‹ Histoire de l'AmériqueChapitre 41 sur 43 · CHAINES DB MONTAGNE · texte numérisé non relu

CHAINES DB MONTAGNE

Ilini^alaya (Tliibet) entre lat. hor. 3o« 18' et 3 10 53' et long. 750 23' et 77f ^'

Cordillères des Apcics, entre lat. bor.

90 eî 20 àustr

Alpes de la Suixse

Pyrénées^

Chaîne du littoral de Venezuela

Groupe des moniagncit de la l*arime.

Groupe des monragnes <\n Brésil. . .^ |

Plus liantes cimes.

4 ,026 tois^

I ,!ioo

Hauteur

moyenne des

crêtes.

3,450 tois.

Rapport de la hauteur moyenne den crêtes à celle des cimes les piMS élevées;

Digitize'd byLjOOQlC

M. le baron de Buniboldt pense qu'on se tronaperait étrangement si l'on jugeait de la hauteur d'une chaîne de montagnes uniquement d'après la hauteur des sommets les plus ëlevés ; et c'est en se fondant sur ce principe qu'il a donné dans le tahleau ci-dessus les hauteurs ooaseulement des plus haute^. cimes, mais encore celles de réléyation moyenne 'des crêtes; eh comparant 1* ensemble de ses niesures avec celles de Moorcrofl, Webh et Hôgdson, de Saussure et de Rarnood. En efl^t, dit ce* savant voyageuf, le pic de l'Himalaya^, le plus exactement mesuré, est de Ç76 toises plus haut que te Chimbora^, k Chimboràzo de 900 toiles plus haut que le Mont-Blanc, et le Mo&t- Blanc de 633 toises plus haut que. le pic Nethoh*. Ces différences ne doonent pas les i-apports de la hauteur moyenne de l'Himalaya, des Andes, des Alpes et des Pyrénées, c'est-àrdire la hauteur du do$ies montagnes f sur lequel s'élèvent des pics, des aiguilles, des pyramides ou des dômes arrondis. C'est la partie de ce dos où se pratiquent les passages qui fbumit une mesure précise du mmmtm de hauteur qu'atteignent les grandes chaînes. (D. L. R.)

Note XXXVII, page âii. ' .

Le pic de Ténériffe n'a, suivaqt Borda et Pingre, que i ,904 UÀm, M. Côrdier, qui l'a mesuré postérieurement, lui donne la même hauteur, à très-peu de différence près, et M. le baron de Huilnboldt évalue son -élévation à 1,909 toises. Ce p|c est donc plus élevé que la cime la plus haute des Pyrénées ; mais il est inférieur aux Alpes et aux moots Himalaya. Nous ajouterons qu'on ne peut le comparer aui^ montagnes de TAfrique dont lia hauteur n'est pas connue. (D. h, R.)

Note XXXVIIÏ, pa^re 2U.

Suivant M. de Cassini, la plus gi^nde hauteur dés Pyrénées est de 6,646 pieds ; celle du mont Gemnii, dans le canton de Berne, est de 10,H0 pieds. Le père Feuille dit que, suivant sa. mesure, le pic de Ténériffe a 13,178 pieds de hauteur; la hauteur du Chimboràzo, la partie la" plus élevée des Andes, est de 20,280 pieds. Voyages de D. J.. Ulloa, Observations astron. et phys. , 'tom. II, pag. 11 4. La partie du Chimboràzo qui est toujours couverte de n^ige n'a pas moins de 2,400 pieds à partir du sommet. Prétsôt, Histcôre |^én. des Voyages, vol. Xlll, pag. 636. Voyez les notes 85 et 36. (Voy. les deux notes précédentes.)

/ Le Pic Jewaliir lat. 3©° 22' 19". Long. 77» 35' y" à l'pr. de Pari» a 4,026 toises d'après MM. Hog()soti et Herberl. {{...lifll

* On l'appelle aussi Anoilion, ou Malaliita, o« Pic oriental 4^ Maladetta; c'est la plus haute cime des Pyrénées : il a 1,787 toJMt 4e httttMIf. H...ldt.

Note XXXIX, page 214.

Cprtime une description particulière fait une plus forte, impreâion que des assertions générales, je placerai ici une Notice sur la rivièire de IjiPlata donnée par un témoin oculaire, le père Gattaneo, jésuite de Modène, <[ui arrivait Buenos- Ayres en 1749, et qui décrit ainsi les sentiments qu'il éprouva à la première vue de ces objets nouveaux. « Lorsque j'étais en Europe et que je lisais dans les livres de géographie ou d'histoire que l'embouchure de la rivière de la Plata • avait 150 milles de largeur, je regardais ce récit comme une eiagération, parce que nous n'avons dans notre hémisphère aucune rivière qui approche de cette grandengr. Mon plus grand désir en approchant de son embouchure M dé vérifier par moi-même l'eiaëtitude de cefct, et j'ai trouvé qu'on l'avait rendu avec fidélité : ce que^ je conclus particulièremcmt. d'une circonstance. Lorsque nous parttnaes de Monte-Video, qui est un fort situé à plus de 100 milles de l'embouchure de la rivière et où sa largeur est considéraûement diminuée , nous naviguâmes un jout entier avant de décPUTriir le bbrd opposé de la rivière. Lorsque nous nous trouvâmes au milieu du canal, nous ne pftmes* discerner ni l'une ni l'autre rive, et ne vtpaets que le ciel et l'eau, comme si nous avions été dans quelque grand océan. Nous aurions même pensé être en pleine mer, si la douceur de Teau de cette rivière, qui est aussi trouble que ceile du Pô, ne nous eût pas convaincus du^.ontriûre. A Buenos-Àyres mtoe, qui est à 100 milles plus haut, et où la rivière est bien moins large encore, il est infpossible de rien distinguer sur la Vive opposée, qui à la vérité est fort basse et fort plate : on ne p0ut pas seuleirieaX voir les inaisohs ni les tours de rétablissement portugais de Coloniaquise trouvent à l'autre bord. » Lettera prima, publiée par MuratoH, dans sonChristianesimo feîice, etc.,'î, pag. 887.

