestable de son talent pour le commandement, on le nomma, d'une voix unanime,

'premier naagistrat de la colonie et général âe*rarmée, en'or^^ donnant que sa commission lui serait expédiée au nom du roi avec les pouvoirs lés plus' étendus, et qu'il les exercerait jus-, qu'à ce que les volontés du souverain fussent connues. Afin que ces dispositions ne pussent pas être regardées comme une intrigue du conseil, on communiqua aux troupes la résolution

'qu'on venait de prendre ; les soldats ratifièrent le choix du général avec de grands applaudissements. L'air tetentit du nom' de Cortez, et tous jurèrent de verser leur sang pour la défense de son autorité.

Ayant heureusement accompli ses desseins et secoué la dépendance mortifiante dans laquelle il semblait être à l'égard du gouverneur de Cuba, Cortez accepta avec beaucoup de témoignages de respect pour le conseil et de reconnaissance pour l'armée la commission qu'on lui donnait, et se trouva revêtu de l'autorité suprême, tant au civil qu'au militaire, sur la colonie. Il prit avec sa nouvelle autorité un air de dignité plus imposant, et .commença à exercer les pouvoirs presque illimités qu'il venait de recevoir. Il lie s'était regardé Jusqu'à ce moment que comme le député d'un simple sujet du roi d'Espagne ; il commença à agir comme le représentant de son souverain. Les partisans de Velasquez, prévoyant toutes les suites de ce changement, ne purent demeurer plus longtemps spectateurs oisifs de ce qui se passait. Us se récrièrent ouvertement contre le procédé du conseil, qu'ils regardaient comme illégal, et contre la conduite dé Tarmée, qu'ils traitaient de révolte. Cortez, sentant la nécessité de prévenir de bonne heure par un acte de vigueur les effets de ces discours séditieux, fit arrêter Ordaz, Escudero et Velasquez de Léon, les chefs de cette faction, et les envoya sUr la flotte charges de. fers. Leurs partisans, effrayés et confondus, restèrent tranquilles; e\ Cortez, qui avait plus d'envie de rappeler à lui fue de punir ces officiers dont il connaissait le mérite, sq)licita leur amitié avec tant d'assiduité et d'adresse, qu'il se fit entre euk une

Jigitfzed by V^jOOQIC

lit HISTOtRB bÈ t'AMÊfilOUE.

Sincère réconciliation ; tellement que dans les occasions les ]f)lus délicates, ni leur liaison aVec le gouverneur de Cuba, . ni le souvenir du traitement qu'ils avaient essuyé, ne purent les détaclièr de Ses intérêts *i Dans cette dccasion, ainsi que* dans d'autres également critiques pour sa (brtune et sa renommée, Cortez dut en grande partie ses succès à i*or du .Mexique, qu*ii distribuait avec profusion à ses amis et à ses ennemis *.

Gortez, ayant ainsi rendu indissoluble Tunion entre liiiliiéme et son armée par ces actes d'indépendance auxquels ils avaient tous concouru, pensa qu'i.l pouvait quitter désormais son camp et s'avancer dans le pays. Il fut encouragé dans ce frtrojet par un évétiement aussi heureux en lili-même que par la circonstance dahs laquelle il arrivait. Quelques Indiens s'approchèrent de son camp avec mystère et furent adniis en sa présence. Ils étalent envoyés avec des propositions d'alliance et d'amitié par le* cacique de Zempoallâ', ville considérable et peu éloignée. Par leurs réponses à un grand nombre de questions qu'il leur fit, «elon son usage ordinaire dans ses entrevues avec les Indiens, il apprit que leur maître, quoique sujet de Fempire du Mexique, souffrait impatiemment le joug, et craignait et baissait si fortement Montézuma, que rien ne pouvait lui être plus agréable que l'espoir de se délivrer de l'opprrssion sous laquelle il gémissait. Cet avis fit luire à l'esïi^it Je Cortez un rayon de lumière et d'espérance, il vit que le ^and empire qu'il se proposait d'attaquer était désuni, et que le souverain n'y était pas aimé. Il conjectura que les causes du mécontentement ne pouvaient pas^être bornées à une seule liTovînce, et qii'il se trouverait en d'autres parties de l'empire êes ftiécontents las de la soumission ou désirant un change- Éfiienl, et prêts à suivre les drapeaux du premier 4ibérîiteur qui se montrerait. Plein de ces i^ées, et commençant dè^ lors à se tracer un plan que le temps et une connaissance plus exacte de Tétat du pays devaient le mettre bientôt en état dé suivre et

' B. Diaz, eh%.^4a, 43. — Gemara, Cron., cap. 3o, 3t.— Herrera, deeadL 8, Hb» V, cap. 7.

* B. Diaï, chap. 44. * "

d'exécutei\ il reçut très -bien ies Zempoallans, et leur promit d'aller incessamment tisiterJeur cacique *.

