‹ Histoire de l'AmériqueChapitre 6 sur 43 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

répandra sur cet objei intéressant des eonnaissances que peut-être on ne trouvera pas moins itnpo'rlanlcs que* curieuses^

En décrivant les exploits et les institutions des Espagnols dans le Kouteau-Monde , je me suis écmlé plus d* une fois des relations des auteurs qui m'ont précédé, et j'ai souvent rapporté des ftiits qu'ils paraissent avoir ignoras. Jq dois au public d'indiquer les sources d'où j'ai tiré les informations qui m'^uloriso.nt ou à placer les événements dans un jour nouVeau ou à former quelque opinion nouvelle sur leurs causes et leurs effets. Je m'acquitte de ce devoir d'àbtant plus volontiers, qu'il ipe fournit l'occasion de témoigner ma reconnaissance à ' des bienlkiteurs qui m'bnt honoré de.leur appui et de leurs secours dans mes recherches. '

Comme c'était de l'Espagne que je devais attendre les éclaircissements les plus essentiel^, à l'égard de cette première partie de mon ouvrage, j'aj regardé comme une circonstance heui-euse pour moi de voir nbmmei' à l'ambassade de Madrid Mylord Grantham ; j'avais l'hon-' neur d'être connu personnellement de lui, et je devais tout espérer, de son cai*actère naturellement généreux et obligeant. * *

V^uand je m'adressai à lui, l'accueil que j'en reçus ne me laissa pas douter qu'il ne fit toutes les démarches convenables pour me procurer ce que je désit'als ; et en effet je suis persuadé que le succès de mes recherches en Espagne doit être attribué principalement à l'intérêt que ce seigneur a paru y prendre. ' ,

Mais quand je no devrais 4 ^^^^ Grantham que d'avoir engagé M. Waddilove, chapelain de son ambassade, à se charger de la conduite de mes explorations littéraires en Espagne, je lui aurais toujouirs une très-grande obligation. Cet ecclésiastique a continué de faire des recherches pour moi, pendant cinq ans, avec une activité, une persévérance et une connaissance de la matière qui ne m'ont pas moins étonné que satisfait. Il m'a procuré la plus grande partie des livres espagnol» que j'ai consultés; et, comme dans ce nombre il y en a plusieurs qui ont été imprimés au commencement du seizième, siècle, et qui sont devenus très-rarer, la seule occupation dl les recueillir doit luijivoir coûté beaucoup de temps et de peines. C'est^à ses soins et à son amitié que je suis redevable des copies de plusieurs manuscrits fmportants qui oontiennent des faits et des détails que j'aurais cherchés en vain dans les ouvrages imprimés. Encouragé par les bontés dé M. Waddilove , je lui envoyai une liste de questions relatives hui^ coutumes et à lapolityque des naturels de l'Amérique et à plusieurs ' institutions des établissements espagnols ; j'avais eu soin de présenter ces questions de manière qu'un Espagnol pût y répondre sans rien dire qui ne pût être communiqué à un étranger. Il a traduit mes de-

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mandes en espagnol, et il a obtenu de difC^ntes personnes qui avaient résidé dans la plupart des colotiies espagnoles^ des éclaircissements qui .m*ont été du plus grand secours.

Malgié ces avantages singuliers, c'est à regret que je me vois obligé d'ajouter que le succès de mes recherches en Espagne doit être attribué uniquement à la bonté particulière de quelques individus, et non à àucunefaciiité qui m^ait été donnée par autorité publique. Par un arrangement bizarre de Philippe' II, toutes les archives de la monarchie espagnole sont déposée? dans le dépôt de Simancas^ près de X^Uadolid, à la distance de dent vingt milles du siège du gouvernement et des cours suprêmes de justice. Les papiers relatifs h l'Amérique, parti* culièremeot ceux qui méritaient le plus mon attention, parce qu'ils sont relatifs à la première époque de l'histoire du Nouveau-Monde , remplissent, dit-on, les plus vastes appartements de ce dépôt, et composent huit cent soixante-treize liasses. Comme je crois posséder en partie le degré d'industrie nécessaire à un historien , la perspective d'un pareil trésor excita en moi la curiosité la plus ardente, mais je n'ai joui que de la perspective.