Note XL, paçe S17.

Terre-Ne trouvent da et dans ces ] pieds d'épai épaisse; laj où ils ne pc la côte de 1 d'fludson, i dantle froid leurindustr

)sse et le Canada se e royaume de France, ant l'hiver à plusieurs [touche de neige aussi }ette saison un climat limaux, une partie de t au midi de la baie nd.e-Bretagne ; cej^amême, malgré U)ute

Note XLl, page JW.

Acosta est, je croi^, le premier philosophe qui ait cherché à rendre raison des différents deg^rés de chaleur dans Tancien et le nouveau continent par Taction des vents qui régnent dans Tun et dans Tautn^ Hist, moral. , etc. , lib. II et IIÏ. M. de Buflbq a adopté celte théorie, qu'il a non-seulement rectifiée par de nouvelles observations, mais quMIa même embellie et mise dans un jour plus frappant avec son ' éloquence ordinaire. On ajoutera ici quelques remarques qui pourroni éclaircir encore une doctrine très-importante dans les recherches sur la température des diflérents climats.

• Lorsqu'un vent froid souffle^^ur un pays, il doit en passant lui enle- ^r une partie de sa chaleur, et par là même perdre une partie de sa froideur. Mais s'il continue à souffler dans la même direction, il passera par de^és sur. une surface déjà refroidie, et ne.pourra bientôt plu^ perdre de son âpreté. Si donc il parcourt un grand espace, il y apportera tout le froid d'une forte gelée.

Si le Qiéme vent parcourt l'étendue d'une. mer vaste et profonde, U superficie de l'eau sera d'abord refroidie à un certain degré, et le vent se trouvera réchauffé à proportion. Mais l'eau plus froide de lai surface devenant spécifiquemept plus pesante que l'eau plus chaude qui est au-dessous, descend, et celle qui est* plus chaude prend sa place : CQllerci se refroidissant à son tour, continue à échauffer le courant d'air qui passe par-dessus et en diminue la froideur. L'action mécanique du vent et le mouvement de la marée contnbuent à opérer co changement successif de l'eau de la surfkce et rélévâtfon de celle qui est plus chaude, et par conséquent le refîroidissement successif «ie rair.

. Cela continuera de même, et l'âpretè du vent diminuera jusqu'à w que toute l'eai^ soit refroidie, au j^int* que la surface ne soit plus assez agitée ])ar l'action du vent pour qu'elle ne puisse se glacer. Partout où la surface se^èle, le vent n'est plus réchaufié par l'eau intérieure, et il continue alors à souffler avec le même degré de froid.

C'est d'après ces principes qu'on peut expliquer les fortes gelées dans les grands continents, la douceur des hivers dans les petites îles, et le froid excessif des hivers dans ces parties de l'Amérique septentrionale qui nous sont le mieux connues. Dans les lieux qui sont au nord-ouest da l'Europe, la rigueur de l'hiver est modérée par les vents d'ouest, qui soufflent assez constamment pendant les mois de novembre, de décembre et. une paitie-de janvier.

D'un autre côté, lorsqu'un vent chaud souffle sur terre, il en échauffe la surfhce, qui par conséquent doit cesser de diminuer la. chaleur du

ET ÉCLAIRCISSEMENTS. iÔ*/

vent. Mais lorsque ce même vent souffle sur les eaux, il les agite, fhit monter celle d*en-bas qui est plus froide ejt continue ain ji à perdre de sa chaleur.

Mais la principale cause de cette propriété de la mer de modérer la chaleur du vent ou de l*air qui passe dessus, c'est que la surface de la • mer, attendu la transparence de Peau, ne peut pas être échauffée à un degré considérable par les rayons du soleil ; au lieu que la terre qui est exposée à leur action acquiert bientôt une grande chaleur. Ainsi lorsque le vent parcourt un continent de la zone torride, il devient bientôt d'une chaleur insupportable ; mais en passant sur une ^asfe étendue de mer il se rafraîchit par degrés; de sorte qu'en ariivant à la côte la plus éloignée il devient de Jiouyeau propre à la respiration. . Ces principes peuvent nous aider à expliquer la cause des chaleurs étouffantes des grands continents de' la zone torride, du climat tempéré des lies qui se trouvent à la même latitude, de la chaleur plus forte qu'on éprouve pendant l'été dans les grands continents situés sous les.zonésî tempérées ou plus froides, en comparaison* de celles ► qu'on éprouve dans les îles. La chaleur d'un climat dépend non-seulement de l'effet immédiat des'jrayons du soleil, mais encore de leur action continue et de la chaleur qu'ils ont déjà produite antérieurement, et dont la teixe demçure imprégnée pendant quelque temps : ç'^t pour cela qu'on éprouve dans le jour la plus grande chaleur vers les deux heures après midi, que les grandes chaleurs de l'été se font sentir vers le mois de juillet, et que le froid est ordinairement plus vif cuï hiver vers le milieu de janvier.

La température modérée des pai:ties de l'Amérique qui se trouvent sous l*équateur provient des forêts qui les couvrent et qui empêchent les rayons du soleil d'échauffer la terre. Le sol n'étant point échauffé ne peut pas à son tour échauffer l'a^r, et les feuilles qui interceptent les rayons* du soleil ne sont pas d'un volume suffisant pour absorber la quantité' de cbaleur nécessaire pour opérer cet. effet. On sait d'ailleurs que la force végétative d'une plante produit dans les feuilles une perspiration proportionnée à la chaleur à laquelle elles sont exposées, et par la nature de l'évaporation cette perspiration produit dans les feuilles un degré de froid proportionnel à la perspiration; Ainsi donc l'effet de la feuille peut* échauffer l'air qui est en contact ayec elle est prodigieusement diminué. Ces observations, qui jettent un nouveau jour sur ce sujet intéressant, m'ont été communiquées par mon ami M.'Uobison, professeur de physique à l'université d'Edimbourg.

