M HÔTES
HeqB qui ont accusé réyêque de €biapa de cette inconséquence » ont tous écrit sur la foi de Herrera, historien élégant , mais partial, ou d*apr^ les Assertions ^u Père Ch'arlevoix, qui,lorsquUl parle des colonies espagnoles , ne fait que ti^duire Herrera sans le citer. Il ajoute que les Espagnols achetaient des esclaves nègres des Portugais longtemps avant la découverte du'Nouveau-Mohde, et qu'ils en amenèrent avec eux dès le commencement de leur établissemeut * à Saint- Domingue.
n existe, dit H* Danxion Lavaysse (article Las Casas, daps la Biographie universelle ) , trois volumes manuscrits in-folio de Las Casas, dans la bil^liothèque de Mexico ; et (lans celle de TAcadémie espagnole, une copie de ces volumes qui contiennent les mémoires , les lettres officielles et fomilières et les autres otivrages politiques et théologiques de révèque de Çbiapa ; et loin de trouver dans ces divers écrits un seul mot d'où Ton puisse conclure qu'il ait c<>nseillé de substituer l'esclavage des Noirs à celui des Indiens, on y voit au contraire , dans trois ou quatre endroits où il a occasion de parler des esclaves nègres, qu'il compatit vivement à' leurs maux.
Cependant si Las Casas présenta un mémoire au grand chanceliec des Indes, pour proposer de permettre à chaque habitant des îles découvertes d'emmener deux nègres et deux négresses, et que .ce mémoire soit inséré dans la collectiôh manuscrite de Munoz , conmiie on ne saurait en douter , puisque M. de Navarrete l'affirme , il fkut reconnaître que les reproches faits au prélat espagnol sont fondés, quand bien même il serait certain que les Espagnols auraient fait le commerce des nègres avant le premier . voyage de Christophe Colomb. Avant la demande de Las Casas , nous écrit M, de Navarrete , on avait bien transporté des nègres en Amérique, mais c'était par contrebande. Las Casas est le premier qui ait obtenu un ordre ou permission royale autorisant ce transport. (Note extraite de notre traduction de la Collection des voyages et découve]:tes des E^)agno*ls, depuis la fin iitf XVsiècle.)(D. LiR.)
Note XXXII, pageSM.
.Quoiqu'il y' ait plus d'eau en Amérique que dans aucune autre partie du globe , on ne trouve cependant ni ruisseau ni rivière dans le Yucatan. Cette péninsule s'avance dans la mer à une distance de cent lieues depijls le continent, mais elle n'a pas plus de vingt-Hîinq lieues dans sa plus grande largeur. C'est une plaine unie où il n'y a pas la moindre montagne. Les habitants font usage de l'eau de puits , et ils en trouvent en abondance dans tous les endroits où ils creusent la terre. Il est probable , d'après toutes ces .circonstances, que ce pays ftil
autreiéis couvert par la mer. Herrera, DescripL Ind. oecident, , pag.. 14. HisL nat, , par M. de BuffoD , tom. I, pag. 5^3.
Note XXXfU, page 206.
Robertson prétend, dans la note précédente , qu*on ne trouve ni ruisseau ni rivière dans le Yucatan. II a dit le contraire dans le texte, pulsquMl foit découvrir aux Espagnols Tembouchure d*une rivière auprès de Campèche. Dampier dit que les pluies commencent dans cette contrée au mois de juin et sont continuelles jusque vers la fin d'août, et que pendant ce temps les rivières débordent et toutes les savanes sont couvertes. d*eau. Vers le mois d'octobre, -suivant le même' •voyageur, îl vient un vent de nord si violent, qu'il trouble le cours des marées , arrête celui des rivières et fait augmenter les débordc* ments. Il diminue vers là mi-janvier ; les eaux s'*écoulent dans les lieux bas , et tout est sec^à la mi-féviier. Au mois de mars on a peine ^ à trouver de Peau pour boire , même dans les savanes , qui , six semaines auparavant, semblaient être une mer. Vers le mois d'avril tous les étangs sont à sec; et les étrangers qui ne. connaissent point les ressources du pays sont tourmentés par la soif, etc. Les naturels du paya , ou ceux qui y demeurent depuis longtemps , vont dans les boîé chercher de l'eau qu'on trouve dans les feuilles d'un arbre que Dampier nomme pin sauvage, parce qu'il a. quelque ressemblance avec le véritable pin. Son fruit croit sur les bosses , les nœuds et les excrescences de l'arbre ; il est environné de feuilles épaisses, et longues de dix ou douze pouces , si serrées qu'elles retiennent l'eau de pluie et que chacune en contient une pinte et demie. On enfonce un couteau dans le bas pour la faire sortir.