Pour remplir sa promesse,. il n'était pas nécessaire qu'il s'écartât de la route qu'il s'était déjà proposé de suivre en s'avatiçantdans le pays. Quelques officiers employés à visiter la côte, ayaiît reconnu un village nommé Quiabislan*, à environ quarante milles au nord, qui, à raison* de la fertilité du sol et de la .bonté de son bâvre, semblait être un poste plus commode que celui que les Espagnols avaient jusqu'alors occupé, Çortes se détermina à y tratnspoiOef son camp. Zempo^lla se trouvait sur ' son chemin. Le cacique le reçut aussi bien que Gortez pouvait l'espérer. Il lui fit des présents et des caresses qui montraient un extrême désir de gagner sa bienveillance, le traita comme' un libérateur, et lui montra un respect porté presque jusqu^à l'addration. Cortez apprit de lui plusieurs particularités du caractère de Montézuma, et les causes de la haine de ses sujets pour lui. Montézuma, lui disait le cacique en pleurant, est un tyran bautain, criiel et soupçonneux, qui traite ses sujets avec upe arrogance extrême, ruine par des exactions les provinces qu'il a conquises-, enlève les enftnts aux pères et aux mères, les garçons pour les immolnr à ses dieux, les filles. pour ea faire ses concubmos ou celles de ses favoris. Gortez, dans sa réponse au cacique, lui insinu.a adroitement qu'un des principaux objets des Espagnols, en visitant des pays si éloignés dç leur patrie, ^taitde redresser les torts et de délivrer les hommes de l'oppression ; et, lui ayant fait espérer ses secours quand il eii serait temps, il continua sa marche vers Quiabislan.

Lé lieu que ses officiers lui savaient indiqué lui parut si favorablement situé et3i bien choisi, qu'il y traça sur-le-champ le plan d'une ville. Les maisons ne devaient être-que des huttes, mais enceintes de remparts assez forts pour résistiT à Tatuique d'une armée dlndiens. Gomme ces fortifications étaient nécessaires tant à l'établissement et & la conservation de la colonie fu'i l'exécution du dessein que le général et les soldats avaient

> B. Ding, chap. 4t* -*• Gomara, Gros., èafh 28.

■ Herrera l'appelle Chianhuiztlan^ et Llaiy'iQero Chirhuittla ; ce dernier assnfe ^■t le mo» i^iabislaH dooa4 p«r Rob«r(ioà, d'après S«^ n'est p«ti et ne peut pas lire mezioiio.

à84 HlgTOIRB DS X*AIIÉR{QDE. •

de s'avancer dans le payç, soit pour se ménager un Keu de retraite, soit pour conserver leur ôommunication avec la mer, toute ràrmée, officiers .et soldats, mit la main ù Tœuvre; Gôrtez lui-même leur donnait Texemple de Tactivité et de la constance dans le travail. Les Indiens de Zempoalla et de Quiabislan les aidèrent, et ce petit poste, par lequel commencèrent des établissements nombreux et puissants, fut bientôt en état de défense*.

• Pendant que ces travaux essentiels s'exécutaient, Cortez avait des entrevues avec les caciques de Zempioalla et de Quiabislan, et, profitant de leur étonnement et de leur adipiration à la vue des objets nouveaux qu'on présentait à leurs yeux, il leur inspira par degrés une si haute*opinion des Espagnols, il leur persuada si bien que leurs hôtes étaient des êtres d'un ordre supérieur à qui rien ne pouvait résister,, que, comptant sur la . protection de ces étrangers, ils osèrent braver le pouvoir de Tempereur au nom duquel ils étaient accoutumés de trembler.

Quelques-uns des oflSciers de Monté2uma se présentèrent pour lever le tribut ordinaire et dejrnandef un certain nombre * de victimes humaines nécessaires à Texpiàtion de la faute que ces deux nations venaient de commettre en entretenant quelque '. commerce avec des étrangers à qui l'empereur avait ordonné de sortir, de ses domaines. Au. Ifeu d'obéir à ses ordres, les Zempoallan&se saisirent des envoyés du monarque, les^ maltraitèrent; et, comme leur superstition n'était pas moins atroce que celle des Mexicains, ils se disposaient à les sacrifier à leurs dieux. Cortez les en empêcha en leur montrant la plus grande horreur pour cette abominable pratique. Les deux caciques s' étant jetés dans une rébellion ouverte, et ne voyant pour eux au<;un salut s'ils ne s'attachaient inviolablement aux Espagnols, conclurent bietitôt une alliance avec eux, en se reconnaissant vassaux du roi d'Espagne. Leur exemple fut suivi par les Totonaques, nation courageuse qui habitait les montagnes voisines*; et tous s'étant, soumis volontairement à la co.urcmne

» B. Diai, chap.45,46, 48.— Gomàra, Croo., cap. Sa, 33, S;.— Herrera, decad.II, lib. V, cap. 8, 9. .

* Les habitants de Chempoalla appartenaient eux-mêmes à la nation des Totônacas. — Voir Clavigero. (Slor. aot del Mess., livre VHI.) (D. t. R.)

deCastillo, offrirent d'accompagner Cortez- avec toutes leurs forces à Mexico*.