Note XLII, page 219.

Deux grands naturalistes, Pison «t Marggrav, nous ont donné la .1. 26

499 MOTBS

description du climat du Bréfiil qu'ib avaient observé avec une précision philosophique que nous désirerions retrouver dans les relations de plusieurs autres provinces de rAmérique. Tous deux disent qu*il est doux et tempéré en comparaison du climat de TAfrique, ce qu'ils attribuent principalement au vent frais de la mer qui souffle constamment. L'air y est non-seulement frais pendant la nuit, mais même assez froid pour qbliger les habitants à £^ire tous les soirs du feu dans leurs cabanes. Piso, deMedicinâ Brasiliensi» lib. I, pag. 1^ etc.; Bfargravius, Hist. rerum nat. Brasili», lib. VIII, cap. 3, pag. 36i. Ce foit se Urouve conûrmé par Nieuhoff qui a longtemps résidé dans Iç Brésilt Ghurchiirs Collect. , vol. U, pag. $6. (humilia, quia passé comme mlssionri^re plusieurs années dans le pay^ qu'arrose rorénçquei nous fait le même rapport sur la température de son climat: Histoire de rOrénoque, tom. 1, pag. 26. Le P* d'Acugnâ dit avoir beaucoup souffeitdu froid sur les bords de la rivière des Amazones.* Relal., voj. Il, pag. 60, M. Biçt,. qui a vécu longtemps à Cayenne, parle de même de la température de ce climat et l'attribue à (a même cause. Voyage de la Fi-ance équinox. , pag. 330. ftien ne peut être plus différent de ces descriptions que M^We que M. Adanson qqus a donnée de la chaleur brûlante de la cô'te d'Afrique. Voyage au SénégaUpassim.

La forme de- l'extrémité méridionale de l'Amérique paraît être la cause la plus sensible et la plus probable du degré excessif du frdid qu'on ressent dans cetfi^ partie du continent. Sa^ largeur diminue h mesure qu'il s'étend du cap Saint-Antoine vers le sud, et ses dimensions sont fort rétrécies depuis la' baie de Saint-Julien jusqu'au détroit de Magellan. Ses côtes orientales et occidentales sont baignées par l'océan Atlantique et par la mer du Sud. Il est probable qu'une vaste mer s'étend depuis sa pointe méridioaale jusqu'au pôle antaictique^. Dans quelque direction que soufflé le vent, il- se trouve rafraîchi avapt d'arriver aux terres Magellaniques, en traversant une immense étendue d'eau, et laxerre y occupe un espace trop peu considérable pour pouvoir réchauffer le vent à sqp passage. Ce sont ces circonstances qui concourent à rendre la température de l'air de cette partie de l'Amérique plus semblable à celle d'une île qu'à celle du climat d'un continent, et qui l'empêchent d'acquérir ce degré de pâleur qu'éprouvent en été les pays qui se trouvent en Europe et -en Asie dans la même lar t^ifïde septentrionale. Le vent du nord est le seul qui arrive à celte partie de l'Amérique après avoir travers^ un grand continent. Mais après un examen attentif de sa position, nous trouverons que cela même

» Celte conjecture de Robçrtson paratt, sinon, encore démontrée, du motos jujli^ Pill^ h r^t 4u ç»pitaia^ »of laU We4i(. (Q. ^^ K.)

Sort plutôt à diminuer qu'à augmenter le degré de chaleur. C'est à Textrémité méridionale de TAmérique que finit proprement rimmen^o chaîne des Andes qui parcourt presque en ligne droite du nord au sud toute rétendue du continent. Les régions Içs plus brûlantes de l'Amérique méridionale,' la Guiane, le Brésil, lu Paraguay et leTucuman sont â plusieurs degrés à Test des terres Magellaniques. Le pays plat . du Pérou, où l'on éprouve 'la chaleur dea' tropiques, est situé fort à l'ouest de ces terres. Le vent du nord; quoiqu'il traverse la terre, n'apporte pas à l'extrémité méridionale de l'Amérique l'augmentation de chaleur qu'il a pu prendre en passant par lés régions brûlantes, parce qu'avant d'y arriver il. doit raser les sommets des Andes, et sMmptél[ner ilu froid de ces régions glacées.

Quoiqu'il soit maintenant démontré qu'il n'existe pas de contment méridio^ial daiis cette portion du globe où l'dn supposait qu'il était j)lacé> il paraît certain, d'après, les découvertes du capitaine Gook, qu'on trouve près du pôle sud une étendue considérable Âe terre qui est la cause de la plus grande partie de là glace répandue sur le vaste Océan méridional, vol. n,.pag. 2ao, 239, etc. Une recherche qui mérite de fixer l'attention, c'est de savoir si l'influence de ce continent glacé et éloigné peut atteindre l'extrémité méridionale de l'Amérique.

Note XLin, page 920.

Les traits physiques d'un cohtinent dans lequel la nature a réuni * toutes ses. merveilles ont été, au jugement de M. le baron de Humboldt, tracés bien imparfaitement par Robertsbn. tJn Uibleau qui se composerait d'un si grand nombre d'éléments ne pourrait entrer dans cet ouvrage. Noua avons dû .nous borner à offrir au lecteur quelques bases fixes relatives à la hauteur des chaînes de montagnes de l'Amérique comparée avec celle des montagnes de l'ancien continent (Voy. 1& note 2, pag. d 4 4) et & la température sous laquelle vivent les habitants de quelques grandes villes du Nouveau-Monde. *

Voici le tableai^ de la température que M. le baron de Humbôldt a eu la bonté de nous envoyer, et dans lequel il a distingué les régions chaudeà, tempérées et froides. Caliêntés, templadas et frias,

u Région chaude du littoral entre \ei lO^ lat. bor. et 10 lat. mér.