L'Espagne, par un excès de précauti(^, a constamment jeté un voile sur ses opérations en Amérique. Elle les cache aux étrangers surtout avec un soin particulier. Les archives de Simancas ne sont pas ouvertes, même aux nationaux, sans un ordre exprès de la cour; et, après l'avoir Obtenu, on ne peut pas copier des papiers sans payer des fixais de bureau si exorbitants, que la dépense excède les sacrîûces qu'on peut faire à une simple curiosité littéraire. Il fkut espérer que les Espagnols sentiront un jour quu cet esprit mystérieux est aussi contraire à la .bonne politique qu'à la générosité. D'après ce que j'ai appris dans le cours de mes recherches, je suis persuadé que si l'on pouvait approfondir pjus en détail les premières opérations de l'Espagne dans le Nouveau-Monde, quelque répréhensibles que pussent paraître les actions des individus, la conduite de la nation se montrerait sous un jour beaucoup plus favorable. •

. J'ai trouvé dans les autres parties de l'Europe dés dispositions bien différentes. Après avoir fait chercher sans succès en Espagne une lettre de Cortès à Charles-Quint, écrite peu de temps après son débarquement dans l'empire du Mexique, et qui n'a pas encore été publiée, il me vint dans l'idée que cet empereur étant près de partir pour l'Allemagne dans le temps que les députes de Cortez arrivèrent en Europe, il était possible que la lettre dont ils étaient chargés se fût conservée dans la bibliothèque impériale de Vienne. Je communiquai cette idée au chevalier Robert Murray Keith, qui m'honore depuis longtemps de son amitié, et j'eus bientôt le plaisir d'apprendre qu'à sa sollicitation

% Majesté Impériale avait biejn voulu ordonnçr qu'on m'envoyât une copie, non-seùiçmeo.t de cette leltresi on la trouvait, mais aussi àp tous les papiers qui pourraient jeter quelque jour sqr Thistoire de TAttre de Cortez n'esj pas dans Ja bibliothèque impériale, ve une cppie authentique et légalr^ée par un notaire de ;rite par les m?igistrats de la colonie qu'il avait établie ; :pn a eu la bonté de la transcrire et de me l'envoyer* )p moins curieuse et çiussi peu connue que celle qui t de mes recherches, ne m'est parvenue qu'après l'imte partie de ipon histoire, à laquelle elle se rapporte; té ce qu'elle contient de plus intéressant à la fin des îr volume. J'ai reçu en même temps une lettre deGprt une longue relation de ^on expédition k Honduras ; je n'ai pas jugé qu'il fût nécessaire d'entrer dans aucun er. On na'a envoyé aussj devienne des peintures raexirieuses, dont on trouvera la description è^ la lin de cet ouvrage.

J'ai trouvé les mêmes Ikcilités et les mêmes succès dans nies recherches à Saint-Pétei*sbourg. Pour examiner quelle était la communication la plus voisine de notr^ondnent avec celui de i'Àmérique, il m'était essentiel d'obtenir des informations authentiques sur les découvertes des Russes , dans, leur navigation de Kaintchatka vers la côte d'Amérique. A l'égard de leur premier voyage, en 1741, MuUer et Gmelin ç'n ont publié une relation très-exacte. î*lusieurs auteurs étrangers ont cru que la cour de Russie cachais soigneusement les progrès qui avaient été faits par les derniers navigateurs , et qu'elle souffrait que le public fût troinpé par de feusses relations sur leur route. Une ■ telle conduite me paraissait incompatible avec les sentiments gêné-* reux , la grandeur d'âme et la protection accordée aux sciences , qui distinguent la souveraine actuelle de Russie (Catherine 11)^ et je ne pouvais apercevoir aucune raison politique qui pût m'interdire die demander dès éclaircissements sur les dernières tentaliyes faites par les ilusses pour ouyrir une commqnication entre l'Asie et l'Amériqqe. Mon savant compatriote, le docteur Rogerson, premier médecin (^e l'impératrice, présenta ma requête à Sa Majesté Impériale, et non-seulement elle désavoua toute idée de mystère, mais elle ordonna dans l'instant que le journal du capitaine Krenitzin , qui a dirigé le seul voyage de découvertes qui ait été fait, sous les auspices du gouvernenient, depuis 1741, fût traduit, et que la carte originale en fût copiéç pour mon usage. En les consultant^ je suis parvenu à donner une idée âes progrès et de l'étendue des découvertes russes, plus s^tisfî^is^nte (jue ce qu'on avait jusqu'ici présenté au public.