Il y avait h cette époque trois mois que Gortez était dans la Nouvelle-tEspagne ; et, quoique tout ce temps n'eût pas'ététnarqué par des.enlrepriâes militaires^ chaque moment avait été consacré à des opérations qui, moins brillante^ peut-être, n'é^ talent pas d'une moins grande importance. Par son adresse à s'attacher son armée et à conduire ses négociations avec les Indiens, il jetait les bndêments de sessuccès futurs. Mais quelque bien concerté que fût son plan, il ne pouvait se dissipfiulcr que son droit au commandement étaiU émané 'd'urie autorité jqu'on pouvët contester, la sienne était,elle-môme chancelante et précaire. Velasquez ne pouvait manquer dé se* plaindre au roi des insultes qu'il avait reçues de Gortez, e^ pouvait présenter la conduite d'un ofûçier subalterne qui d'était joué de ses ordres, de manière à lui attirer uneprompte destitution et un^ punition sévère. Avant de se mettre en marche, le général crut devoir prévenir ce coup. Dans cette vue, il persuada aux magistrats de la colonie d'adresser au roi une lettre contenant nn long détail de leurs services; une description pompeuse du pays qu'ils avaient découvert, de ses richesses, de sa population, de sa civilisation et de ses arts; un tableau des progrès qu'ils y avaient d^à faits en soumettant plusieurs provinces à la cou-^ ronne de Gastille, des moyens qu'ils se proposaient d'employer pour en achever la conquête, et des justes espérances qu'ils avaient conçues ; enfin lin long exposé j^es motifs qui lessivaient déterminés à renoncer à toute liaison ayec Velasquez pour établir une colonie dépendante immédiatement du roi lui-même,, et à en confier à Gortez le gouvernement, tant- civil que miHtaire : ils finissaient par supplier huml^iement le roi de ratifier, par son autorité, tout ce qu'ils avaient fait. €oi'tez écrivit dans les mêmes vues ; et comme il savait fort bien que la cour d'Espagne, accoutumée à voir exagérer les richesses des pays nou-. veaux par ceux qui les découvraient, n'accorderait que peu de croyance à la description merveilleuse qu'on lui faisait de. la Nouvelle-Espagne, si l'on n'y. joignait des échantillons des ri-

* B. Diaz, Q!)ap. \y. «Gomara, Cron., cap.' 3^, 36. — Herrera, decad. II, lib. V, cap. 9, lo, II.

SS6 HISTOIRE m i'AMÉBlQUE.

ches productions qu'elle fournissait, il pressa ses soldats d'abandonner ce qu'ils . pouvaient rédamer pour leur part des trésors qu'on avait jusque-là rassemblés, afin qu'on pûl les envoyer en entier au roi. Tel était l'ascçudant de Cortez sur son armée, et telles étaient les espérances romanesques que les Espagnols se forirfaieat de la richesse des pays qu'ils allaient conquérir, qu'une troupe d'aventuriers indigents et avides fut capable de ce généreux effort, «t offrit ^à son souverain le pluis .riche présent que le Nouveau-Monde aîl fait à l'Espagne '. PortOrCarrero et Montejo, principaux magistrats de la colonie, furent nommés pour Aller porter le présent, avec défenses expresses de toucher à Cuba dans leur route en Europe *.

Tandis qu'on armait le vaisseau qui. devait les conduire, un événefloent inattendu causa nne alarme générale. Quelques soldats et quelques matelots, partisan^-caçhés de Vehasquez, ou effrayas à la vue des dangers inséparables d'une expédition où il s'agissait de pénétrer avec une poignée d'hommes jusque dans le cœur d'un grand empire, avalent pris la Résolution de s'emparer d'un brigantin et de gagner Cuba pour donner, avis au gouverneur de ce qui se passait,* et le mettre en état d'intercepter] les trésors et les dépêches que Cortez envoyait en Espagne. La conspiration, quoique formée par des hommes, d'une classe inférieure, fut conduite avec un profond secret ; mais aa montent où tout était prêt pour l'exécution, ils furent trahis par on de leurs camarades.

Quoique Cortez pût compter peut-être sur sa bonne fortune, qui l'avait servi si à propos dans cette occasion, la découverte de .ce complot remplit son esprit.de vives inquiétudes, et le porta à exécuter un projet gu'il méditait depuis longtemps. Il 'voyait encore dans son armée quelques restes cachés d'un mécontentement qui, jusqu*alors étouffé par ses succès ou contenu par son autorité, pouvait «e réveiller tout à coup. H remarquait que^ plusieurs de 'ses soldats, las du service, désiraient de revoir leurs établissements de Cuba, et qu'au premier danger éminent ou au premier revers il lui serait impossible de les retenir, n scntaitque si ses forces, déjà trop peu considérables, diminuaient

* Vùfèi la N«Tt ia6.

» B. Diat, chap. 54, — Gomara, Cron», cap. 40.

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