Cumana, pour semr de type ou d'exemple , temp. moy. de l'année 27<> 7' du iherm. cent. ; de jour, 26M0<>; dejiuit, 22M30 5'; .lïiax. 82* 7'; min. Si» 2'.

a Région chaude entre 17* et 21^ de lat. bor. •

« Vera-Cruz',.temp..môy., ts^ 4'; de jour, 27M0<>; de nuit, 25* 7'-28» en été ; i9«-24*, et 18M20 en hiver. •

i6tO NOTES •

. . « Région tempérée. Caracas, hauteur 916 mètres; temp. moy. 20* 8'; de jour, 180-23«; de nuit, 16M7»; nîax. 27« T ; mjn. lî^'s'.

« Gtiadtias , haut. 1,150 mètres; temp. moy. 19® 7^.

« Xalapay haut. 1,320* mètres; temp. moy. 18* 2'.

K Popayan, hauteur, f,773 mètres; temp. moy. 18* 7'; de jour, 19»-240; denuitfl7M8». .

« Santa-Fé-de-Boqotai haut. i,660 mkres; temp. moy. i4<>'6';d€ jour, 15M8«; de nuit, 10»-12<>;*min. + i^ 5'.

a Région froide. Mexico, hatiteur 2,276 mètres; temp. moy. 17*; dejour, 16*-21®; de nuit,' 13®-15<>; dans les mois les plus chauds : lio 5'-150 ; et 0<>-7« dans les mois les plus froids.

' « Quito, haut. 2,908 mètres; temp. moy. 14® 4' ; de jour, i5® 6'- 49® 3'; de nuit, 9®-U®; max. 22®, min. 6®.

« Miccinpampa, hauteur 3,618 mètres; dejour,.5®-9®; de nuit, + 2M® V.

«Les PàramoSy endroit^ montagneux dans lesqueis il tombe pre»que jôurnellemenC de la neige, ont une hauteur qui excède 3,401 mèti-es et une température moyenne de 8® 4'.-

(( A la limite inférieure des neiges perpétuelles (4,^800 mètres), le thei-momètre centigrade se sputient le jour entre 4® et -8®; la nuit entre 2® et- 6®. La constamce du climat sous la zone équatoriale est telle que la* température moyenne des mois les plus chauds et les plus froids est à Gumana sur le littoral de 29® et 26® ; à Santa-Féde-Bogota' (à 1,366 toises de hauteur au^essu^du niveau de la mer),del6® 8'et 1-4® 4'. . , . •

« L| température variant très-peu dans rAmériqiie espagnole, sous la zone équatoriale, on peut se form£rune idée assez précise du climat des Cordillères, .en le comparant à la température de certains mois en France ou en Italie On trouve pendant toute Tannée, dans les plaines de rOrénoque., le mois d'août de l'Europe ; àPopayan, le mois d'août de Paris; à Quito, le mois de'mai de Paris. » M. de Humboldt a donné une description abrogée des hautes régions des Andes dans les Vues de3 Cordillères, tom. l, page 279-288, et dans la Géographie des plantes, in-4o, page 38, 61, 69; nous y renvoyons le lecteur.

Dans le royaume de Quito*, une population nombreuse se trouve concentrée sur le plateau des Andes, qui a une hauteur absolue de 2,700 à 2,900 mètres, et où le baromètre se soutient à 0 m. 54 ou à 20 p. de hauteur. C'est là que sont placées des villes qui comptent da 30 à 50,000 habitants, et que Ton voit (jes pâturages couverts à la fois de troupeaux de lamas et de brebis d'Europe, des vergers bordés <le haies vives de Buranta et de Barnadesia, des champs labourés avec

• ET iCLAlRClSSEMENTS. 464

soin et promettant une riche moisson de céréales , comme suspendus dans les hautes régions de Tatmosphère. On se rappelle à peine que le sol* ^ue Ton habite est plus élevé au-dessus des côtes voisines de Tocéan. Pacifique* que ne Test le sommet de Ganigou au-dessus du bas* sin de là Méditerranée. (D. L. B.) * *

Note XU\, pagf; 320.

En 1 7 3 9 on fit partir deux f)régates ûunçaises pour foire de nouvelles découvertes. Les navigateurs commencèrent à sentir un froid excessif au quarante-quatrième degré de latitude méridionale. Au quarantehuitième degré ils trouvèrent des lies flottantes de glace. Hist. des navig. ayx terres australes, tom. II; page 256, etc. Le docteur Halley trouva de la glace au cinquante-neuvième degré de latitude : id., tom. I, page 47. Le commoilore.Byron, se trouvant sur la côte des Patagons, à cinquante degrés trente-trois minutes de latitude méridionale , le 1 5 décembre , qui est le milieu de Tété de cette partie du gbhe où le plus long jour tombe au 2'l décembre, compare ce climat avec celui de

'. l'Angleterre ^û milieu de Thiver. Voyages *by flawkesworth, I, 25. M. Banks étant descendu à la terre de Feu danë la baie du BorirSuC" cé«,. située au cinquante-cinquième degré de latitude, le 16 janviei*, qui répond au moi§ de juillet de notre hémisphère , deux de ses gens nnoururent de ftoid pendant la nuit, et tous (Virent dans le plus grand danger de périr : id., II, page 51, 52. Le 14 mars, qui répond au mois de sej^tembre de T Europe, l-liiver s'était déjà déclaré et les montagnes se trouvaient couvertes cfa neige : ib., 72.

Le capitaine dook, dan^ son voyage au pôle méridional, nous fournit des exemple^ nouvpaux et frappants de l'intensité extraordinaire

• du froid dans cette région du globe. « Qui aurait pensé, dit-il, qu'une île qui n'a que soixante et dix lieues de circw.it, et qui est située entre le cinquante-quatrième et le cinquante-cinquième degré de latitude , serait, au plus fort de l'été , couverte entièrement de plusieurs brasses /la brasse a six pieds] de neige glacée, et plus particulièrement vers la côte sud -ouest. Les sommets des hautes montagnes étaient couverts de neige et de glace, et la quantité qui se trouve dans lés vallées est

■ incroyable : à l'entrée des baies la côte se teimine par un mur de glace d'une hauteur considéi^ble. » Vol. 2, p. 217.