M. le baron de Humboldt, dans son Essai politique sur la Nouvelle* . Espagne, tome II, page 327, donne cinq mille neuf cent soixantedix-sept lieues carrées d'étendue à Tintèndance de Mérida qui renferme la péninsule de Yucatan , à l'exception du Yucatan anglais. D'après ce savant voyageur, c'est une plaine traversée dans son intérieur, du nord-ouést au sud-ouest, par une chaîne de collines peu élevées^ Le Yucatan est un des pays les plus chauds et les plus sains de l'Amérique équinoxiale , et cette salubrité doit être attribuée à l'extrême sécheresse du sol et de l'atmosphère. Sur toute la côte depuis Gampêche ou depuis l'embouchure du Rio de San Francisco jusqu'au cap Catoche , le navigateur ne trouve pas une source d'eau douce. Nous ajouterons que , outre le Rio San Francisco dont nous venons de parler, les fneilleures cartes placent plusieurs autres rivières dans le Yucatan espagnol Nous nou> bornerons à çUer la carte générale des États-Unis mexicains et des provinces unies de l'Amérique centrale»
i52 NOTES
que M. Brué a Rédigée sous rinspection. de M^ le baron de Humboldt, ce qui offre une double garantie d^exactitude. Tous les voyageurs s*accordent à représenter le Yucatan anglais comme mieux arrosé que la partie de la même péninsule qui appartenait à l^Espagae. On peut consulter, pour plus de développements , V Histoire du Yucatan « par le Père CogolIadO Lizana, et Tarticle Yucatan dans le Dictionnaire espagnol d*Alcedo, et le Théâtre mexicain; Mexico, 1787. Nous croyons cependant devoir ajouter qu^un Américain né à Campèphe a assuré à M. Malte-Brun qu'il n*y a pas de rivière proprement dite dans le Yucatan, et que ce pays ne renfermait aucune colline; que ce qui avait fait croire aux voy^eurs* qu'il y existait des collines provenait de ce que le pays était formé de deux plaines dont Tune s*élevail insensiblement jusqu*au point où elles se réunissaient. (D. L. R.) .
Note XXXIV, page 208.
Robertson avait dit dans la première éditioa de son Histoire d^ Amérique , que les Espagnols crurent voir dans la Nouvelle-£spagne des • tours et des coupoles (cupolas). Dans la dernière édition publiée de son vivant et qui nous a servi de guide , au lieu de cupoliis , il a employé le mot pinacles (créneaux).
. Clavigero fait observer à ce sujet qu'il n'a lu dans aucun historien du Mexique que. les Ei^pagnols aient cru voir des coupoles dans le Yucatan ; que ce n'est pas à eux, mais à Robertson seul que cette idée appartient. Les Espagnols ont vu des tours etdegrandes maisons, parée qu'il y en avait réellement sous leurs yeux. Les temples du Yucatan , comme ceux d'AnahUac , étaient bâtis pour la plupact en forme de tours et fort élevés. Bernai Diaz, écrivain tiès-véridique et témoin oculaire de tout ce qui est arrivé aux Espagnols dans leuics )>remiers voyages au Yucatan , lorsqu'il parle du débarquement qu'ils firent dans leur premier voyage à la côte" do Campêche , s'exprime ainsi: c< Ils (les Indiens) npus conduisirent dans quelques maisons qui étaient c( grandes et assez passablement bâties en piene et en chaux. » Il parait d*après ce passage qu'ils virent non-seulement . les maisons à une certaine distance , mais qu'ils en approchèrent et y entrèrent même. L'usage de la cbaux'ayant été si commun paiini ces peuples, il n'est i^as étonnant que l'usage de les blanchir fût également trèscommun. Dans tous les cas, nous ne concevons pas* coinment une maison vue à une qèrtaine distance paraîtrait blanche si elle ne Tétait pas réellement. (D. L. R.)
Note XXXV, page 215.
Les géographes diffèrent entre eux sur Tétendue respective de TAée et de l'Amérique. Nous croyons devoir extraire du Compendio di
Geografia universale de &f. Adrien Balbi, auquel nous avons déjà l'ait d'autres emprunts, deux tableaux comparatifs qui feront connalti'e là • divergence des opinions à ce sujet.
Mille* rarrés de'lSao degré.
Suivant Hassel, l'Asie avec l'Océanie ai 760,067
—^ Gneberg, id. san» l'Océanie occideatàle .....> (14 1 ,093
— • Tenip4cmanq, iW. /i. .H *■.... .. 721,780
— Stcin, id 768,057
— Stein, ^Dictionnaire) id^ \ ■. . 768^57 et (i4i«093
— Fabri, id 640,00a
— Balbi, ïV/ i...: 768,750
Suivant H>*8$cl et Stein, l'Amérique a « 753,oeo
— Graeb'erg, id. ;......... 742,600
— TempJemann, irf., «fn» les lerre» pol. 675,560
— Stein, (l)ictionnuire) id ,.'.,... 753,000 et 65i, 162
— Morse, id. ; 65 1 , 162
«— Mannert, tW., en présentant lui-même celle évaluation comme
eXH{;ércc, plus de. .... .' .'. ^ . 1,000,000
— • Balbi, id..: 75o>ooo
Lieuei'inoyeuaes carrée* de S6' au degré.
M. L. dc'Frcycinet (Voyaçe aux terre» australes), p. 107,
donne à l'Asie 2,200,000
à l'Amérique ; 2, i6d,ooo
* Note XXXVÏ, page 2U.
Robertson dit que les montagnes d'Amérique sont beaucoup plus bautes que celles des autres divisions du globe. Cette assertion est inexacte ; mais il n'est pas étonnant que Robertson se soittrompé à ce si^et, pui.squ'on ne connaissait pas de son temps la hauteur des monts Himalaya dans le Thi^t.
Voici le tableau comparé des principales^ chaînes de montagnes du monde : nous l'avons extrait du Voyage aux régions équinoxiales du nouveau continent, par MM. de' Humboldt et Bonpland : Relation bis- ' tor. inT4o, lom. III, pag. .19i.
NOMS des