AVERTISSEMENT
en publie tous les ans en Angleterre de nouvelles éditions. Cependant malgré ce succès et ces éloges,, elle rei^ferme, on ne saurait en disconvenir, des erreurs, des jugements hasardés, et laisse des lacunes à remplir. .
La traduction de 'MM. Suard et Morellet, écrite en général avée cette • élégance qui distingue tout ce qui est sorti dç la pluipe du premier de ces traducieurê, fit surtout connaître en France Touyrage de Robertson, dont il n'existait avant eux qu'une version pâle et défigurée. Quelle que soit la réputation dont là traduction de ces académiciens a joui jusqu'à présent, elle n'est pas toujoui's fidèle, et il leur est échappé des négligences de style. Comme ils ont eu en outre le désa» vantage de travailler sur une ancienne édition anglaise, au lieu de traduire .la dernière qui avait été publiée à Londres du vivant de l'auteur, et foit améliorée par lui, il en résulte que leur version avait besoin jd'ôtre retouchée SOUS' plusieurs rapports.
Toutes ces considérations m'avaient fi-appé depuis longtemps, lors** que je crus devoir soumettre quelques idées à ce sujet à M* le baron . de Humboldt, à ce savant illustre dont l'Amérique e«t, pour ainsi dire, l'apanage. If approuva le projet que j'avais conçu de donner une nouvelle édition de la traduction de l'Histoire d'Amérique, par MM. Suard .'et Morellet, en la coriigëant, la complétant et y ajoutant des notes. M. de Humboldt voulut bien me promettre de m'aiderdéses conseils : il a tenu sa promesse.de manière à mériter toute ma reconnaissance*
« Lorsque M. Suard était cha^'gé dé préparer une nouvelle édition « de l'Histoire. d'Amérique , m'écrivait M. de Humboldt, il m'avait . <c fait l'honneur de me proposer d'entreprendre ce travail en cemmun « avec lui, et de me charger de tout ce qui avait rapport à la statis-- « tique des €olon#& espagnoles et à la.première trace de la civilisation « des peuples indigènes de l'Amérique. Je lui fis sentir alors que mes « occupations ne Ae permettaient guère de me livrer à ce travail ; « mais que mes propres ouvrages sur l'Amérique renfermaieht des « morceaux dont l'intercalation pouvait éclaircir suffisamment des (t problèmes sur lesquels le savant écossais avait dû rester en doute, «c J'engageai en même temps M. Suard de . Deiissér au bel ouVrage « de Robertson son caractère primitif. Je vois. Monteur, avec plaisir, «que vous allez suivre celte marche, et j'ai quelque confiance dans « les conseils que je donnais au secrétaire de l'Académie française, « parce que vous-même vous vous proposez aussi de laisser intact le « lexteet de ne l'enrichir que de notes instructives dont votre sagaie cité vous indiquera facilement les motifs »
Dans la lettre dont le passage qui précède ^t extrait, M. de Hum'> bôldt eut )a bonté de me tracer un vaste plan d'améliorations que di-