Dans quelques parties de l'ancien continent, il règne dans des latitudes méiidionales très-peu élevées un degré extraordinaire de froid. M. Bogie , dans son ambassade ^ la cour du Dalaî-Lama ^ , passa l'hi-

. * Ce fut h la cour du Trhou-Lama, tuteur du Dalaï-Lama, que Georges Bo^le 'fut enToyë en ambassade en 1774 par le célèbre l)a|(ipffs, çouyemeur général dei possestions aoçUisek dans l'Inde. (1). L. R.) ' /,

ver de 1774 à Ghamnanning^, situé au Sl« $0' de latitude nord, «til trouva souvent que le thermomètre s'élevait dam sa chambre À vingtneuf degrés au-klessous de la glaee^e Téchelie de Fahrenheit : au milieu du mois d*avril toutes les ^ux stagnantes étaient glacées, et il tombait fréquemdient de la neige. L'élévation extraordinaire du pays semble être la cause de ce froid excessif; En se rendant de Tlndostao au Thibet, on monte beaucoup polir parvenir au sommet des montagnes du Boutan ; la descente de l'autre côté n'est pas dans la même proportion. Le royai/me du Thibét est un pays élevé , extraordinairement nu «t désert : Account of Thibet, lu à la Société royale, p. 7. Le fkroid extraordinaire dans les basses latitudes de l'Amérique ne peut être attribué à la même cause, puisque ces pays ne sont pas remarquables par leur élévation , et que plusieurs sont même iW et plats. {Note de Robertêon. )

L'élévation seule explique pourquoi le continent américain éprouve un moindre degré de chaleur que l'ancien continent. Quant aux contrées basses, voici ce que dit M. le baron de Huroboldt, dans* ses Tableaux de la nature, t* I, p. 23. « Lé peu de largçûr du continent, sa prolongation vers les pôles glacés; l'Océan dont la surface non interrompue est balayée par les vents alizés ;; des courants d'eau très-froide, qui se portent depuis le détroit de Magellan jusqu]au Pérou , de nombreuses chaînes de montagnes remplies de sources, et dont- les som.mets couverts de neige s'élèvent bien au-dessus de la région des nuages; l'abondance de fleuves immenses qui, après des détours multipliés, vont toujours chercher les côtes les p)ùs lointaines; des désens non sablonneux , .et par conséquent moins susceptibles de s^imprégner de chaleur; des forêts impénétrables qui couvrent, les plaines de l'équateur remplies de rivières, et qui, dans les parties du pays les plus éloignées de l'Océan et .des montagnes, donnent naissance à des masses énormes d'eau qu'elles ont aspirées, ou qui se forment par l'acte de la végétation : toutes ces causes produisent dans les parties basses de l'Amérique un climat qui contraste singulièrement par sa fraîcheur et son humidité avec celui de l'Afrique. C'est à elles seules qu'il faut attribuer cette végétation si forte , si abondante , si riche en sucs, et ce feuillage si épais qui foraient les caractères particuliers du nouveau continent. »

M. Malte-Brun considère ces explications comme suffisantes pour l'Amérique méridionale et le Mexique. Il syoute, par rapport à l'Ame- . rtque septentrionale. Précis de la Géog. univ., t. V, p* 201, « qu'elle n'a presque pas d'étendue dans la zone torride ,'et qu'au contraire elle se prolonge probablement très loin dans la zone glaciale ; qu'ainsi lacolonne d'air glacial inhérent à ce continent ne se trouve ps» oontre-

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balancée par une colonne d*air équatorial. De \i résulte , suirant ce savant géographe, uVie extension du climat polaire jusqu'aux confins dés tropiques; Thiver et Tété luttent corps à corps, et les saisons' changeçt avec une rapidité étonnante. Une heureuse exception favorise la Nouvelle-Albion et 4a fforwelle-Çalifomie , qui, étant à l'abri des vents glacés, jouissent de la température analogue à lew latitude. (D, L. R.)

Note XLII, page 320. . ' .

• 11 existait antérieurement à la découverte de rAmérique plusieurs centres d'une civilisation primitive dont nous ignorons les rapports mutuels. Le Mexique l'avait reçue d'un pays situé vers le nord ; dans l'Amérique méridionale , les grands édifices de Tiahuanaco avaient sans doute servi, de modèles aux monuments que les Incas élevèrent au Couzco. Au milieu des vastes plaines du Haut-Canada, en Floride, et dans le désert limité par l'Orénoque , le Cassiquiaré et le Guainia, des digues d'une longueur considérable, des armes de broifte et des pierres sculptées , annoticent que des peuples industrieux ont habité jadis ces mêmes contrées que traversent aujourd'hui des hordes de sauvages cliasseurs. Les habitants du Mexique et du Pérou n'étaient pas les seuls qui eussent fait des progrès dans la civilisation au temps de la conquête, ainsi que l'avance Robërtson. Ce que l'historien anglais nous dit lui-même des Natche^ détruit son assertion, dont l'inexactitude est démontrée par plusieurs écrivains, paripi lesquels nous citerons M. le baron de Humboldt. Le calendrier lunaire des Myscas ou Mozcas, anciens habitants du plateau de Bogota, prouve que dans le Gondyiamarca (nouveau royaume de Grenade), la civilisation était fort avancée. Voir, pour de plus grands détails, les Viies des Cordillères et Monument^des peuples indigènes de l'Amérique, 1. 1, p. 33, . 87, et t. II, p. 221*t'^38, et l'ouvrage de Juarros, ihtitulé : flïstoria de la Ciudad de Guatemala, etc., etc. (D. L. It) *

' ' Note XLVI, page S23.

M. de La Condamine, un des derniers, et des plus exacts observateurs de l'état intérieur de l'Amérique méridionale, dit : « A cette « foule d'objets variés qui diversifient les campagnes cultivées d)» « Quito ^ succédait l'aspect le plus uniforme; de l'eau, de la verdure, « et rien de plus. On foule la terre aux pieds sans la voir : elle est si « couverte d'herbes touffues, de plantes et de broussailles, qu'il fau- « drait un asses long*travaiI pour en découvrir l'espace d'un pied. » Relation abrégée d'un voyage, etc., page 48. Une des singularités de ces 'forêts, c'est une espèce d'oûer, que les Espagnols appellent beju-^.