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r^ rein mw. cl'^Hwra des instruçUpos très-wtil^ et très^importantes. M. le cbev?ilier de Pinto, ç^inistre d(g For(u^l à là cour bi^n* nkM^» fui a çQHpmaqdé plusieurs années k Matagrosso, établlssen^nt poiiugais c|ai[^^ Tintérieur du Brésil, ot^ les Indiens sont en grand Dpipbiie çt pu leurs moeurs prt^itiyes ont été peu altérées pur leur c<xfB,m&ççe 9,yefi les Çuropéef^, a bien voulu m*envoyer des réponse^ très7tSfiUs()a[isa(it^s 1^ plusiei^r^ questions sur ]fi caractère et les institu- ' t)oi)$ çles ^f^prels de rAp(iéri(]|ue, que j*avais été encouragé à lui ajlrea- ^ par la politesse %vee laquelle U avait reçu ^pe denmpde qui lui ^vait été t^ ei^ ipQn nom. 3es réponses iQ*on.tco.U vaincu qu*il a examiné «vec bea.uc(>up d'atlentic^ e^^e di^çeroem^nt les objet» curieux que s^ posUlOQ ï^^ait Qfl[eçt§|^.^ vue et je Tai §ouvept suivi comme un (}e mes IpeiUe^rs guides,

Mr Suard^ ^\x\ , par Télégante ti^ductiou quU} ^, publiée de n^ 'Bistçixe du, fègn^ deJ[)^Qrlé$-Quint% a procuré ^ cet ouvrage Vacçueil f^veurable qy -il ^ r^çu sur le coatîqent, m*a envoyé des réponses aux mtoes gv^estion^, rédigées par M. de QougaipviUe, qui a eu occasion d'ol^^erver les n^turf^sde VÂoi^nqtie septentrionale et méridionaJe, et Bar M. Godin Je ^e^me^ qui a rési(^ pendçint quin?e uns parmi les Indiens I Qu^o et vingt ans à Gayenne. Celles-Ql ipnt d's^utant plu%pr^' creuses ^ qu'elle ont pe^sé soys les yeux de M. de là Gondamine, qui, peu de seipaines ^v^nt sa mort, y Ûl^quelt^ues courtes additionâ, qu'on peut r^f^rder pomme le dernier effoit de cet ajpaoviç pour les science^ qui ^ rempli l'espace d'npe longue vie.'

Mes recherches ne se sont pas bornées; à une seule région de TAïué- Hque. Lie gouverneur Hutchipson e^ pris la peine de recommander mes questions cl MM. Qa^ey et Çrainercl* 4eux missionnaires^ protestants employés parmi les Indiens des cinq nations. Ils o^ eu la bonté de me tuire de3 réponses qui prouvent une grande connaissance des penpies dont iU déciivent les usages. J's^i reçu de M. William §mith , auteur d'une 'Histoire intéressante de la Nouvelle- York j^^quelques éclaircissements utiles ¥n traitant Thistoire de nos colonies dé TAqérique septentrionale, j'aurai occasion de reconnaître tout ce que je dois à plusieurs habitants de ces colonie^. « ,

Dans la collection précieuse de vpyagés, rassemblée par M. Alexandre Dalrymple, dont on cojf>n^it le. goût pour ^ navigation et les découvertes, j'ai trouvé quelques livres très-rares, et particulièrement deux grands volumes de mémoires, en partie manuscrits et en partie imprimés, qui ont été présentés à la cour d'Espagne pendant les règnes de Philippe III et de Philippe IV. J'ai puisé dans ces sources plusieurs particularités curieuses sur l'état intérieur des colonies espagnoles et sur les différents projets au| Qi}t été conçus pourles améliorejr. Qomine

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