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cosy les Fraaçdis lianes^ et auquel \é^ Indiens donnent le nom de nibbées , dont on se sert ordinairement en Amérique au lieu de cordes. Cette plante monte en serpentant autour des arbres qu^elle ren-

. contre, et, après s'être élevée au-dessus des plus hautes branches, ellf Jette des filets qui descendent perpendiculairement, rentrent dans la terre , y prennent racine , s*élèvent de nouveau autour d*un autre arbre, montant et descendant ainsi alternativement. D^utres rejetoos, portés obliquement par |c vent ou par quelque hasard , forment un assemblage confus de cordages qui l'essemble aux manœuvres d*un vaisseau. Bancrofl, nat. hist. of Guiana, page 99. On trouve de ces filets

. rte liane qui sont de la grosseur d'un bias d'homme , ibid., page 75. La relation que M. Bouguer a donnée des forêts du Pérou ressemblf parfiiitement à cette description. Voyage au Pérou, page 16. Oviedc nous a laissé une semblable description des forêts qui se trouvent en d'autres parties de TAmérique. Hist., lib. IX , page 144 , D. PenHani une partie de l*année les Moxes ne peuvent avoir de communicatiou entre eux, parCe que la nécessité où ils sont de chercher des hauteurs pour se mettre à couvert de l'inondation fait que leurs cabanes sont fort éloignée^ les unes des autres. Lettres édifiantes, tome X, page 187. Garcia nous a donné une description détaillée et exacte des rivières, des lacs, des bois et des marais des provinces de l'Amérique situées entre les tropiques. Origen de los Indios, Hb. Il; cap. 5, § 4, ' 5. Les difficultés incroyables que Gonzalès Pizarre eut à surmonter en voulant pénétrer dans le payé situé à l'est des Andes nous donnent un tabta frappant de l'état ou se trouvait cç^e partie de l'Améiique avant d'être dé/irichée. Garcil. delà Vega, Royal Comment. ofPeru, part. H, liv. III, chap. 2-5. ^

Note ^LMI, page 225

Robertson avance, d'après. Buffon, 1° que les quadrupèdes communs à l'ancieii et au nouveau continent s6nt plus petits -dans le dernier; %° que les quadrupèdes particulier^ à l'Amérique sont formés sor une échelle inférieure; 3<* que la plupart des animaux domestiques qu'on y a transportés d'Europe y ont dégénéré; et 4® enfin, que sur deux cents espèces de quadrupèdes qu'on supposait à cette époque répandus sur toute la suilkce du globe, on. n'en trouve qu'envin>n un tiei-s dans le Nouveau-Monde. . . , *

M Th. JefTerson a réfuté ces dififéreiites assertions dans son excellent ouvrage intitulé : Notes on the state of Virginia, un vol. in-8°, Londres, 1797 ; et Qiavigero l'avait fait avant lui drfhs la Sloria ànticadel Messico, etc., 1780-1781 (3® et 4«'' dissertation.%), en s'appuyant sur ce qu'il a vu lui-même et sur les témoignages d'Oviedo, UWcosia.'di

Hernaùdez, etc. JefiTerson établit 6a comparaison seulement entre PAmérique et TEurope. Il prouve d'abord, en puisant le plus grand nombre de ses exemples dans Kalm, Pennant, Catesby, Daubenton, et dans les ouvrages (le Buffon liri-roôme, que le. castor, la loutre, la musaraigne, Tours commun» Télan, le renne (il. aurait pu ajouter le cerf du Canada) «du Nouveau-Monde, sont'pïus gros que leS; quadrupèdes (le la même espèce qu'on trouve en Europe; que d'autres quadrapèdes de T Amérique, tels que Tours bl^nc, le renard rouge, etc., sont parfaitement sen^blabJes dans le nouveau continent et en Europe. U avoue cependant que quelques espèces sont plus petites en Amérique, en ajoutant qu'on ne les a peut-être pas assez bien étudiées encore.

Dans les explications qui accompagnent son second tableau, Jefferson compare des 'animaux particuliers à FAmérique , tels que le tapir, Télan, etc., etc., à d'autres quadrupèdes particuliers à l'Europe, tels que le sanglier, le mouflon, etc., etc., et sous le rapport de la grosseur il fait pencher la balance en fUveur du nouveau continent.

Il existe en Amérique, dit Jefi(ei*son, des bœufs, des chevaux, des porcs, etc., au moins aussi gros et souvent plus gros qu'en Europe. Si un certain nombre de ces quadrupèdes et de quelques autres qu'on y a transportés de Tancidn continent n'y ont pas acquis le même développement, cette espèce de décroissance provient, non pas de ce que le climat et le sol d'Amérique sont moins favorables à la force et h la perfection du genre animal, non pas de ce que la nature y est moins 'féconcje et moins vigoureuse, ainsi que le prétend Rpbertson, mais.. uniquement du peu de soin qu'on a pris en Amérique des animaux qu'on y a transportés, et qui opt été la plupait du temps abandonnés à eux-mêmes. Il en serait arrivé autant en Europe dans des Circonstances senfibîables, et Ton pourrait y citer plusieurs contrées où le» quadrupèdes sont aussi petits que les es|)èces semblables en Amérique, et par le même motif qui les a fait décroître dans ce dernier continent; car il est bien reconnu que la manière d'élever et de nourrir les animaux. et les soin3 qu'où prend, d'eux contribuent beaucoup^ à Tamélioi-ation des races. M. le baron de Humboldt paitage si complètement à cet égard Topipion de Jefii&rson, « qu'il croit superflu de réfuter les a assertions hasardées* de Bufion, sur la prétendue dégénérâtion des a animaux domestiques introduits dans le nouveau continent. » Selon cet illustre écrivain, a ces idées se sont propagées facilement, parce « qu'en flattant la vanité des Européens, elles se liaient à des hypo- (( thèses brillantes sur l'ancien état de notre planète. » Essai polit, sur la Nouvelle Espagne, t. lU,'p. 224.

La demière^upposition que Jefibrson attaque lie lui parait pas mieux fondée; car en. supposant, avec Buflbn, qu'il n'y ait que deux ceuts

4€& ÏÏOTES

espèces de quadrapèdes répandus sur toute la surfiu^ du globe, il résulte des tableaux joints aux Notes on thë ^tate of Virginia, que ceot de ces espèces sont aborigènes d*An)ériq.ue, et en supposant que l'Europe, TAsié et TAfrique en fournissent cent vingt-six, c'est-à-dire, YÎDgt-six communes à l'Europe et 4 TAmérique, environ cent qu'oc ne rencontre pas du tout dans*le Nouveau-Honde, les espèces américaines seront à celles du reste de la terre comme cent à cent viogt-sii ou conàme quatre à cinq. Or, continue Jeflferson, comme l'étendue d« rAmérique n'est que la moitié de celle du reste du globe *, la proportion exacte n'aurait dû être que comme quatre à huit. Nous ajoiiteroos qu'Azara a vir et décrit quatre-vingts espèces de quadrupèdes seul^ vent dans le Paraguay. .

Schmidt Meyer ne partage pas non plus l'avis de Robertson sur li prétendue dégénération des animaux d'Europe qu'on a transportés cb Amérique:

^« On dirait, écrit ce voyageur, que les vastes plaines de rAmériqw attendaient les bestiaux d'Europe pour leur fkire prendre le développement dont ils étaient susceptibles. Non-seulement ils se sont multipliés et répandus partout, leur race s'est aussi sensiblement améliorée Elle est plus belle, plus grande et plus forte dans les Pampas qu'en Europe, même dans les pays les plus favorisés de la nature.» (D,L.E.

' Note- XLVIII, page 2il

Il paraît que les animaux dé TAmérique n*ont pas toujours été plus petits que ceux des autres parties du globe. On a trouvé, près des-rives de rOhio, un grand npmbre d'os d'une grandeur étonnante. L'endroit où l'on a i^ait cette découverte se trouve à environ cent quatre-vingtdix milles plus bas que le confluent de la rivière Scioto avec l'Ohia et à près de quatre milles de la rive de cette dernière, du côté d'ut marais nommé le grand marah salé. Ces os se trouvent en grandi quantité à cinq ou six pieds sôus terre, et la couche en est visible su: le bord du marais salé. Joumal of colonel George Croglan î manuscrii entre les mains de l'auteur. Cet endroit paraît marqué avec exactitude dans la carte d'Evans. Ces os doivent avoir appartenu à den animaui d'une grandeur énorme : les naturalistes, qui n'ont jamais connu d'snimal vivant d'une pat^eille stature, ont d'abord été portés à croire qot c^élaient des substances minérales. Après en avoir reçu un plus grani nombre d'échantillons, et après les avoir examinés avec plus d'allention,ori est enfin convenu que c'étaient des os de quelques animaux: comme l'éléphant est le plus j^rand quadrupède connu, et que ies dentt

* ' * Vdf èi la ItoTt 35.

qu^on a trouvées ressemblent beaucoup à -celfes des éléphants, tant par la qualité que par la forme, on en a conclu que les squelettes trouvés près de TOliio étaient de cette espèce. Mais le docteur Hunter, Tun des savants de ce siècle qui est le plus en état de décider cette question, après avoir examiné attentivement plusieurs morceaux de défenses, des dents mâchelières et des mâchoires, envoyées de TOhio à Londres, a prétendu qu'elles n'appartenaient pàa à Téléphant, mais à quelque grand aiiimal Carnivore d'une espèce inconnue. Phil. transact., vol. LVni, p. 34. On a trouvé des os de la raêmp espèce et d'une grandeur aussi remarquable près des embouchures de l'Oby, de ' la Jeniseia et de la Lena, trois grandes rivières de Sibérie. Stralhrenberg, Descript. des parties septentrionale et orientale de l'Europe et de ' l'Asie, p. 402. L'éléphant paraît être confiné dans la zone torride, et 1 il Be multiplie jamais au delà. II ne pourrait vivre dans ces froides ré^ gions qui bordent la mer Glaciale. L'existence de "ces grands animaux en Amérique pourrait, ouvrir un vaste champ aux conjectures. Plus 1 nou^cqpsidérons la nature et la'variété de ses productions, plus nous I devons être çonvairicus que ce globe terraqué a subi d'étranges changements par des convulsions et des révolutions dont l'histoire ne nous i a conservé aucune trace *.

Note XUX, page saS.

. Le tapir est le plus gros quadrupède de la partie méridionale ^\i nouveau continent, et non pas de toute l'Amérique, ainsi que l'avance ' Robcrlsôn, puisque le bisouj qui ne se trouve que dans l'Amérique septentrionale, a la grosseur d'un bœuf ordinaire, que le tapir n'atteint jamais, et que le cerf du Canada est encore plus.grand. Les femelles ^ du bison sont plus grandes que les niâles, et la longueur ordinaire de ' ceux-ci est, suivant Sonnini, <Je plus de six pieds, leur hauteur en de- ' vantde près de trois pieds et demi, et celle du train de derrière a en- ^ Viron deux pouces de plus. Le tapir, qu'on croyait particulier à l'A- I mérique, a été trouvé dans l'île de Sumatra, et dans la province de ' Sulchouen à la Chine. (D. L. R.)

j * . Note L, paçe 333. * ^

' Le puma ou couguar est, il est vrai, tin animal timide, quoique souvent cruel, même sans nécessité; mais le caractère du jaguar est différent. « Celui-ùi, dit M. Desmarets, est féroce et incapable d'être « apprivoisé, et ceux qui l'ont élevé depuis sa tendre enfonce et

I « On peut con«tt|ïer sur ce suyet très-important la deuxidme édiiiçn des R^ cherches sur les ossements fossiles des quadrupèdes, par M. le baron Cuvier, ouvr^çç 4ai seul suffirait pour immortaliser son auteur. (D. L. R.)

Di'gitized

adouci jusqu^ii Jouer avec lui, s'en sont repentis, parce qu'il a toujours donné la mort à son maître ou à' toute autre personne.

« Cet animal, suivant M. Sonnini, n*est pas aussi indolent ni aussi timide que quelques voyageurs, et d'après eux, . y. de Buflbn, Font écrit : il se jette sur tous les chiens qu-'il rencontre , loin d'en avoir peur ; il (ait beaucoup de dégât dans les troupeaux : ceux qui bab^ tent dans les déserts de la Guiane sont même dangereux pour les hommes. Dans un voyage que j'ai Eût dans ces grandes forêts « noit« fOunes tourmentés pendant deux nuits de suite par un jaguar, malgré ' un trës-grand feu que l'on avait eu soin d'allumer et d'entretenir; il rôdait continuellement autour de nous. 11 nous fut impossible de le tirer, car dès qu'il se voyait couché en joue , il se glissait d'une manière si prompte, qif il disparaissait pour le moment ; il revenait erfsuite d'un autre côté , et nous tenaU ainsi cootinuellement en alerte. Malgré notre Vigilance, nous ne pûmes jamais venir à bout de le tirer; il continua son manège pendant dem nuits entières; la troisième il revint; mais lassé apparemment de Bt pouvoir venir à bout de son projet, et voyant d^ailleurs qùb iSous avions augmenté le feu , duquel il craignait d'approcher de trop près, il nous laissa en hurlant d'une manière effroyable. Son cri, ^oo, Ihoi. a quelque chose de plaintif; il est grave et fort comme celui du bœuf.

« Les jaguars, dit M. le baron de Humbolfft, Relat. hist. , tom. H, pag. 295, aiment à se retirer dans les masures délaissées ; et je pense qii^l est généralement plus prudent pour un voyageur isolé de camper à la belle étoile, entre deux feux, que de chercher de Tabri dans des cabanes inhabitées, j» ,

Le couguar de Buffon, appelé pumœon poutna à Qaito, gouazouani au Paraguay, et qui a reçu de plusieurs voyageurs les noms de Hon à' Amérique et de tigre roux ou tigre poltron, l'un des p^us grands quadrupèdes carnassiers du Nouvéau-Mcftide, est moins féroce que le jaguar, et manifeste de la timidité, quoiqu'il soit souvent cruel sans nécessité. (D. L. R.)

Note LT , page i34.

Cette dégénération des animaux domestiqués d'Europe en Amérique doit être attribuée en partie aux causes suivantes. Dans les établissements espagnols qui se trouvent ou sous la zone torride ou dans te pays qui l'avoisinent, le plus grand-degré de chaleur et le changement d* nourriture empêchent les moutons et les bêtes à cornes^ de parvenir à la môme grandeur qu'en Europe. Ils deviennent rarement aussi gras, et leur chair n'en a ni le suc ni la saveur délicate. Dans TAmérique septentrionale, où le climat est plus tempéré et plus appro-

oliajil de celui de l'Europe, les herbes qui viennent naturellement dans .I^s pâturages sont d'une mauvaise qualité. Mitchell,'pag. 151. L''agriculture y a fait si peu de progrès que la nourriture artificielle pour* les troupeaux y est en très-petite quantité, et l'on n'y prend presque aucun soin du bétail pendant Thiver, qui est très-long dans plusieui-s provinces,' et rigoureux dans toutes. On traite fort mal les chevaux et les autres bêtes à cornes dans tputes les colonies anglaises. Toutes ces causes contribuent peut-être plus que la qualité du climat à faire dé-* générer dans plusieurs des provinces de T Amérique du Nord la race des chevaux, des bœufs et des moutons. Voyez la note 47, pag. 464.

. Note LU, page 224i.

En 1518, rîle d'Hispaniola fut désolée par ces insectes destructeurs. Herrera, qui rapporte toutes les particularités de ce fléau, nous donne un exemple singulier de la superstition des colon» espagnols. « Après avoir essayé, dit-il, différents moyens de détruire les fcur- . « mis, ils résolurent d'implorer la protection des saints; mais comme « c'était une espèce de calamité toute nouvelle, ils furent embarrassés « sur le choix du saint qui {)Ourrait leur être le plus propice. Ils tirè- « rentau sort l^ patron qu'ils devaient choisir. Le sort décida en face veur de saint Saturnin. Ils célébrèrent sa' fête avec une grande « solennité, et le fléau, ajoute l'historien, commença sur-le-champ a à diminuer ses ravages. » Herrera, decad. Il,* lib. III, cap. 15, pag. 107. •• * .

Note LUI, page 22«.

, I^'.auteur des Recherches philosophiques sur les. Américains pense que cette différence de chaleur est égale à douze degrés ; c'est-à-dire qu'il fait awssi chaud dans l'ancien continent, à trenl« degrés de l'équateur, qu'à dix-h'uit degrés seulement en Amérique, tom. I, p. 11. Le docteur Mitchell, après trente ans d'observations, prétend que cette différence est égale à quatorze ou quinze degrés dç latitude. Présent State, etc. , pag. 257.

. . Note LIV, page 226.

M. Bertram, qui, le S janvier 1766, se trouva à la source de la ri- ' vièrQ de Saint7Jean, dans la Floride orientale, y éprouva un froid si violent, que dans une seule nuit la terre fut gelée de l'épaisseur d'un pouce sur les bords de la rivière. Les tilleuls, les citronniers et les bananiers périrent tous à Saint-Augustin. Bertram*s journal, pag. 20. Le docteur Mitchell nous fournit plusieurs exemples des effets extraordinaires du froid dans les provinces du midi de l'Amérique ^septentrionale.' Présent state, -pag 206, etc. Le 7 février 1747, le froid fut si

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